HIÉRARCHIE MILITAIRE
« De servir le duc envers et contre tous, audit état de conductier, d'obéir exactement à tout ce qu'il lui commandera ou fera commander par les capitaines ou autres chefs de guerre, généraux ou particuliers, qui à ce seront commis ;
« D'exécuter la guerre sans dissimulation, à l'honneur, utilité du duc et de sa Maison et à la défaite do ses ennemis;
« De lui révéler tout ce qu'il apprendrait touchant son honneur, profit et dommage ;
« De garder ses pays et sujets de toute attaque et oppression;
un gros veuglaire de fer à deux chambres, affùlé tout à neuf; un petit tappereaul assis en bois; une belle serpentine, d'environ S pieds de long, garnie de deux chambres et enchâssée en bois ; une coulevrine de fer et une de cuivre; un petit crapeaudeau affûté en un affût de bois ; un gros canon de fer garni de deux chambres, affûté et ferré sur son affût de bois; un petit crapeaudeau de fer, en façon de mortier, affûté et ferré en un affût de bois ; un veuglaire de fondue, garni de deux chambres, enfûté en bois; une serpentine de fondue, affûtée en bois;
t Une grande serpentine de fer à vif de bœuf (barre de fer arrondie qui servait de pivot et de point d'appui à la pièce placée sur son chariot) ; une serpentine de cuivre garnie de deux chambres de fer, ayant l'une 6 pieds et demi, l'autre 4 pieds de longueur; deux grosses coulevrines à crochet emmanchées de bois, la plus grosse d'environ 3 pieds et demi de long ; une grosse coulevrine à crochet et à queue, le tout en fer, ayant en longueur 3 pieds pour la chasse (volée) et autant pour la queue; trois coulevrines à main, deux de 1er et l'autre de cuivre, affûtées en bois. »
Nous n'avons pas voulu abréger la nomenclature des 136 bouches à feu qui garnissaient les remparts de Dijon, en 1476, parce que ce document, en énonçant tous les termes qu'employait l'artillerie à cette époque, nous montre en même temps comment on alternait, dans l'armement d'une place forte, les petites pièces avec les grosses.
« D'empêcher, selon ses pouvoirs, ses gens de guerre de renier le nom de Dieu, de faire vilain serment et de jouer aux dés;
« De faire exécuter la présente ordonnance de point en point par les chefs d'escadre, chefs de chambre, hommes d'armes et archers ;
« Enfin, de rapporter chaque année en personne, à moins de maladie ou d'excuse légitime (auquel cas ils devront les envoyer), le bâton de commandement, lesdites ordonnances et le rôlet de leurs gens de guerre. »
Les chefs d'escadre et de chambre répètent ce serment et y ajoutent celui d'obéir à leurs supérieurs directs.
Tous les officiers sont d'ailleurs reliés entre eux par une hiérarchie régulière, qui remonte jusqu'au duc, général en chef de l'armée.
« Le duc exige que les conductiers, chefs d'escadre et chefs de chambre, non-seulement obéissent les uns aux autres selon leurs grades, mais encore qu'ils se soutiennent entre eux pour se faire obéir de leurs gens.
« Le duc s'en prendra à eux; s'ils ne maintiennent pas la discipline parmi leurs soldats '. »
Cette discipline est sévère : l'amende est prononcée
' « Quand les conductiers seront en la compagnie du prince ou du capitaine clioisi par lui, ils n'auront d'autre pouvoir que de saisir les délinquants et de les livrer au prévôt des maréchaux du prince ou du capitaine qu'il a délégué. » {Ordonnance de 1472.)