‹ Les basfonds de la societéChapitre 35 sur 37 · LA FILLE, LE PASSANT · texte numérisé non relu

LA FILLE, LE PASSANT

LE PASSANT

C’est pas malheureux !

LA FILLE

Nous y v’ià. Tu vois, mon bibi, c’est pas haut — Dis donc, chéri !

LE PASSANT

De quoi ?

LA FILLE

Vas-tu m’faire ben riche?

LE PASSANT

Comben qui t’faut.

LA FILLE

C’que tu voudras.

LE PASSANT

Tiens, en as-tu assez? t’en faut-y encore?

LA FILLE

Eh ben t merci !

LE PASSANT

Es-tu contente !

LA FILLE

Si j’suis contente ?... Ah ça ! tu veux rire, pas vrai ?... Si j’suis contente ?.... Dix francs !.... La première fois qu’ça m’arrive ! Merci ! j’suis contente ! Comben qui faut t’rend, mon bibi ?

LE PASSANT

Garde tout, j’passe la nuit.

LA FILLE

Alors, te gêne pas... t’as payé, t'es chez toi... Ote tes

UNE NUIT DANS UN BOUGE

effets, hardi! mets-toi à ton aise. — Quoi qu’tu veux faire, dis... dis-le?

LE PASSANT

Rien.

LA FILLE

Oui, mon prince, comme tu voudras... J’ai jamais aimé à contrarier les gens... Tu verras, quand tu méconnaîtras... j’suis ben sure d’une chose, c’est qu’tu r’viendras. — Dis donc, mon bichon !

LE PASSANT

Après î

LA FILLE

V’ià pus d’un bon quart d’heure que j’te vois batt’ le pavé d’vant la porte... T’avais l’air d’pas oser entrer.Pourquoi ça, qu’t’osais pas entrer, dis î t’es donc marié ?

» LE PASSANT

Non, et j’veux pas l’être.

LA FILLE

T’es du quartier î

LE PASSANT

Ma foi, non.

LA FILLE

Enfin, n’importe; t’es pas causeur, v’ià tout... Comme tu voudras, tends-tu ?... Va t’êt’ onze heures, j’descends pus... Nous allons nous coucher, dis, veux-tu?

LE PASSANT

J’suis v’nu pour ça.

LA FILLE

T’es fatigué ?

LE PASSANT

J’me tiens pus sur mes jambes.

UNE NUIT DANS UN BOUGE

LA FILLE

Moi, la même chose... tois nuits que j 'passe à boire et à manger... J’en peux pus. — Dis doncî

LE PASSANT

Eh ben î

LA FILLE

Tu m’plais, non, parole. Écoute, j’ai pas d’amant... veux-tu me l’êt'! J’te demande pas d’argent, au contraire... Tu viendras quand tu voudras, dans l’jour, n’importe; je l’dirai à madame... a dira rien. Si t’es bon enfant, comme t’en as l’air, nous pourrons nous amuser... Dis, veux-tu î

LE PASSANT

Non.

LA FILLE

T’as quéqu’un ?... oui ?... N’en parlons pus... Mon p’tit homme, t’es contrarié ; t’as quét’chose que tu veux pas m’dire... T’es contrarié, pas vrai?... Quoi qu’t’as ? ♦

LE PASSANT

J’ai qu’j’ai soif, v’ià c’que j’ai.

LA FILLE

Tu pouvais pas l’dire ? J’vas t’faire à boire, mon minet, et tout d’suite... Pourquoi tu l’disais pas? J’suis donc pus ta p’tite femme, mon chéri ?... Ah ! t’as soif, cher trésor et tu me l’disais pas!... si soif que ça !

LE PASSANT

J’en crève.

LA FILLE

T’as chauffé l’four, pas vrai, brigand! t’es n’en ribotef... J’connais ça, vu qu’ça m’arrive encore pu souvent qu’à mon tour. — Dis donc, faut que j’te prévienne d’eune chose.

LE PASSANT

Laquelle ?

LA FILLE

J’ai pas d’vin.

104 UNE NUIT DANS UN BOUGE

LE PASSANT

J’m’en moque.

LA FILLE

Me reste un peu d’eau d’af; j’vas t’en mett’ avec du suc’ ; pas mauvais, ça te r’mettra. — Tiens, v’ià qu’est fait ; avale, mon trésor ; c’est pas à mépriser.

LE PASSANT

Merci.

LA FILLE

A ton service, ma biche. — Si ça n’te fait rien, mon ange, j’vas souper.

LE passant, avec vivacité.

Tu souperas pas ! j’te défends d’sortir! j 'veux pas qu’tu sortes ! tu sortiras pas, entends-tu?

LA FILLE

Maisj’sors pas, mon ange, j’sors pas... d’autant que j’m’ai monté mon souper. Tiens, tu vois, des lentilles en salade et d’là viande... Si t’en veux, te gêne pas ; tu sais, pas d’cérémonies avec moi I

LE PASSANT

Ben obligé, j’sors d’en prendre.

LA FILLE

A sont bonnes, va 1 aie pas peur !... Ce qu’nous avons d’bon ici, c’est d’êt’ ben nourries. Si on a du mal, on n’meurt pas d’faim, comme dans des maisons qu’j ’ai été. D’abord, de tout c’que mange madame, a nous en donne ; ça, pas d’préférence. Des fois, a crie, a jure, a tempête, a fait les cent dix-neuf coups... c'est d’là laisser faire, rien y dire : la main tournée, aile y pense pus; au fond, pas mauvaise. — A sont à la graisse, les lentilles ; au beurre, j’ies aime pas, et toi ?

LE PASSANT

Ça m’est égal. — Encore à boire !

UNE NUIT DANS UN BOUGE

Encore !... Tiens, mon bibi... T’as pas mal au cœur? LE PASSANT.

Non.

LA FILLE

Dame ! on sait ben c’que c’est, pas vrai?... D’ces choses qu’arrivent à tout l’monde. Moi, quand j’ai fait la noce, faut que j’rende. — J’ai fini, vois-tu... tu vois, c’est pas long. Comme c’est drôle! j’croyais qu’j’avais faim... j’ai pas faim. — Fais-moi un peu d’place, mon trésor, que j’me couche. Prends l’oreiller, j’m’en sers pas; prends, mon ange.

LE PASSANT

Non, merci.

LA FILLE

Prends-le, j’te dis... Non ?. .. Décidément, t’en veux pas? dis, bibi, t’en veux pas? ben vrai?

LE PASSANT

Vas-tu m’fiche lapaix, à la fin !

LA FILLE

Oui, trésor, te fâche pas. Tiens, v’ià l’cas qu’j’en fais, sous mes pieds. — Donne, que j’arrange un peu ta lite tête... Es-tu bien, dis?

le passant.

Oui.

Essaye à dormir un peu, mon ange, ça te r'mettra. J’ai ben peur de n’pas dormir, tant qu’à moi. — Dis donc, tu croirais point n’eune chose ?

LE PASSANT

Quoi qu’c’est ?

LA FILLE

J’ai la colique ; ça m’gargouille dans mon vent’e comme

UNE NUIT DANS UN BOUGE

si qu’on m’tordait les boyaux. J 'crains 'qu’ça soye le choléra... Pourtant, I’garçon au marchand d’vin, qui l’a évu, dit qu’non... J’suis guère heureuse ; jTai autant dire jamais été... eh ben! non, j’aimerais pas d’mourir; arrange ça ; et toi?

LE PASSANT

J’y tiens pas.

LA PILLE

Songe un peu à l’âge que j’ai : pas dix-neuf ans.

LE PASSANT

T’as pas dix-neuf ansî

Parole d’honneur ! J’ies parais-t’y ?

LE PASSANT

J’en sais rien.

LA FILLE

J’crois ben, d’puis deux heures qu’t’es ici, tu m’as pas core regardée. Oui, mon trésor, dix-neuf ans ! S’entend, j’ies ai pas ; j’ies aurai qu’à la Saint-Jean, dans deux mois. — Ecoute, quand j’ai commencé, j’en avais quinze... La faute à mon beau-père, si j’suis c’que j’suis ! Ma mère était morte ; il avait évu mes deux sœurs, il a voulu m’avoir. J’ai pas voulu. Y m’a battue, disant que j’l’avais volé. J’m’ai ensauvée. C’était en hiver. Dame! j’avais pas chaud; j crevais la faim, ]’me mets à connaît’ un vieux, encore un aut’..., un troisième, et pis, et pis... Si ben qu’eune nuit... c’était hors barrière... on m’ramasse. De là, au Dépôt... Quand j’ai sorti, j’étais putain. J’avais un enfant, un garçon; il est mort... J’crois ben, j 'nourrissais; l’idée de m’savoir inscrite, ça m’avait tourné mon lait... C’est une drôle d’histoire, va, que la mienne ! Si jamais tu deviens mon amant, j’te la conterai ; tu riras. — Dieu! qu’j’ai donc

UNE NUIT DANS ON BOUGE

mal au ventre!... Ça t’embête, pas vrai, bijou, d’m’entend, souffrir !

LE PASSANT

Non, ça n’me fait rien.

Dors un peu, ma biche, ça va p'têt’ se passer. — Tu n’sais pas n’eune chose? Quand j’ai ben mal qu’ét’part, j’fais ma prière ; me semble qu’ça m’soulage ; et toi ?

LE PASSANT

Moi, pas.

LA FILLE

Dis donc !

LE PASSANT

Après ?

LA FILLE

Quoi donc qu’tu peux ben être, dis, ma biche?

LE PASSANT

J’en sais rien.

LA FILLE

T’es blanc, t’as la peau douce, t’as pas d'durillons aux mains. T’as pas d’état?

LE PASSANT

J’suis p’têt’ voleur.

LA FILLE

Dame ! faut ben qu’y en ait!... Quoi qu’ça m’fiche, au bout du compte ? tu m’voleras pas, j’ai rien ; tout c’que j’ai sus moi est à la maison... Comme on dit, y a pas d’sot métier... tant mieux, si t’es voleur... Ils ont rien à eux, c’est pas des faignants, y travaillent. Un voleur, quand y vole un malheureux, c’est bête; mais du moment qu’c’est un riche, pain bénit. Où qu’est l’mal, après tout? On béquille, on s’amuse, on s’donne du bon temps, on oublie sa misère ; toujours ça d’gagné.

UNE NUIT DANS UN BOUGE

LE PASSANT

Oui, mais à présent que j’t’ai tout conté, tu vas m’dénoncer î

LA FILLE

Moi ? pus souvent, jamais ! Tiens, à preuve, j’étais t’à Saint-Lazare; j 'm’étais battue; j’en avais pour un mois... Mon homme passe par Paris y vient m’voir... car j’te l’avais pas dit, j’suis mariée à un libéré... Tu vois qu’sans précisément en et’, j’suis ein brin du métier... Mais, j’y pense, tu dois l’connaît’ mon mari? Morin, qu’on l’appelle !

LE PASSANT

Non.

LA FILLE

Tu connais pas Morin, qu’est d’là police!... qui vit à Rouen, rue Ricardière, cont’ la rue aux Ours, avec eune femme qui tient eune maison î la Trompette , son p’tit nom!

LE PASSANT

Quand on t’dit qu’on ne l’connaît pas ; ça va-t’y durer longtemps!

Te fâche pas, bijou, te fâche pas. Si ben, pour t’achever, y m’dit, dit-y, mon homme...

LE PASSANT

Après î

LA FILLE

Y m’dit, qui m’dit : T’es coffrée ; si tu veux t’en sortir, tient qu’à toi. — • Comment, tient qu’à moi? qu’j’y dis. — Tient qu’à toi, qui dit ; t’as qu’eune chose à faire. — Laquelle î que j’dis. — Tu diras qu’tu l’as vu, qu’tu l’connais ; il en a pour dix ans, et tu sors. — Moi, que j’dis,

UNE NUIT DANS UN BOUGE

merci, j’en mange pas, de c’pain-là... Et c’était mon mari, qu'avait droit d’vie et d’mort sus moi. . . J’en ai pour un mois à faire... quand j’dis un mois, j'en ai pour vingt-cinq jours, pis qu'j’en ai fait cinq... Et pour vingt-cinq jours, j’vas y en fiche pour dix ans, à c’t’homme que je n’connais pas, que j’ai jamais vu, qui m’a jamais fait d’mal! Ben obligé, pas aujourd’hui ! J’ferai mon mois et j’aurai pas ça à me r’procher. — Vaut p’têt’ mieux qu’toi, que j’ajoute. Faut qu’il en aie déjà pas mal sus l’corps, pour qu’on y en mette encore pour dix ans sus un mensonge ! Laissons-le tranquille, j’dirai rien. J’ai rien dit. — Dieu! mon loulou, comme t’as la peau douce ! T’es p’tit, t'es pas grand, mais t’es tout nerfs. Tu dois pas n’êt’ commode, néanmoins ; quand t’es t’en colère, ça doit mal aller?

LE PASSANT

Pas souvent, que j’m’y mets.

Tout comme moi ; mais quand tu t’y mets, tu y es ben, pas vrai?... gare là-dessous !

LE PASSANT

Ça, oui.

LA FILLE

Que j’te conte. J’suis pas grande, j’ai l’air de rien ; n’empêche que faut me rien dire ; tu vas voir. Ma sœur, la seconde, Pauline, qu’a deux fois la tête de plus qu’moi, et forte à proportion... Tu l’as p’têt’ vue en bas ? eune blonde, la Grande Guibolle, qu’on la nomme î tu l’as pas vue ?

LE PASSANT

Non.

LA FILLE

Un soir, pour t’en finir, sans rime ni raison... j’y avais rien dit ni rien fait... v’ià qu’a s’met àm’fiche des giffes...

no

UNE NUIT DANS UN BOUGE

mais, en veux-tu, en voilà! — C’est pas gentil, qu’j’y dis, c’que tu fais là, d’autant qu’t’es pas bue... c’est même assez bête. Si j’te le rends pas, c’est uniquement pasceque t’es ma sœur. Mais y a ici la grosse Irma, un colosse ; j’vas t’y aller conter qu’allé a dit du mal de toi... C’est pas vrai... et j’te vas t’ia moucher, mais... d’importance, aie pas peur ; à celle fin de t 'prouver comme quoi j 'crains personne et qu’j’ai point core rencontré mon maître. — Mon cher, j’descends dans la rue ; a y était qui fsait l’trottoir. C’était pas mon tour; ça n’fait rien, j’descends tou* d’même; j’te vas au devant d'elle, j’débute par y cracher à la figure en l’y disant : Ah! t’as dit ça et ça d’ma sœur ! faut que j’te corrige. Pan, pan ! j’tombe sus sa carcasse sans y donner seulement l’temps d’se r’connaître; j’y enfonce toutes les dents d’son peigne dans sa tête ; j’y déchire sa figure, je t'I’étale tout d’son long dans le ruisseau : On ra’l’enlève des mains, jTaurais finie... Pis j’viens à ma sœur, qui r’gardait tout ça sus l’pas d’là porte, et j’y dis : Tu dois voir, d’après ça, c’que j’aurais pu t’faire, si j’avais voulu; mais non, t’es ma sœur, t’es mon sang, j’ai pas voulu; baise-moi, j’te pardonne, j’t’en veux pus, j’m’ai vengée.

LE PASSANT

T’es eune bonne fille.

LA FILLE

Pas que j’soie bonne, mais pas méchante; quand on n’me fait pas d’mal, jamais j’en fais ; j’en ai même jamais fait. — Dis donc, chéri, pis t’es t’en train de rien faire, moi non plus, et que j’ai toujours mal dans mon ventre, si nous tâchions d’pioncer un peu ? Dis, veux-tu ï LE PASSANT.

C’est pas l’embarras, j’ai pus envie d’dormir qu’aut’cho"

CNE NUIT DANS UN BOüGE

se... Je n’sais vraiment pas c’que j’suis v’nu fiche ici. J’ai pas été hureux.aujord'hui ; j’aurais mieux fait de rien faire.

Comment ça ?

LE PASSANT

J’croyais faire un bon coup, qui m’semblait marcher tout seul.

LA FILLE

T’as été surpris !

LE PASSANT

Ben mieux, j’ai peur d’avoir tué un homme.

LA FILLE

En v’ià d’I’ouvrage !... Eh ben, est-y-mort ?

LE PASSANT

J’en sais rien; j’étais sui(*); j’ai pas évu l’temps d’y d’mander.. . Et tout ça pour eune femme qui n’te valait probablement pas.

LA FILLE

Mariée.

LF. PASSANT.

C’était son mari.

(*) J'étais suivi.

LES MISÈRES CACHÉES

(A Paris, dans une chambre à coucher.'

M. THOMASSU; ADRIEN, son petit-fils, âgé de quatre

ans.

M. THOMASSU.

Eh bien ! monsieur, allons-nous décidément en finir? ADRIEN.

Oui, grand-papa, ze vas me tousser.

M. THOMASSU.

Vous allez vous coucher, vous allez vous coucher !... Il y a une heure que vous auriez dû le faire, au lieu de me tenir, comme vous me tenez, des éternités à écouter vos sornettes !

ADRIEN

Grand-papa, ce sont pas des sonnettes.

M. THOMASSU.

Je parle au figuré.

ADRIEN

Grand-papa?

M. THOMASSU.

Eh bien ?

to.

LES MISÈRES CACHÉES

ADRIEN

T’aime beaucoup, beaucoup, beaucoup !

M. THOMASSU.

Vous me permettrez d’en douter.

ADRIEN

Non, grand-papa, te promets.

M. THOMASSU.

En tout cas, vous ne me le prouvez guère.

ADRIEN

Te le prouverai.

Vous ne l’avez point encore fait; peut-être, et j’aime à le croire, sont-ce les occasions qui ne se sont pas offertes; toujours est-il que je ne demande point l’impossible : soyez sage et raisonnable, je n’exige pas autre chose.

ADRIEN

Grand-papa, z’ai été bien chaze auzord’hui.

M. THOMASSU.

Pourquoi, alors, ne pas toujours l’être, quand vous savez d’avance combien cela me fait plaisir î

ADRIEN

C’est mon mauvais démon qu’en est cause.

Allons donc !

ADRIEN

Oui, grand-papa, c’est mon mauvais démon qui me fait faire des sottises.

M. THOMASSU.

Sachez que je n’y crois pas, au mauvais démon ; c’est un prétexte qu’invoquent tous les enfants désobéissants pour ne point remplir leurs devoirs. Il n’existe pas de mauvais démons et la preuve, c’est que jamais je n’en rencontrai.

ADRIEN

A présent, grand-papa, je serai bien chaze.

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LES MISÈRES CACHÉES

M. THOMASSU.

Ça me parait tellement en dehors de vos habitudes, que je n’ose y croire.

ADRIEN

Tu verras si ze suis pas chaze.

M. THOMASSU.

L’événement nous le prouvera. — Maintenant, venez vou s asseoir.

Pourtoi faire?

M. THOMASSU.

Vous allez le voir. — Commençons par retirer votre culotte. — C’est si joli, un petit garçon bien sage et bien raisonnable; je ne connais rien au monde d’aussi beau !

ADRIEN

Te l’étais-t-y, tu, bien chaze et bien raisonnable, quand tu l’étais petit garçon, grand-papa !

M. THOMASSU .

Je crois que oui.

ADRIEN

Ah ! grand-papa 1 grand-papa !

M. THOMASSU.

Quoi? Que vous arrive-t-il?

ADRIEN

Tu m’as fait du mal, tu m’as fait du mal 1 M. THOMASSU.

Vous en imposez.

ADRIEN

Si, grand-papa, tu m’as fait tout plein du mal I M. THOMASSU.

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