PAR NOBILE
La soirée était finie. Minuit venait de sonner et Cury Singleton était arrivé au moment du départ. Toute la famille l'accompagna jusqu’à la porte d’entrée où l’attendait son traîneau.
Les derniers mots d’adieu étaient encore sur les lèvres des deux jeunes filles qui se tenaient dans l'embrasure de la porte, quand, à travers les ténèbres et la neige tombant à flocons, Zulma remarqua
caractère demi-condélicieux par cette incapable blir entro
ir qu'à la jeune oflil’une perre le jetait Divin insnpétueuse e vic!
unesse, et de choix é le forçât renant un uma en fit t compliesse brilla it d’airain, la lumicre e ses che-
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des deux quand, à remarqua
un homme appuyé contre la maison, à quelques pieds d'elle. Elle lui commanda aussitôt à haute voix de s'avancer, ce qu'ilfit. Ala faible lumière du corridor elle vit devant elle un étre Ctrange et inconnu, vêtu d’un eupot de chat sauvage et couvert d’un grand
bonnet depeau de renard. Il (tait courbé et ga figure était celled’un vieillard, mais ses yeuxbrillaient comme des (toiles. L’homme était en raquelies et portait à la main un long bâton.
A sa vue, Pauline se blottit derrière Zulma,en murmurant:
—C'est Batoche!
—QOui, enfant, c'est moi, dit le vieillard, ctje viens vous chercher.
—La chercher ? demanda Zulma d’un ton d'autorité.
—Oui ; à la
demande de son père.
— Entrez, et expliquez-vous.
—Non; c'est inutile. D'ailleurs, la nuit est trop avancce. Il faut que nous retournions à la ville immédiatement.
Quelques paroles échangées à la hâte révélèrent la mission de Batoche. Les Bastonnais avaient repris leur marche en avant. Québec allait être investi dans quelques heures. De gros renivrts de troupes allaicnt permettre aux Américains de rendre ie
blocus comp'et. Le père de Pauline était dans une grande anxiété causée par l’absence de sa fille. Batoche, qui était dans Québec, s’échappa de la ville, promettant à son ami de réaliser ses désirs. Si Pauline tardait, elle ne serait pas admise au-dedans des portes. Le père et l’enfant seraient séparés. Il n’y avait pas de temps à perdre. Il fallait prendre une résolution. Pauline voulait-elle venir ?
Lamentations et condoléances étaient hors de saison. Quelques mots de consultation suffirent pour se décider à suivre les instructions du vieillard. Cary avoua que les renseignements concernant les mouvements militaires étaient exacts et il offrit d’escorter Pauline et de lui faire traverser les lignes américaines, en sécurité.
Le sieur Sarpy et Zulma devaient aussi se séparer d’Eugène, En de telles circonstances, cette séparation fut un nouveau sujet de douleur ; maïs le père et la sœur firent leur sacrifice brave. ment, et le jeune homme, il est juste de le dire,agit de son côté avec beaucoup de résolution. Il avait amené Pauline ; il la ramènerait. Si Zulma avait suivi son impulsion, elle aurait accompagné son frère et son amie jusqu’à ce qu’elle les eût vus rentrer en sécurité au-dedans des murs ; mais elle était forcée de renoncer à ce plaisir en considération de son vieux père.
Batoche refusa un siège dans l’un ou l’autre traîneau. Il retourna en raquettes sur la neige, comme il était venu, et sa marche par les sentiers et les raccourcis du pays, qu’il connaissait si bien, fut si rapide qu’il atteignit le premier le point de ralliement fixé à l’avance.
Il était plus de six heures du matin et l'aurore commençait à poindre, quand les traîneaux arrivèrent en vue des portes. Cary Singleton s’approcha aussi près que la prudence le lui permit, puis il s'arrêta pour ptendre congé de Pauline. Batoche s’avança aussitôt vers la sentinelle et après une brève explication, il revint bientôt accompagné d’un seul homme.
‘ Pauline! s’écria le nouveau venu quand il fut arrivé près dela jeune fille, je vous ai attendue avec anxiété. Rentrez dans la ville sans tarder. Elle se baissa et murmura quelque chose à son oreille. Il se retourna et, souriant, s’inclina profondément dans la direction du jeune officier américain, qui rendit le salut.
Cary Singleton et Roderick Hardinge s'étaient rencontrés pour la seconde fois.
Un instant plus tard, tous avaient disparu et la neige qui continuait à tomber couvrait les traces de leur passage.