Le Violoniiie, (Demeny
nent point notre œil comme les faibles sons n'impressionnent pas notre oreille; Thabitude des éclairages intenses nous fait perdre Tacuité rétinienne, peu de gens voient dans une obscurité relative, nous avons perdu cette faculté .bien utile, faute d^exercice.
De même pour apercevoir nettement les objets très éloignés H très rapprochés, il faut avoir acquis par l'éducation la faculté d'accommodation. Habitués dès le jeune âge à borner notre horizon, enfermés dans des classes la tète penchée sur des livres, nous perdons notre faculté d'accommodation pour les grandes distances, nous devenons myopes, infirmité inconnue chez les marins ou les peuplades agrestes. Le strabisme et d'autres vices de l'œil sont bien souvent la conséquence de mauvaises conditions de l'hygiène dans l'enfance.
Pour bien voir un objet, au lieu de l'éclairer fortement, il vaut mieux le placer sur un fond obscur ; pour le mettre en relief il doit recevoir la lumière de côté et réfléchir plus de lumière que tous les objets environnants. Les metteurs en scène obtiennent au théâtre des effets très intenses avec des lumières bien inférieures à la lumière du jour, l'œil est ainsi satisfait sans fatigue.
Pour lire et pour écrire il ne faut pas être aveuglé par la source lumineuse, il faut placer celle-ci derrière l'observateur ou la masquer par un écran réflecteur. L'abat-jour doit refléter la lumière et' non pas servir de décor transparent qui la disperse.
Dans les classes, la lumière viendra du côté gauche, donnant ainsi l'ombre de la plume à droite ; elle sera fournie par des ouvertures assez grandes et assez élevées sans jamais frapper directement les yeux. Le soir, des lampes à gaz ou lampes électriques serviront à éclairer fortement les plafonds blanchis de façon à renvoyer de la lumière diffuse sur les pupitres des élèves. Le mode d'éclairage est bien plus important que l'éclat de la source lumineuse. Si vous recevez directement les rayons de celle-ci, vous êtes aveuglé et vous ne pouvez apercevoir les objets environnants ; c'est l'effet produit parla lanterne sourde ou le fanal d'une locomotive arrivant sur vous dans l'obscurité. Dans une lumière douce, tamisée, diffuse, vous voyez tout nettement, sans fatigue.
CONDTTIONS iScONOMIQUES DK l'eXERCTCE
Fig. 172. — Représentation conventionnelle d'un coureur d'après un modèle ayant posé une attitude d'équilibre.
L'œil nous donne deux notions distinctes, la nolion de forme et la notion de couleur; il nous permet de détailler les parties d'un ensemble et de saisir l'ensemble d'un seul coup.
On s'habitue rapidement à voir les choses, à percevoir la forme d'un objet en mouvement.
Ayant fait de longues études sur la décomposition des mouvements de l'homme et des animaux, j'ai acquis la faculté de voir les attitudes vraies du coureur, du cheval et de l'oiseau ; la zootropie est un moyen rapide d'apprendre à voir en permettant
de ralentir les mouvements naturels tout en conservant les rapports vrais de durée dans les différentes périodes. Cela est préférable à l'éducation faite sur des images de convention ; la plupart des représentations de la course sont erronées, elles ont été dessinées par les artistes d'après des modèles immobiles.
On ne peut poser le mouvement, il faut le saisir. On voit ou on ne voit pas dans l'espace. Si l'on apprend à voir, on saisira les attitudes vraies (fig. 173) données par la photographie. On peut constater la vérité des dessins anciens trouvés sur des vases grecs. Les coureurs et danseurs sont à peu près identiques aux images prises parla photographie. Si au contraire, on se laisse
DcMBNT. — Bases scient. *- / 18
Fig. 173. — Attitude vraie du coureur donnée par là photographie instantanée.