‹ Les barricades, scènes historiques, mai 1588Chapitre 47 sur 61 · UN MARINIER · texte numérisé non relu

UN MARINIER

Moi . pour ma part , je veux la demi-dou zaine.

FRÈRE EUSTACHE

Bien , mes enfants, courage !

Entrent laChapelle-Marteau^Brissac et autres ligueurs.

Tête-Dieu ' camarades , vous n'êtes guère avancés de ce côté 5 toutes les places de la Cité sont déjà balayées, et la vôtre est encore encombrée de cette vermine en habits rouges ! Allons . serrez vos rangs , chargez vos mous-

«[iiels : vous n'aurez pas grandpeine , ils sont j>lus d'à moitié morts de peur.

FRÈRE ECSTACHE.

Bien dit , maître Marteau. {Aux femmes qui

sont aux fenêtres.) Allons, mes commères,

laites votre devoir : une bonne grêle de pavés

sur cette race de démons j et quand les pavés

vous manqueront , montez sur vos toits , ily a

des tuiles assez pour les enterrer vifs. Vous ,

enlan.s , aidez vos mères.

Les ligueurs s'apprêtent h l'attaque , et approchent de plus en plus leurs barricades.

Vy CAPORAL SUISSE.

Capitaine, les voilà qui sont à dix pas de nous ; si nous les laissons toujours approcher, nous ne pourrons bientôt plus respirer.

l'officier.

Que voulez-vous ! je n'ai pas d'ordre pour attaquer.

le caporal.

Capitaine , ils vont nous tomber dessus j allez-vous nous laisser tordre le cou comme à des poulets ?

l'officier.

Attendez , sïls avancent encore je commanderai le feu.

LE CAPORAL

Der Teufel ! on nous a doue pris pour des mannequins de paille? si nous avions des mousquets , c'était pour nous en servir. l'officier.

Je vois venir un aide-de-camp de monsieur de Biron.,,,mais ils ne le laisseront pas passer. MARTEAU , à Vaîde de camp.

Crois-tu , beau sire , qu'on va t'ouvrir la porte sans que tu nous montres ton passeport? Parle , d'où viens-tu , qui t'envoie ?

l' AIDE-DE-CAMP.

De par le Roi , faites-moi passage.

MARTEAU

Ah ! c'est le Roi que tu sers ! eh bien î de par Dieu , camarades , assommez -le.

Sept ou huit ligueurs tombent sur l' aide-decamp et le

renversent Celui-ci , dans sa chute , décharge son

pistolet contre un boucher t qui tombe a son tour

grièvement blesse'. Aussitôt on crie de toutes parts :

Vengeance ! vengeance ! en avant !

Les ligueurs se précipitent sur les Suisses en poussant de grands cris : ceux-ci font mine de résister et tirent quelques coups de mousquets , mais ils sont bientôt acculés contre tes murs de la maisonde-ville et hors d'état de se défendre. Les balles , les pavés , les tuiles pleuvent sur eux.

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