LA FILLE, LE PASSANT
LE PASSANT
C’est pas malheureux !
LA FILLE
Nous y v’ià. Tu vois, mon bibi, c’est pas haut — Dis donc, chéri !
LE PASSANT
De quoi ?
LA FILLE
Vas-tu m’faire ben riche?
LE PASSANT
Comben qui t’faut.
LA FILLE
C’que tu voudras.
LE PASSANT
Tiens, en as-tu assez? t’en faut-y encore?
LA FILLE
Eh ben t merci !
LE PASSANT
Es-tu contente !
LA FILLE
Si j’suis contente ?... Ah ça ! tu veux rire, pas vrai ?... Si j’suis contente ?.... Dix francs !.... La première fois qu’ça m’arrive ! Merci ! j’suis contente ! Comben qui faut t’rend, mon bibi ?
LE PASSANT
Garde tout, j’passe la nuit.
LA FILLE
Alors, te gêne pas... t’as payé, t'es chez toi... Ote tes
UNE NUIT DANS UN BOUGE
effets, hardi! mets-toi à ton aise. — Quoi qu’tu veux faire, dis... dis-le?
LE PASSANT
Rien.
LA FILLE
Oui, mon prince, comme tu voudras... J’ai jamais aimé à contrarier les gens... Tu verras, quand tu méconnaîtras... j’suis ben sure d’une chose, c’est qu’tu r’viendras. — Dis donc, mon bichon !
LE PASSANT
Après î
LA FILLE
V’ià pus d’un bon quart d’heure que j’te vois batt’ le pavé d’vant la porte... T’avais l’air d’pas oser entrer.Pourquoi ça, qu’t’osais pas entrer, dis î t’es donc marié ?
» LE PASSANT
Non, et j’veux pas l’être.
LA FILLE
T’es du quartier î
LE PASSANT
Ma foi, non.
LA FILLE
Enfin, n’importe; t’es pas causeur, v’ià tout... Comme tu voudras, tends-tu ?... Va t’êt’ onze heures, j’descends pus... Nous allons nous coucher, dis, veux-tu?
LE PASSANT
J’suis v’nu pour ça.
LA FILLE
T’es fatigué ?
LE PASSANT
J’me tiens pus sur mes jambes.
UNE NUIT DANS UN BOUGE
LA FILLE
Moi, la même chose... tois nuits que j 'passe à boire et à manger... J’en peux pus. — Dis doncî
LE PASSANT
Eh ben î
LA FILLE
Tu m’plais, non, parole. Écoute, j’ai pas d’amant... veux-tu me l’êt'! J’te demande pas d’argent, au contraire... Tu viendras quand tu voudras, dans l’jour, n’importe; je l’dirai à madame... a dira rien. Si t’es bon enfant, comme t’en as l’air, nous pourrons nous amuser... Dis, veux-tu î
LE PASSANT
Non.
LA FILLE
T’as quéqu’un ?... oui ?... N’en parlons pus... Mon p’tit homme, t’es contrarié ; t’as quét’chose que tu veux pas m’dire... T’es contrarié, pas vrai?... Quoi qu’t’as ? ♦
LE PASSANT
J’ai qu’j’ai soif, v’ià c’que j’ai.
LA FILLE
Tu pouvais pas l’dire ? J’vas t’faire à boire, mon minet, et tout d’suite... Pourquoi tu l’disais pas? J’suis donc pus ta p’tite femme, mon chéri ?... Ah ! t’as soif, cher trésor et tu me l’disais pas!... si soif que ça !
LE PASSANT
J’en crève.
LA FILLE
T’as chauffé l’four, pas vrai, brigand! t’es n’en ribotef... J’connais ça, vu qu’ça m’arrive encore pu souvent qu’à mon tour. — Dis donc, faut que j’te prévienne d’eune chose.
LE PASSANT
Laquelle ?
LA FILLE
J’ai pas d’vin.
104 UNE NUIT DANS UN BOUGE
LE PASSANT
J’m’en moque.
LA FILLE
Me reste un peu d’eau d’af; j’vas t’en mett’ avec du suc’ ; pas mauvais, ça te r’mettra. — Tiens, v’ià qu’est fait ; avale, mon trésor ; c’est pas à mépriser.
LE PASSANT
Merci.
LA FILLE
A ton service, ma biche. — Si ça n’te fait rien, mon ange, j’vas souper.
LE passant, avec vivacité.
Tu souperas pas ! j’te défends d’sortir! j 'veux pas qu’tu sortes ! tu sortiras pas, entends-tu?
LA FILLE
Maisj’sors pas, mon ange, j’sors pas... d’autant que j’m’ai monté mon souper. Tiens, tu vois, des lentilles en salade et d’là viande... Si t’en veux, te gêne pas ; tu sais, pas d’cérémonies avec moi I
LE PASSANT
Ben obligé, j’sors d’en prendre.
LA FILLE
A sont bonnes, va 1 aie pas peur !... Ce qu’nous avons d’bon ici, c’est d’êt’ ben nourries. Si on a du mal, on n’meurt pas d’faim, comme dans des maisons qu’j ’ai été. D’abord, de tout c’que mange madame, a nous en donne ; ça, pas d’préférence. Des fois, a crie, a jure, a tempête, a fait les cent dix-neuf coups... c'est d’là laisser faire, rien y dire : la main tournée, aile y pense pus; au fond, pas mauvaise. — A sont à la graisse, les lentilles ; au beurre, j’ies aime pas, et toi ?
LE PASSANT
Ça m’est égal. — Encore à boire !
UNE NUIT DANS UN BOUGE
Encore !... Tiens, mon bibi... T’as pas mal au cœur? LE PASSANT.
Non.
LA FILLE
Dame ! on sait ben c’que c’est, pas vrai?... D’ces choses qu’arrivent à tout l’monde. Moi, quand j’ai fait la noce, faut que j’rende. — J’ai fini, vois-tu... tu vois, c’est pas long. Comme c’est drôle! j’croyais qu’j’avais faim... j’ai pas faim. — Fais-moi un peu d’place, mon trésor, que j’me couche. Prends l’oreiller, j’m’en sers pas; prends, mon ange.
LE PASSANT
Non, merci.
LA FILLE
Prends-le, j’te dis... Non ?. .. Décidément, t’en veux pas? dis, bibi, t’en veux pas? ben vrai?
LE PASSANT
Vas-tu m’fiche lapaix, à la fin !
LA FILLE
Oui, trésor, te fâche pas. Tiens, v’ià l’cas qu’j’en fais, sous mes pieds. — Donne, que j’arrange un peu ta lite tête... Es-tu bien, dis?
le passant.
Oui.
Essaye à dormir un peu, mon ange, ça te r'mettra. J’ai ben peur de n’pas dormir, tant qu’à moi. — Dis donc, tu croirais point n’eune chose ?
LE PASSANT
Quoi qu’c’est ?
LA FILLE
J’ai la colique ; ça m’gargouille dans mon vent’e comme
UNE NUIT DANS UN BOUGE
si qu’on m’tordait les boyaux. J 'crains 'qu’ça soye le choléra... Pourtant, I’garçon au marchand d’vin, qui l’a évu, dit qu’non... J’suis guère heureuse ; jTai autant dire jamais été... eh ben! non, j’aimerais pas d’mourir; arrange ça ; et toi?
LE PASSANT
J’y tiens pas.
LA PILLE
Songe un peu à l’âge que j’ai : pas dix-neuf ans.
LE PASSANT
T’as pas dix-neuf ansî
Parole d’honneur ! J’ies parais-t’y ?
LE PASSANT
J’en sais rien.
LA FILLE
J’crois ben, d’puis deux heures qu’t’es ici, tu m’as pas core regardée. Oui, mon trésor, dix-neuf ans ! S’entend, j’ies ai pas ; j’ies aurai qu’à la Saint-Jean, dans deux mois. — Ecoute, quand j’ai commencé, j’en avais quinze... La faute à mon beau-père, si j’suis c’que j’suis ! Ma mère était morte ; il avait évu mes deux sœurs, il a voulu m’avoir. J’ai pas voulu. Y m’a battue, disant que j’l’avais volé. J’m’ai ensauvée. C’était en hiver. Dame! j’avais pas chaud; j crevais la faim, ]’me mets à connaît’ un vieux, encore un aut’..., un troisième, et pis, et pis... Si ben qu’eune nuit... c’était hors barrière... on m’ramasse. De là, au Dépôt... Quand j’ai sorti, j’étais putain. J’avais un enfant, un garçon; il est mort... J’crois ben, j 'nourrissais; l’idée de m’savoir inscrite, ça m’avait tourné mon lait... C’est une drôle d’histoire, va, que la mienne ! Si jamais tu deviens mon amant, j’te la conterai ; tu riras. — Dieu! qu’j’ai donc
UNE NUIT DANS ON BOUGE
mal au ventre!... Ça t’embête, pas vrai, bijou, d’m’entend, souffrir !
LE PASSANT
Non, ça n’me fait rien.
Dors un peu, ma biche, ça va p'têt’ se passer. — Tu n’sais pas n’eune chose? Quand j’ai ben mal qu’ét’part, j’fais ma prière ; me semble qu’ça m’soulage ; et toi ?
LE PASSANT
Moi, pas.
LA FILLE
Dis donc !
LE PASSANT
Après ?
LA FILLE
Quoi donc qu’tu peux ben être, dis, ma biche?
LE PASSANT
J’en sais rien.
LA FILLE
T’es blanc, t’as la peau douce, t’as pas d'durillons aux mains. T’as pas d’état?
LE PASSANT
J’suis p’têt’ voleur.
LA FILLE
Dame ! faut ben qu’y en ait!... Quoi qu’ça m’fiche, au bout du compte ? tu m’voleras pas, j’ai rien ; tout c’que j’ai sus moi est à la maison... Comme on dit, y a pas d’sot métier... tant mieux, si t’es voleur... Ils ont rien à eux, c’est pas des faignants, y travaillent. Un voleur, quand y vole un malheureux, c’est bête; mais du moment qu’c’est un riche, pain bénit. Où qu’est l’mal, après tout? On béquille, on s’amuse, on s’donne du bon temps, on oublie sa misère ; toujours ça d’gagné.
UNE NUIT DANS UN BOUGE
LE PASSANT
Oui, mais à présent que j’t’ai tout conté, tu vas m’dénoncer î
LA FILLE
Moi ? pus souvent, jamais ! Tiens, à preuve, j’étais t’à Saint-Lazare; j 'm’étais battue; j’en avais pour un mois... Mon homme passe par Paris y vient m’voir... car j’te l’avais pas dit, j’suis mariée à un libéré... Tu vois qu’sans précisément en et’, j’suis ein brin du métier... Mais, j’y pense, tu dois l’connaît’ mon mari? Morin, qu’on l’appelle !
LE PASSANT
Non.
LA FILLE
Tu connais pas Morin, qu’est d’là police!... qui vit à Rouen, rue Ricardière, cont’ la rue aux Ours, avec eune femme qui tient eune maison î la Trompette , son p’tit nom!
LE PASSANT
Quand on t’dit qu’on ne l’connaît pas ; ça va-t’y durer longtemps!
Te fâche pas, bijou, te fâche pas. Si ben, pour t’achever, y m’dit, dit-y, mon homme...
LE PASSANT
Après î
LA FILLE
Y m’dit, qui m’dit : T’es coffrée ; si tu veux t’en sortir, tient qu’à toi. — • Comment, tient qu’à moi? qu’j’y dis. — Tient qu’à toi, qui dit ; t’as qu’eune chose à faire. — Laquelle î que j’dis. — Tu diras qu’tu l’as vu, qu’tu l’connais ; il en a pour dix ans, et tu sors. — Moi, que j’dis,
UNE NUIT DANS UN BOUGE
merci, j’en mange pas, de c’pain-là... Et c’était mon mari, qu'avait droit d’vie et d’mort sus moi. . . J’en ai pour un mois à faire... quand j’dis un mois, j'en ai pour vingt-cinq jours, pis qu'j’en ai fait cinq... Et pour vingt-cinq jours, j’vas y en fiche pour dix ans, à c’t’homme que je n’connais pas, que j’ai jamais vu, qui m’a jamais fait d’mal! Ben obligé, pas aujourd’hui ! J’ferai mon mois et j’aurai pas ça à me r’procher. — Vaut p’têt’ mieux qu’toi, que j’ajoute. Faut qu’il en aie déjà pas mal sus l’corps, pour qu’on y en mette encore pour dix ans sus un mensonge ! Laissons-le tranquille, j’dirai rien. J’ai rien dit. — Dieu! mon loulou, comme t’as la peau douce ! T’es p’tit, t'es pas grand, mais t’es tout nerfs. Tu dois pas n’êt’ commode, néanmoins ; quand t’es t’en colère, ça doit mal aller?
LE PASSANT
Pas souvent, que j’m’y mets.
Tout comme moi ; mais quand tu t’y mets, tu y es ben, pas vrai?... gare là-dessous !
LE PASSANT
Ça, oui.
LA FILLE
Que j’te conte. J’suis pas grande, j’ai l’air de rien ; n’empêche que faut me rien dire ; tu vas voir. Ma sœur, la seconde, Pauline, qu’a deux fois la tête de plus qu’moi, et forte à proportion... Tu l’as p’têt’ vue en bas ? eune blonde, la Grande Guibolle, qu’on la nomme î tu l’as pas vue ?
LE PASSANT
Non.
LA FILLE
Un soir, pour t’en finir, sans rime ni raison... j’y avais rien dit ni rien fait... v’ià qu’a s’met àm’fiche des giffes...
no
UNE NUIT DANS UN BOUGE
mais, en veux-tu, en voilà! — C’est pas gentil, qu’j’y dis, c’que tu fais là, d’autant qu’t’es pas bue... c’est même assez bête. Si j’te le rends pas, c’est uniquement pasceque t’es ma sœur. Mais y a ici la grosse Irma, un colosse ; j’vas t’y aller conter qu’allé a dit du mal de toi... C’est pas vrai... et j’te vas t’ia moucher, mais... d’importance, aie pas peur ; à celle fin de t 'prouver comme quoi j 'crains personne et qu’j’ai point core rencontré mon maître. — Mon cher, j’descends dans la rue ; a y était qui fsait l’trottoir. C’était pas mon tour; ça n’fait rien, j’descends tou* d’même; j’te vas au devant d'elle, j’débute par y cracher à la figure en l’y disant : Ah! t’as dit ça et ça d’ma sœur ! faut que j’te corrige. Pan, pan ! j’tombe sus sa carcasse sans y donner seulement l’temps d’se r’connaître; j’y enfonce toutes les dents d’son peigne dans sa tête ; j’y déchire sa figure, je t'I’étale tout d’son long dans le ruisseau : On ra’l’enlève des mains, jTaurais finie... Pis j’viens à ma sœur, qui r’gardait tout ça sus l’pas d’là porte, et j’y dis : Tu dois voir, d’après ça, c’que j’aurais pu t’faire, si j’avais voulu; mais non, t’es ma sœur, t’es mon sang, j’ai pas voulu; baise-moi, j’te pardonne, j’t’en veux pus, j’m’ai vengée.
LE PASSANT
T’es eune bonne fille.
LA FILLE
Pas que j’soie bonne, mais pas méchante; quand on n’me fait pas d’mal, jamais j’en fais ; j’en ai même jamais fait. — Dis donc, chéri, pis t’es t’en train de rien faire, moi non plus, et que j’ai toujours mal dans mon ventre, si nous tâchions d’pioncer un peu ? Dis, veux-tu ï LE PASSANT.
C’est pas l’embarras, j’ai pus envie d’dormir qu’aut’cho"
CNE NUIT DANS UN BOüGE
se... Je n’sais vraiment pas c’que j’suis v’nu fiche ici. J’ai pas été hureux.aujord'hui ; j’aurais mieux fait de rien faire.
Comment ça ?
LE PASSANT
J’croyais faire un bon coup, qui m’semblait marcher tout seul.
LA FILLE
T’as été surpris !
LE PASSANT
Ben mieux, j’ai peur d’avoir tué un homme.
LA FILLE
En v’ià d’I’ouvrage !... Eh ben, est-y-mort ?
LE PASSANT
J’en sais rien; j’étais sui(*); j’ai pas évu l’temps d’y d’mander.. . Et tout ça pour eune femme qui n’te valait probablement pas.
LA FILLE
Mariée.
LF. PASSANT.
C’était son mari.
(*) J'étais suivi.
LES MISÈRES CACHÉES
(A Paris, dans une chambre à coucher.'
M. THOMASSU; ADRIEN, son petit-fils, âgé de quatre
ans.
M. THOMASSU.
Eh bien ! monsieur, allons-nous décidément en finir? ADRIEN.
Oui, grand-papa, ze vas me tousser.
M. THOMASSU.
Vous allez vous coucher, vous allez vous coucher !... Il y a une heure que vous auriez dû le faire, au lieu de me tenir, comme vous me tenez, des éternités à écouter vos sornettes !
ADRIEN
Grand-papa, ce sont pas des sonnettes.
M. THOMASSU.
Je parle au figuré.
ADRIEN
Grand-papa?
M. THOMASSU.
Eh bien ?
to.
LES MISÈRES CACHÉES
ADRIEN
T’aime beaucoup, beaucoup, beaucoup !
M. THOMASSU.
Vous me permettrez d’en douter.
ADRIEN
Non, grand-papa, te promets.
M. THOMASSU.
En tout cas, vous ne me le prouvez guère.
ADRIEN
Te le prouverai.
Vous ne l’avez point encore fait; peut-être, et j’aime à le croire, sont-ce les occasions qui ne se sont pas offertes; toujours est-il que je ne demande point l’impossible : soyez sage et raisonnable, je n’exige pas autre chose.
ADRIEN
Grand-papa, z’ai été bien chaze auzord’hui.
M. THOMASSU.
Pourquoi, alors, ne pas toujours l’être, quand vous savez d’avance combien cela me fait plaisir î
ADRIEN
C’est mon mauvais démon qu’en est cause.
Allons donc !
ADRIEN
Oui, grand-papa, c’est mon mauvais démon qui me fait faire des sottises.
M. THOMASSU.
Sachez que je n’y crois pas, au mauvais démon ; c’est un prétexte qu’invoquent tous les enfants désobéissants pour ne point remplir leurs devoirs. Il n’existe pas de mauvais démons et la preuve, c’est que jamais je n’en rencontrai.
ADRIEN
A présent, grand-papa, je serai bien chaze.
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LES MISÈRES CACHÉES
M. THOMASSU.
Ça me parait tellement en dehors de vos habitudes, que je n’ose y croire.
ADRIEN
Tu verras si ze suis pas chaze.
M. THOMASSU.
L’événement nous le prouvera. — Maintenant, venez vou s asseoir.
Pourtoi faire?
M. THOMASSU.
Vous allez le voir. — Commençons par retirer votre culotte. — C’est si joli, un petit garçon bien sage et bien raisonnable; je ne connais rien au monde d’aussi beau !
ADRIEN
Te l’étais-t-y, tu, bien chaze et bien raisonnable, quand tu l’étais petit garçon, grand-papa !
M. THOMASSU .
Je crois que oui.
ADRIEN
Ah ! grand-papa 1 grand-papa !
M. THOMASSU.
Quoi? Que vous arrive-t-il?
ADRIEN
Tu m’as fait du mal, tu m’as fait du mal 1 M. THOMASSU.
Vous en imposez.
ADRIEN
Si, grand-papa, tu m’as fait tout plein du mal I M. THOMASSU.