‹ Les bastonnais [microforme]Chapitre 50 sur 96 · UN BRAVE OUBLIÉ · texte numérisé non relu

UN BRAVE OUBLIÉ

L'ouragan de neige continuait avec la même intensité. Le ciel bas et brumeux semblait se confondre avec la terre. Les bruits de la nature étaient assourdis et ressemblaient à de mystiques murmures ; la neige formait comme un blanc rideau tiré obliquement sur tout le firmament et un silence universel régnait sur le pays. Chacun était rentré dans les demeures où le calme extérieur avait pénétré et où les familles se groupaient autour du foyer comme avec le sentiment de la visible protection de Dieu, C'était comme une profanation que ce religieux silence fût troublé par le cliquetis des armes et que la paix envoyée d'en haut avec chaque, flocon de neige fût violée par des desseins de vengeance et la soif de j sang humain.

Invisibles dans la tempête, les carabiniers de la Virginie s’avançaient vers les murs de la cité dévouée.

Sans bruit. au milieu de l’ouragan, la garnison de la vieille capitale se massait aux portes et aux remparts.

À l'abri des yeux et des oreilles, les armées d’Arnold et de Montgomery, maintenant réunies, faisaient leurs derniers préparatifs de départ à la Pointe-aux-Trembles et se disposaient à marcher à la catastrophe finale de cette lugubre tragédie de la guerre,

En

Page 1