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Les banques [microforme]

Nous commençons aujourd’hui une série d'articles sur les banques. Cette étude est de la plume d’un homme compétent, M. Frs. V£zinA, qui a bien voulu meitre au service de nos lecteurs la grande expérience qu’il a sur cette question si pleine d’actualité.—(Courrier du Canada du 26 Mai 1869.)

La banque n'étant pas une branche de commerce prise au hasard, il est à espérer qu’on n’a pas suivi dans cette entreprise, la simple routine, comme il est arrivé dans la plupart des arts industriels, où les hummes ont souvent travaillé à tâtons, en suivant les procédés que leurs pères leur avaient transmis. S’il en était ainsi, nous devrions de toutes nos forces, * nous assurer des moyens propres à rémédier à ses malheurs, en appelant à notre secours l’aide puissant de la législature.

Admettons cependant que dans la multiplicité des banques, avec le manque de restriction nécessaire dans la loi qui les régit, il doit s’être glissé indubitablement des abus auxquels il est important de remédier, surtout à l’occasion du renouvellement des chartes des banques des provinces d’Ontario et de Québec, lesquelles expirent toutes en 1871.

Nous aimons à croire que ces institu tions seront alors contrôlées par la théorie à l’aide de laquelle elles se conserveront et se perfectionneront.

Pour ceux qni sont les organisateurs dee banques, qui en ont ia gestion, et qui les gèrent bien, nous n’avons rien à leur apprendre sur cette branche qui touche à l’ordre écunomique, sans compter qu’ils n’épargneront rien pour aider la législature dans nn but tout protecteur du bien public. Mais un grand nombre, même parmi ceux qui font partie de ces institutions, soit commeactionnaires, soit comme habitués, soit comme amis, trouveront peut-être des renseignements utiles dans les quelques explica-

tions que nous nous proposons de mettre sous leurs yeux.

Nous avons besoin de l’aide de tout ia monde, parceque la question intéresse tout le monde. Nous sommes conservateur, nous sommes protecteur, par cnséquent nous sommes ami de notre pays, de notre gouvernement et de notre législation. Nous sommes donc tons intéressés à avoir sur ce sujet une législation protectrice, maïs désintéressée.

Réunissons nos torces et travaillons tous dans le même but.

Mettons-nous du nombre de ceux qui aiment l’économie politique, qui l'ont étudiée, qui l’ont consultée, et tâchons de nous éclairer de ses lumières,

Rendons notre pensée, et demandons au public de lui donner bon accueil.

De notre côté, nous sommes prêt à recevoir avec plaisir la pensée d’autrui et de la méditer, puisque notre but est celuide nos hommes d’État: protéger les intérêts publics.

Comme Je l’ai dit plus haut, la banque n’est pas une branche de commerce prise au hazard. Entre toutes les professions commerciales, elle occupe déjà le premier rang, et chaque progrès nouveau ajoute à son importance.

Le banquier est généralement chargé de placer les conditions de l’alliance entre le capital et la travail ; c’est lui pareillement qui dispose des capitaux mobiliers dont les mouvements exercent une influence plus on moins décisive sur les prix des marchandises. ete. etc.

a banque enfin, est une entreprise commerciale dont les principales opérations sont de recevoir, conserver et payer,

emprunter et prêter des capitaux sous la forme de monnaie.

Nous n’avons pas besoin de remonter à l’origine de la banque, maïs servons-nous en passant des paroles employés par un économiste, pour décrire les opérations de banques de l’orient—Ce sontles paroles de la Bible adressées au serviteur paresseux, qui avait caché un talent dans la terre, selon la coutume du pays, au licu de le placer chez un banquier :

“ Tu aurais dû placer mon argent chez un banquier ; et à mon retour, je l'aurais reçu et avec usure. ”?

Inutile aussi d’entrer dans les idées des anciens peuples, toutes favorables aux opérations de banque. Disons seulement qu’à Athènes, à l’occasion d’un voyage on plaçaitson argent chez un banquier, pour le recevoir au retor:r du voyage avec intérêt.

Les banquiers grecs n’escomptaient pas les lettres de change, qui n’exietaient pas; mais ils prêtaient sur des garanties personnelles, aux personnes qui s’occupañent de négoce ou qui avaient besoin d’argent, temporairement, pour d’antres raisons.

Au moyen âge, les banquiers de Vénise, de Gênes, d'Amsterdam, avaient pour princip:le opération de garder disponible fonds versés dans leurs caisses par | « commerçants. Elles faisaient payer ce service par une commission.

C’est ce qui se pratiquait chez les iomains, du temps d’Anguste et de Tibère. Les avances se faisaient à courtes échéances et sur des suretés sufisantes quelquefois double dela valeur avancée.

Il n’est pas hors de propos de remarquer ici, avec quel soir les prèts étaient faits à desnégociant , à courtes écneances, et sur des suretés doubles. Avec quelle attention, aussi, on prêtait, on déposait chez les banquiers pour en recevoir à demande, le capitil et l’intérét, tout en payant pour les éroubles.

Avec quelle attention toute particulière, ne voit-on pas aussi les /ois romains créer des Caises de fonds publics, avec les biens confisqués des criminels, atin de les préter sans intérêt aux citoyens qui pouvaient engager une valeur pour la somme prêtée, d courtes échéances.

Nous n’entrerons point dans les détails des différentes sortes de banquiers que l’on nomme, banquiers particnliers, banquiers-escompteurs, banquiers cambistes, et une autre classe à qui l'usage n’a pas encore donné de nom particulier (appellons les courtiers), ceux qui n’opèrent en général que sur les valeurs publiques, s’entremettant dans les emprunts contractés par les gouvernements, ou dans les opérations des grandes compagnies.

Notreintention n’est pas de nous appesantir sur ces distinctions, nous les avons indiquées seulement—Mais parlons dela banque en général.

Nous trouveronsen consultant l’histoire ancienne et moderne de quoi nous instruire ; nous y recueillerons des leçons qui devront nous être utiles si nous les mettons en pratique.

Nous travaillerons dans l’intérêt de notre pays dont le commerce doit être protégé par les banques.

Tout homme doit appliquer ses efforts à augmenter le bien être et le progrès de son pays.

Il ny a pas dé vertu plus noble que le zèle du bien public—C’est lui qui porte un homme à sacriñer ses intérêts, ses convenances, ses inclinations à l'avantage

énéral ; mais remarquez ceci : l'esprit de parti n’est pas le patriotisme ; l’un vent le triomphe d’un parti, l’autre recherche le bien de tons.

C’est ce que nous voulons,

La plus ancienne banque dont l'histoire fasse mention est celle de Venise, établieau 12me siècle, vers 1157, quelques uns disent vers 1171. Cette banqre éta , formée de trois établissements différents, le Monte-Vecchio, le Monte-Novo, ct le Monte-Novissimo.

La banque de Venise a subsisié jusqu’en 1797, époque à laquelle elle a péri sous l'effort de va conquête en mème temps que la république qui l'avait fondée.

Vient ensuite, en conservant l’ordre des dates, la banque de Barcelone, vers la fin du 14me sièc'e. Cete banque n’a pas joué un grand rôle. Quelques

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économistes prétendent, qu’en 1407, on établit la banque de Saint George qui, pilée par les Autrichiens en 1740, suspendit ses paîments.

La banque d'Amsterdam, fut fondée le 31 janvier 1609. C’est la plus considérable qui ait existé, dans ces temps-là.

Nous lisions tout dernièrement dans ‘un journal de cette ville : qu’en 1796, “les français pénétrérent les armes “à la main dans Amsterdam et vou- “lurert s'emparer des fonds de sa ‘“ banque, en si grande réputation en

“ Europe. Ils découvrirent que cette

“ institution monétaire, en si grand re- ‘nom, avait, plusieurs années aupara- “ vant, fait une perte de vingt millions “ de piastres. Cette découverte la ruira “ dans l'opinion publique et elle tomba “ pour ne plus se relever. Les Direc- “ teurs avaient jusque-là gardé le secret “ de leurs fatales spéculations et l’avaient “ Jaissé iguorer aux actionnaires. ?

Nous devons en toute justice ajonter quelque chose de plus, et ne pas cacher le plus important. L'histoire nous apprend ce qui suit :

‘ Quoique la banque‘d’Amsterdam eût

C’est injuste de dire aussi, que, la | banque d'Amsterdam possédait notre “ système de banque et les mêmes bases “ de sûreté,” tandis que la banque de Londres est la première qui ait exercé avec suite le droit d’émettre des billets de circulation au porteur et à vue, et de faire des avances au commerce sous la forme de prêts et d’escomptes.

La banque de Nuremberg fut établie en 1621.

La banque de Hambourg fut fondée en 1619 avec des caractères tout particuliers. Nous trouvons son histoire dans ses moindres détails, dans une publication par l’allemand Büsch, ouvrage traiduit en français sous le titre de La Banque de Hambourg rendue tacile.

C’est la seule des anciennes banques de dépôts dont l’existence se soit prolongée jusqu’à nos jours.

La banque de Ruiterdam, érigée le 18 août 1635, était presque en tous points, semblable à celle d'Amsterdam.

| Voltaire, dans son histoire de-Charles | XIT avance, un peu Jégèrement, peut- |ètre, que la banque de Stockholm est :a {plus ancienne de l’Europe. Le fait est

longtemps gardé avec unefidélité scru-'qu'elle fut fondée en 1668, c’est-à-dire “ puleuse les sommes qu’elle avait reçues | assez longtemps après celle d'Amsterdam « en dépôt, elle se départit à la fin delet de Hambourg, et fort longtemps sur- « cette fidélité qui était devenue prover-|tont après celles de Gênes et de Venise. & biale. Deux fois, on le sait, la Hol-| Ce qui peut être àâigne d’attention, c’est & lande a été envahie par les armées|que la banque de Stockholm parait avoir & françaises. La première fois (c’était|été le prem‘er modèle des institutions « sous le règne de Louis XIV, en 1672)|de crédit toncier qui fonctionnent au-

“le commerce ayant retiré les fonds « qu’il avait à la banque, on trouva les « dépôts intacts. On retrouva même sur

«les monnaies les traces de l’incendie|

« qui avait éclaté peu de temps après la « fondation de cet établissement, et qui « avait dévoré une partie de l'hôtel de

6 ville : ce qui prouvait que les dépôts “ n'avaient pas même été déplacés. Mais

“la seconde fois (c'était pendant la & révolution française) la banque se “ trouva hors d'état de rembourser les « dépôts, et on découvrit avec étonne- ‘“ ment que les Directeurs avaient prêté & ne somme de vingt-quatre millions de & francs, (et non pas vingt millions de « piastres) mais à qui? Est-ce à :ux- & mêmes ? à leurs amis ? à des négo-

jourd’hui dans une grande partie de l'Allemagne.

IL faut remarquer, avant d’aller plus loin que toutes les banques que nous | venons de mentionner n’émettaient point de billets, ne faisaient point d’avances, et se bornaient à transférer d’un particulier à l’antre, par des écritures, les sommes reçues en dépôt.

Il n’est pas hors de propos de dire cependant que chacun des trois monts, savoir : le Monte. Vecchio, le Monte-N..vo, et le Monte- Novissimo, a été un ex- |pédient financier employé par le gouvernement pour pourvoir à certains besoins pressants de l'Elat.

Sous Le duc Vitalis Michaël, la république, épuisée par la gnerre qu’elle

& ciants? Non! Aux états de Hollande| avait soutenue contre l'empire d'Orient,

« à de Frise ”.

eut recours à un emprunt furcé sur les

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citoyens riches. On établit cet emprunt en rente constituée, pour le paiernent de laquelle on obligea les revenus de la Seigneurie. C’est le corps des créanciers de l’Etat, réunis en une sorte de chambre syndicale, qui forma le premier noyau de la banque, et son premier capital fut une créance.

Dans les circonstances extraordinaires comme celies que nous venons de citer, les wouvernements sont parfaitement justifiables d’avoir recours à des emprunts ” forcés sur les institutions financières et sur les citoyens. Nous en avons un exemple chez nos voisins des Etats-Uuis dont le gouvernement pour faire face aux dépenses énormes occasionnées par la guerre qui a duré quatre ans, a dû avoir recours à un emprunt forcé sur les banques, et permettre la circulation des billets non rachetables en espèces, garantie

ar les débentures du Coenene

oïlà qui est bien. La puissance du Canada est-elle dans les mèunes circonstances ? Non.

Ne l’y conduisons pas, de grâce ! Les avocats du plan soumis par le gouver-

nement pour la garantie dela cireula-

tion de nos banques ont mauvaise grâce de citer l’exemple des Etats-Unis où la circulation est assurée par le gouvernement, puisque :

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