‹ Les barricades, scènes historiques, mai 1588Chapitre 25 sur 61 · C05ITE · texte numérisé non relu

C05ITE

Messieurs , l'intention du Roi est que vous restiez dans ce poste pour défendre sa ville contre les entreprises des factieux et des traîtres.

LES BARRICADES. aSg

ROLAND

il n'y a de traître que toi, vieU hypocrite .

COMTE

Qu'est-ce qui m'insulte ici ?

ROLAND

C'est moi , Roland, qui n'ai pas peur de toi.

COMTE

Qu'est-ce que je vous ai fait ?

ROLAND -

Tu sais bien ce que je te veux dire •• prends garde à toi.

COMTE

Mais dites ce qu'on vous a fait ?

ROLAND

Tu as trahi tes amis , misérable !

QTJELQUES VOIX.

^ A bas le traître ! à bas !

MOLLE , le capitaine.

Silence ! je vais faire arrêter ceux qui crient.

Ccmte, Véchevin, ouvre le guichet et s'échappe.

24o LES BARRICADES.

ROLAXD.

Le poltron ! le voilà qui va faire son métier d'espion.

VS BOrRGEOIS.

Morbleu ! a-t-on dessein de nous faire coucher ici ? La nuit commence à n'être pas trop chaude.

ROLAND

Et l'odeur qu'on respire n'est pas délicieuse.

Cn entend de l'autre côte' du mur le son d'une trompe.

r>' BOURGEOIS.

Ecoutons , écoutons ce que va nous dire le crieur.

LE CRIEUR PUBLIC , d'une voix lente et enrouée.

« De par le Roi , le grand prévôt et monseigneur de Guise...

ROLAND

Ah ! ça . esl-il fou ce vieux chat-huant ? Qu'a de commun monseigneur de Guise avec son grand prévôt ?

« .... Commandement à tous bourgeois qui

cachent en leurs maisons des étrangers et autres gens suspects, de les faire vider sur Theure; sinon , qu'ils s'attendent à y être contraints par

la force. «

// sonne de la trompe et s'éloigne.

ROLA>T>.

Belle finesse , ma foi ! ne vont-ils pas nous dire que c'est monseigneur de Guise qui nous chante cette antienne-là !

XTS BOrRGEOIS

C'est une trahison !

Tors.

Trahison ! trahison !

ROLAND

Savez-vous , mes amis , que pendant que nous sommes ici à faire le pied de grue , les garnemens du Louvre sont à fouiller nos maisons sous prétexte de chercher des étrangers ? Gare à nos filles et à notre argent !

r>' BOURGEOIS.

Retournons chacun chez nous.

Tors.

Bien dit : allons-nous-en.

RIOLLE

Silence ! silence ! le Roi vous a mis a ce poste , vous devez j rester.

ROLAND

Nous n'avons d'autre poste à garder que nos maisons. Allons, capitaine , ouvrez-nous les portes.

RIOLliE.

Je n'ai pas les clés.

ROLAND

J'ai vu Comte les lui remettre en s'échappaut.

RIOLLE

Mon devoir est de ne pas vous céder.

PLUSIEURS VOIX

Laisse là ton devoir , ou tu n'es qu'un hérétique.

ROLAND

Il y a déjà longtemps que je le tiens suspect en fait de religion : il parait que je ne me trompais guère.

UNE VOIX , à Vautre bout du cimetière.

Son père était cordonnier du roi de Navarre.

LES BARRIC\DES. a43

Tors.

A bas le Béarnais ! à bas le huguenot î

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