COMMENT ON LES TROMPE
Pour remonter le courage des soldats du Kaiser, on envoie à ceux qui sont sur le Iront occidental des cartes postales portant ces mots : Griiss aus Petersburg, tandis que ceux du front oriental en reçoivent avec cette inscription : Gruss ans Paris .
Dans une tranchée, en Argonne.
Quel temps! Il vente, il neige, il pleut, Mais surtout, oh! surtout il tonne !
Par un ciel noir, par un ciel bleu,
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C'est sans i'é[)it le môme orage, La même avalanche de fer :
Leur soixante-quinze fait rage Comme un vrai démonde l'enfer.
Ah ! que nous sommes loin de compte ! Que de rêves évanouis !
L'avance avait été si prompte, Nous étions si près de Paris!
Tout à coup changement de scène, En hâte il nous faut revenir; Adieu, bords fleuris de la Seine, Sur l'Oise on a peine à tenir.
Ici non plus, i.a ne va guère; Ou se bal ferme, on tape dur, On creuse, on mine. .. lUeu à f.iire; Ces Welches, ou diiiiiluu mur.
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Grâce à Dieu, là-bas, en Russie, Dans leur élan impétueux Nos soldats, mer toujours grossie, Font tout chavirer devant eux.
Voici qu'une carte m'arrive
Où je lis : Griiss aus Petershiirg!
Trois mots, pas plus, mais quels mots ! Vive
Notre vaillant von Hindenburg!
Fini, le géant moscovite !
Prisonniers, le tzar et sa cour !
Et la Triple-Entente s'effrite. . .
Anglais, Français, à qui le tour ?
Sur la rii'e marécageuse De la Bzoura.
Pays de loups, Vent glacial, terre fangeuse, Souvent tle l'eau jusqu'aux genoux.
Pas folichonne, notre vie.
Encor si nous avions l'espoir. .
On nous dit bien : « A Varsovie ! »
A Varsovie? Oui, vas-y voir !
On n'en connaît que trop la route ; Ils nous la jalonnent, nos morts Tombés dans la grande déroute, Et demain serons-nous plus forts ?
« Pauvres Russes ! troupeau d'esclaves ! » Les blaguait-on, hein ? mais, mon vieux, Esclaves ou non, tous ces Slaves Pas plus que nous n'ont froid aux yeux.
Ce qu'ils nous en font voir de dures !
Pas à dire, nous reculons,
Et les jours, tu te le figures.
Quoique courts, nous semblent bien longs.
Par bonheur, tout prospère en France :
A chaque instant nouveau succès ;
Malgré leurs grands airs d'assurance.
Us sont écrasés, les Français !
Tous ces bulletins de victoire, Ces triomphes en vingt endroits, Paraissaient trop beaux pour y croire Sceptique, j'en doutais parfois ;
Mais je reçois au moment même Une carte : Griiss nus Paris!
Dieu soit loué ! Le but suprême, Nous y sommes : Paris est i)ris!
LES YEUX CREVES
Après s'être, au sac de Louvain, Souillés gaîment de tous les crimes, Que la force, leur droit divin, Leur semble rendre légitimes,
Devant le sursaut de dégoût, D'indignation, d-e colère, Qui, vengeur, accueille partout Cette démence incendiaire,
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Inipt'uitents mais stu[)éfaits.
Pour pallier leur félonie.
Les Huns couronnent leurs forfaits D'une odieuse calomnie.
— Que veulent dire tous ces cris I*our cinq ou six vieilles murailles ?
D'ailleurs sur eux on s'est mépris, Ils n'ont qu'usé de représailles.
A juste titre courroucés, S'ils ont livré Louvain aux flammes.
C'est que les yeux de leurs blessés Ont été crevés par des femmes! —
Vraiment, il n'est pas mal trouvé.
Ce factum que leur presse beugle:
Tous inèinc, tous ont l'œil crevé, — Mais c'est 1 orgueil qui les aveugle
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L'orgueil les empêche de voir Qu'il n'est rien sur terre qui puisse Pour plus d'un instant prévaloir Contre l'immanente justice,
Et que, sur la force fondé, Leur grand empire impérissable Au choc du droit dépossédé Demain croulera comme sable.
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