FLUX ET REFLUX
Le? inquiétudes de Zulma n'étaient pas moindres que celles de Pauline. Elles devenaient de jour en jour plus poignante?, et l'impatience la tourmentait tant, qu'elle était sur le point d'en devenir malade. Elle savait que la maladie de Cary, de sa nature, devait être longue et que la convalescence durerait nécessairement l)lusieurs semaines. Elle ne pouvait recevoir de ses nouvelles que de loin en loin et jamais avec l'abondance de détails que son affection lui faisait désirer. Pour se distraire un peu, elle eut recours à beaucoup d'expédients, mais l'insuccès de chacun de ces efforts ne fit que rendre son désappointement plus amer. Sa plus grande tentative fut d'obtenir d'entrer dans la ville pour aider Pauline à soigner l'invalide. Elle appréciait très bien toute la délicatesse de cette démarche ; mais après avoir obtenu le consentement cordial de son père, elle la fit avec toute l'énergie de son tempérament. Elle s'adressa, pour obtenir la permission nécessaire, à son frère Eugène qui, ayant fait son devoir comme soldat, était censé avoir droit à quelque considéiation de la part des autorités. Eugène n'obtint qu'un refus péremptoire. Zulma recourut alors aux bons olfices de Roderick Hardinge, qui entra dans ses vues avec le plus grand empressement. " Elle ferait une charmante prisonnière," se dit-il gaiement.
Mais Hardinge échoua et il en fut de même de Bouchette que son ami M. Belmont avait intéressé à cette affaire. Tout cela causa dans ce petit cercle d'amis une certaine agitation qui rompit heureusement la monotonie du siège pour le moment. Cary Singleton en fut fort amusé et profondément touché. Mais quand on acquit enfin la certitude que le Gouverneur, habituellement si bienveillant, était, chose étrange, inexorable dans le cas actuel,
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Pauline et ses amis abandonnèrent tout espoir de voir Zulma au milieu d'eux. Toutefois, celle-ci ne se découragea pas si facilement. Ces rebuffades ne firent qu'enflammer son désir et bien que le temps passât rapidement, elle n'abandonna pas son projet. Très sérieusement, elle demanda à Batoche s'il ne pourrait pas la faire passer en contrebande à l'intérieur de la ville. La proposition sourit d'abord au vieillard et lui fit briller les yeux ; mais, après y avoir pensé, il la repoussa en riant.
" Le difficile se serait pas tant de vous faire pénétrer dans la ville, que de savoir que faire de vous, une fois entrée, dit-il de son air malin. Les femmes sont des objets difficiles à manier, dans un camp de soldats. Aucun déguisement ne peut les cacher aux regards indiscrets."
En dernier ressort, Zulma résolut d'en appeler directement à Mgr Briand, auquel Carleton ne pourrait certainement rien refuser. Il y avait, à cette mesure, de nombreuses et patentes objections, mais la jeune fille au caractère impétueux les surmonta toute>, et, après avoir écrit une lettre splendide de forme autant que de diplomatie, elle avait pris des mesures pour la faire remettre au prélat en toute sécurité. Un événement imprévu lui épargna les conséquences de cette aimable audace :
Comme nous l'avons dit, le temps avait passé vite depuis les terribles événements de la veille du jour de l'an. Janvier avait fait place à février, et mars était arrivé avec la promesse d'un printemps exceptioimelleraent hâtif. Aucun événement militaire de quelqu'importance n'était survenu ; du moins, aucun qui eût quelque rapport avec notre récit, et à part les circonstances relatives à la longue maladie de Cary, il ne s'était rien produit de nature à nous attarder sur ces rudes mois de l'hiver.
Singleton était assez bien rétabli pour pouvoir se promener un peu, mais il restait très faible, n'ayant pas l'occasion de prendre le libre exercice si nécessaire à son rétablissement complet. Sa présence dans la maison de ]\T. Belmont devenait quelque peu singulière. Le régime de la prison lui était interdit par le médecin compatissant, tandis qu'au point de vue militaire, il était évidemment impossible de lui permettre de circuler librement dans les rues de Québec. Fort heureusement, ce difficile problème fut résolu par un échange partiel de prisonniers qui eut lieu vers la mi-mars et dans lequel, par un privilège spécial. Cary fut compris.
Le moment de sa séparation d'avec Pauline fut très cruel. Le jeune homme ne -pouvait "s'expliquer à lui-même l'intensité du regret f;uc lui causait cette séparation. Ce regret prenait sa source
LE.s BA.STUXNAL-S
dan^ quelque chose tout à fait difTMvent et bien au-dessus de sa gratitude pour 1- s bons soin^ qu'(dle lui ava't donnés, du sentiment de reconnaissance qu'il lui devait pour lui avoir sauvé la vie, dette qu'il reconnaissait ne pouvoir jaui is acquitter. Da is ces longs après-midis, au milieu de la demi-obscurité entretenue par les
rideaux dans la chambie du malade,pendantces nuits bien piU3 lono:ues encore, passées sans sommeil dans le silence, et sans autres communications avec la jeune fille que par les yeux ; dans ces fréquentes conversations composées pour la plupart de lieux communs, mais relevées parfois par d'impétueuses révélations du cœur ; dans ces visions brèves, mais assez fréquentes de la beauté de Pauline, produites par quelque
mouvement gracieux et soudain de son corps, ou lorsqu'elle lui apparaissaitsous
quelque favorable effet de lumière ; dans ces éclairs intuitifs de son vrai caractère rendu doublement attrayant par son élément de- tristesse constante, et le soupçon de son abnégation, Cary avait inconsciemment enroulé une chaîne autour de son cœur, chaîne dont il
n'avait pu comprendre ]a'p1iissaTî'cede"résistance avant qu'il ne lui fallût la rompre.
L'attitude de Pauline n'était pas faite non plus pour le réconforter. Lorsqu'il lui annonça son départ final, elle l'écouta avec calme, mais ce calme n'était que l'effet de la fatigue mentale et physique. Il n'y avait dans sa parole et ses manières aucun effort énergique destiné à contrôler le moral ; elle semblait n'éprouver qu'une résignation passive. Quand il lui tendit la main et qu'elle ressentit le chaud baiser qu'il y imprima, elle fut vraiment digne de pitié, ce qui ajouta à l'amertume du chagrin de Cary.
Le dernier adieu avait été dit et tous deux se tenaient sur le perron au pied duquel une carriole attendait pour transporter le prisonnier libéré au milieu de ses amis. Cary se tourna une dernière fois pour lire dans les yeux de Pauline. Soudain, il s'arrêta mû par une pensée subite ot retournant d'une marche ou deux il dit :
" Pauline, — Permettez-moi de vous appeler par ce nom pour la première fois peut-être, — Pauline, promettez-moi une chose: Prenez soin de votre santé. Je crains bien qu'après mon départ vous ne me remplaciez sur ce lit de douleurs, épuisée par vos veilles de plusieurs semaines."
Deux taches livides brûlaient les joues de Pauline, et son regard était vitreux. Elle était obligée de s'appuyer sur le cadre de la porte pour ne pas tomber ; néanmoins, elle rassembla assez de forces pour répondre qu'elle ne se sentait pas malade et qu'elle espérait que tout tournerait pour le mieux. C'était une maigre consolation. Cary dut néanmoins s'en contenter, et il s'éloigna dans la voiture, le cœur bien lourd.
A peine arrivé au camp américain, il rencontra Batoche. Il va sans dire que cette rencontre fut des plus cordiales, et tous deux firent le projet d'une visite à la Pointe aux Trembles pour ce même soir. Zulma ayant appris les négociations engagées pour l'échange des prisonniers, l'arrivée de Cary n'était pas inattendue, et il y eut ce soir-là au manoir Sarpy de grandes réjouissances, comme pour quelqu'un qui était perdu et que l'on retrouvait, qui était mort et qui ressuscitait.
SUR LE BORD DE l'aBIME.
Un autre mois se passa. Vers le milieu d'avril, le printemps embaumé était proche ; la neige avait disparu de la montagne et de la plaine ; les rivières coulaient claires et abondantes ; les arbres
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commençaient à bourgeonner et les cieux palpitaient d'une atmosphère de chaleur génératrice. Les bestiaux renfermés pendant de si longs mois dans les ténèbres de leurs stalles se chauffaient paresseusement au soleil ou s'attroupaient sur les versants méridionaux où la jeune herbe commençait à pousser. Les moutons bondissaient sur le flanc des collines, les portes et les fenêtres des fermes s'ouvraient toutes grandes pour laisser entrer le bon air rafraîchissant ; les enfants jouaient sur le gazon ; une vapeur blanche s'élevait des fissures et des lézardes des greniers chauffés; les cours des fermes se remplissaient de sons ; les pigeonniers laissaient entendre des roucoulements ; les hirondelles peuplaient les auvents, et les couvertures de chaume des étables étaient couvertes de volailles à l'affût des premiers vers. C'était la résurrection de la nature, ressentie avec plus de joie sous les latitudes arctiques que partout ailleurs. Des montagnes qui se dressaient dans le lointain, les nuages de vapeur dense qui s'élevaient et se déroulaient au loin, laissant les sommets recevoir les premiers baisers de la rosée et les derniers rayons du soleil couchant, étaient des emblèmes de la tristesse de l'hiver remplacée par le renouveau du printemps qui faisait naître de nouvelles espérances et des intérêts ravivés dans les âmes. Le crocus de la lande, l'anémone de la prairie, le cresson des eaux ombragées, le bourdonnement du premier insecte, le gazouillement du nid de mousse, le murmure des ruisseaux dans la forêt, tout chantait la renaissance et la vie.
D'autre part, il y avait dans la splendeur de la saison un caractère moral. Le temps rigoureux du carême avec ses vigiles, ses jeûnes, ses mortifications et ses pénitences était passé. Passée aussi la semaine sainte avec ses plaintes et ses lamentations, ses confessions de péchés, ses appels à la miséricorde, les fenêtres obscurcies par des voiles violets et les autels dépouillés, les cierges éteints et les cloches muettes, enfin les 14 stations de cette via crucis qui retracent l'ineffable histoire de THomme de douleurs et de la Mère de pitié. On était au matin glorieux du jour de Pâques. De brillants ornements couvraient le célébrant, le sanctuaire resplendissait de mille lumières, l'encens parfumé s'élevait en spirales vers le ciel, emportant les sentiments de reconnaissance des cœurs ouverts à la grâce. De la colline à la vallée, la musique des cloches, dans chaque tourelle et dans chaque clocher réveillait les échos retentissants ; même les cloches des églises et des couvents de la vieille ville assiégée, elles qui avaient si souvent sonné l'alarme de la bataille durant la nuit, prenaient une nouvelle voix pour célébrer le " Grand jour que le Seigneur a fait," et de même que
la lourde pierre fut soudainement repoussée du sépulcre à l'ombre du Golgotha, mettant en liberté le maître du monde, ici le manteau de l'hiver était déchiré et mettait à nu la face de la nature. Les hommes sentaient leur cœur allégé du fardeau qui durant quatre longs mois avait rendu leur torpeur semblable, en quelque sorte, à celle des grands animaux du désert.
Le matin du lundi de Pâques, le temps était calme et promettait une magnifique journée. Tout le pays retentissait des voix des hommes et des femmes se préparant à leur travail. Zulma Sarpy et Cary Singleton marchaient côte à côte sur la rive du St- Laurent en face du manoir ; ils avançaient lentement, s'arrêtant fréquemment pour admirer '< paysage étendu devant eux, ou pour se livrer à une ardente conversation. Cary était entièrement remis de sa maladie, et paraissait plus gras et plus fort que jamais. Il était revêtu de son uniforme, preuve qu'il avait repris le service actif. Zulma paraissait jouir de sa santé habituelle et sa beauté resplendissait sous son plus royal aspect, relevée par un costume qui lui seyait à merveille : chapeau Montespan de feutre gris orné d'une plume azur et brillant châle de cachemire étroitement tendu sur ses épaules. Il était difficile de peindre une plus digne compagne pour un soldat. C'était évidemment le sentiment de Cary, comme en témoignaient ses fréquents regards d'admiration, et il y avait des moments où un observateur eût pu croire qu'il faisait les plus ardentes déclarations d'amour. Il n'en était rien cependant. Les jeunes gens n'avaient pas encore atteint cette limite. Bien qu'ils se connussent parfaitement, qu'ils se rencontrassent souvent, tout exceptionnelles que fussent les circonstances qui avaient entouré leurs entretiens, ils n'avaient jamais dépassé un certain point de confidences mutuelles. -Souvent ils s'étaient aventurés sur les bords, mais des incidents soudains et imprévus étaient survenus qui 'es avaient rejetés en arrière au lieu d'avancer leurs affaires de cœur. Zulma était sûre que Cary l'aimait, mais aucune de ses paroles ne lui en avait donné l'assurance. Cary ne pouvait pas douter de l'amour de Zulma à son égard: ses actes et ses écrits l'avaient éloquemment démontré; mais elle ne lui avait jamais donné l'occasion, ou il s'imaginait n'avoir jamais eu l'occasion d'obtenir de ses lèvres une réponse décisive. Ce jour-là, leur conversation était vive, mais sans conséquence. Il en est souvent ainsi dans ce jeu de l'amour qui est conduit non en cercles concentriques, mais en orbites excentriques
Pour Cary, la situation devenait pressante, et il le dit à Zulma «n des termes qui impressionnèrent profondément la jeune fille. Il
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voyait que la fin approchait, qu'avec le retour du printemps, les opérations militaires devaient prendre une tournure décisive d'un côté ou de l'autre. Il était assez perspicace pour prévoir qu'il ne pouvait y avoir qu'un résultat fatal : la retraite des Américains. Arnold avait été remplacé par Wooster, officier âgé qui avait commandé à Montréal durant l'hiver et y avait fait beaucoup de mtil à la cause américaine par son incapacité et son intolérance religieuse à l'égard des Canadiens-Français. D'un pareil commandant de l'armée actuelle, on ne pouvait attendre que peu de chose ou rien du tout. Il ne pouvait être question de renforts, bien qu'ils eussent été promis et annoncés avec ostentation à la garnison par le moyen des déserteurs et des prisonniers, tandis que l'on savait bien que, le St-Laurent désormais débarrassé de son manteau de glace, on pouvait attendre bientôt une flotte de vaisseaux anglais venant à la rescousse de Québec. Dans une quinzaine de jours au plus, Cary prévoyait que la crise devait finir. Il dit donc cela confidentiellement à Zulma sachant bien qu'il ne violait aucun devoir en agissant ainsi. La jeune fille fut étonnée de cette confidence, qui anéantissait tous ses rêves. Sa confiance dans le succès des armes continentales avait été sans limites; malgré leurs terribles revers, elle n'avait jamais douté un moment que les champions de la liberté ne s'emparassent de la dernière forteresse de la tyrannie britannique et ne s'empressassent d'y restaurer la domination française en Amérique. Elle essaya même d'ébranler l'opinion de son compagnon, mais elle n'y réussit pas ; son instinct la mit face à face avec la position personnelle de Cary, que celui ci avait complètement éludée.
La retraite des Américains prit alors un aspect plus sérieux ; elle impliquait une séparation mutuelle. La situation était celle-ci : Après six mois de la plus intime fréquentation, purifiée et consacrée par une série de vicissitudes des plus cruelles, Cary allait être obligé de retraiter en toute hâte au pays d'où il venait, tandis qu'elle serait de nouveau confinée dans la solitude de la Pointe-aux-Trembles. Pouvait-il en être ainsi ? Cary pouvait-il être ainsi laissé à son sort ? Pourrait-elle, elle-même, supporter cette solitude soudaine et forcée ?
Singleton exprima ses regrets en langage diffus et verbeux : il répéta à plusieurs reprises que son insuccès comme soldat blessait son ambition et désappointait ses espérances, mais que sa séparation d'avec Zulma serait la plus terrible de ses peines. S'il avait prévu cela, ajoutait-il, il aurait cherché la mort au palais de l'intendant ou au Sault-au-.datelot. La mort dans la maisoD de M. Belmont lui aurait été un soulagement et une bénédiction.
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Ce fut en vain que Zulma essaya de le réconforter ; son cœur ne l'inspirait pas, et elle ne pouvait par conséquent aller au delà des lieux communs. Finalement un profond silence se ût entre eux. Ils s'étaient dit, sans doute qu'ils devaient faire un pas de plus et regarder en face une situation redoutée, mais ils n'en firent rien, peut-être ne l'osèrent-ils pas. Pourquoi ? La suite nous le dira. L'entretien finit par ces mots :
— Il me faut retourner au camp, mademoiselle, remettons ce sujet ; j'ai autre chose à dire, mais j'ai besoin de me recueillir. — Moi aussi, j"ai quelque chose de plus à dire, Capitaine. Cary tressaillit en entendant ces paroles dont le ton étrange le frappa. Il regarda Zulma et lui trouva la figure pâle comme le marbre. Ses yeux étaient fixés bien loin au delà du St-Laurent. Il s'imagina (était ce seulement un efi'et de son imagination ?) qu'elle était un peu piquée.
— Retournerons-nous au manoir ? demanda-t-il presque timidement.
— S'il vous plaît, répondit tranquillement la jeune fille. Ils avançaient lentement à travers la prairie, et remontaient l'avenue en parlant peu, et au sujet seulement d'objets rencontrés sur leur passage. Inconsciemment ils étaient devenus timides l'un avec l'autre. Quand ils eurent atteint la pelouse en face du manoir, ils s'arrêtèrent et soudain Zulma éclata d'un franc rire. — Nous sommes tous deux des enfants, Monsieur, uit-elle, je vous croyais un grand soldat et je vous trouve enfant. Je me croyais une femme au caractère fortement trempé et moi aussi je ne suis qu'une enfant.
Et elle continua de rire à gorge déployée. Cary fut intrigué, mais il ne put réprimer un sourire. Il ne lui demanda pas le sens de ses paroles. Il sourit seulement en voyant que sa sérénité habituelle lui était revenue.
A ce moment précis, le soleil couchant versait ses rayons à travers les arbres, inondant la pelouse de lumière, et soulevant. pour ainsi dire, le jeune couple dans une espèce de transfiguration. Ils étaient idéalisés. Lui, apparaissait comme un chevalier des temps légendaires, et elle, comme une reine de féerie. Tous deux étaient beaux, et tou deux étaient heureux, encore une fois. Zuliu:i frappa à la porte, et la servante qui vint ouvrir lui remit une lettre. Elle l'ouvrit à la hâte, parcourut la page, et étendant les bras, laissa échapper un gémissemement de terreur pendant que ses yeux se fixaient d'une manière étrange sur le jeune ofîicier. — Qu'y a-t-il. Mademoiselle ? qu'y a-t-il ? — Pauline se meurt !