‹ Les barricades, scènes historiques, mai 1588Chapitre 39 sur 61 · UKE FEMME DES HALLES · texte numérisé non relu

UKE FEMME DES HALLES

Voyez donc ces deux démons incarnés !

Holà ! ne mettez pas la main sur monsieur le curé , ne lui enlevez pas un cheveu à la tête , ou nous vous arracherons les jeux.

L' officier et ses gens sont serres de près. Un soldat veutrepousserla Chapelle-Marteau , mais celui-ci le frappe rudement , le renverse et lui arrache sa hallebarde. Les autres soldats -viennent nu s ecours de leur camarade ; Marteau est soutenu par les siens ; le cotnbat s'engage ; grands cris , tumulte général. Mais tout-à-coup on voit paraître à la porte de l'église quelques soldat: du guet, et a leur tête Fillequier,

viLLEoriER , à haute voix.

Arrêtez ! arrêtez !

// demande du geste à être entendu. Le calme se rétablit peu-hpeu.

viLLEQUiER , s'odressaiit à Tojfficier suisse.

Monsieur , que signifie ce scandale? si je ne me trompe , c'est vous qui en êtes l'auteur. Et de quel droit , je vous prie , vous introduire en armes dans ce lieu saint pour troubler les cérémonies religieuses et profaner le service

de Dieu ?

l'officier.

Je suis chargé par monsieur de Biron d'arrêter le curé de cette paroisse. Voici l'ordre du maréchal.

VILLEQUIER

En voici un du Roi qui le révoque. {Il lui ■présente un papier) Veuillez donc, monsieur , sortir sur-le-champ avec vos hommes , et laisser ces gens en paix. Allez rejoindre votre compagnie , et souvenez-vous que Sa Majesté ne vous a fait descendre des faubourgs que pour réprimer les excès , et non pour en commettre.

l'officier , à part.

Der Teufel ! beau plaisir de servir un roi qui

LES BARRICADES. SSg

tourne à tous les vents ! (^ ses soldats. ) Allons . mes camarades , il faut obéir.

va SOLDAT.

Capitaine , si nous cédons le pas à ces chiens eni'agés , ils ne tarderont pas à nous marcher

sur le ventre.

l'officier.

Que veux-tu . mon garçon ?

Ils sortent.

viLLEQUiER , à Lincestre.

Monsieur le curé , vous voyez que le Roi n"a que des idées de paix et de clémence j je n'ai pas besoin de vous inviter à suivre son exemple. Il attend de vous et de vos ouailles obéissance et modération 5 en récompense il vous protégera contre vos ennemis. Les soldats qu'il a fait entrer dans la ville n'ont pas d'autre destination.

Villequier sort ; aussitôt le silence qui régnait dans l'église est interrompu par ces cris poussés de tous côtés :

Vive Dieu! les voilà tous partis.

MARTEAU

Sainte mère de Dieu , soyez bénie ! Si le Guisard nous trahit . maitrc Villequier ne nous abandonne pas

^o LES BARRICADES.

ROLAKD.

Il y a de l'espoir , camarade.

MARTEAU

Ma foi ! s'ils n'ont appelé leurs soldats que pour les planter en haie le long des murailles . les bras croisés comme des statues , nous serions bien fous d'en avoir peur.

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