EXERCICES ET MANOEUVRES DE L'INFANTERIE
à cet effet, les centeiiiers, caps d'escadre et chefs de chambre seront diligents à se réunir, eux et leurs hommes, le plus qu'ils pourront.
« Les centeniers feront courir les légionnaires pour qu'ils soient lestes dans les assauts ; ils leur apprendront à lancer la pierre, le dard, la barre de fer, et à lutter pour devenir forts; sans ces qualités, un soldat ne vaut rien. Il faut l'habituer aux pesants fardeaux, pour que, dans une entreprise imprévue, il puisse porter ses vivres de plusieurs jours sans s'embarrasser de vivandiers, et pour qu'il puisse charrier du bois, de la terre et les autres matériaux de la fortification. Il faut lui apprendre à nager, pour qu'il ne soit pas arrêté par une rivière, quand il n'y a pas de pont ni de quoi le construire.
« Avant tout, chaque chef doit exercer ses gens au jeu de l'épée; ensuite il apprendra aux piquiers, aux hallebardiers ou aux arquebusiers le maniement et l'usage de leurs armes particulières.
« Dans les exercices, les légionnaires porteront le harnois de guerre au complet ', afin d'être habitués à son poids quand il faudra faire long chemin ou demeurer longuement sous les armes.
« De plus, tous devront savoir se ranger en simple or^ donnajice, connaître les commandements des capitaines
1 «• Le harnois défend celui qui le porte des coups de pique, de lial^ lebarde et d'épée, du trait, des pierres, des arbalètes et des arcs; parfois, une arquebuse sera si mal chargée , ou si fort échauffée, ou tirée de si loin, que le harnois, pour peu qu'il soit bon, sauvera la vie de riioninie qui le porte. » [Discipline militaire. )
et des sergents de bande, atin de leur obéir promptement, comprendre le son des trompettes', les batteries des tambourins et leurs signifiances. De même que les forçats de galères entendent ce qu'il faut faire par le seul sifflet du comité'', le soldat doit être prompt et avisé à obéir à la batterie des tambourins, pour marcher en avant, s'arrêter, reculer, tourner le visage à droite ou à gauche.
« Les soldats garderont facilement leur ordonnance, s'ils règlent leur pas sur le tambourin ; car, de tout temps, les batteries des tambourins ont donné vraies cadence et mesure pour accélérer ou retarder l'allure des gens de guerre. Les colonels veilleront à ce que tous les tambourins aient les mêmes batteries pour sonner aux champs, Valarme, la criée de se mettre e?i bataille, pour avancer^ reculer, faire face à droite ou à gauche^ et battre en retraite ; enfin, pour tous les mouvements que la voix d'un chef ne peut transmettre aussi bien que le son de plusieurs tambourins.
2" — Instr7ictio?i de la bande.
« Il y aura réunion des centaines une fois par mois,
' « La cause qui me t'ait ordonner les trompettes pour les gens de pied, c'est qu'elles seront beaucoup mieux entendues que les tambourins ne pourront l'être s'il y a un grand tumulte cl qu'il taille varier les sons; dans ce cas, ce n'est que par les trompettes qu'on se gouvernera. Les Suisses, qui sont les inventeurs des tambourins, ont mis cependant en avant de leurs bataillons des trompettes pour indiquer ce que ces bataillons doivent faire. 11 n'y a pas bien longtemps qu'ils se servaient de grands cors. » {Discipline militaire.)
2 Patron.
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des escadres tous les dimanches, et des chambres à chaque fête; la bande se réunira tous les trois mois, et la légion deux fois par an ' .
« Une bande sera réputée instruite, quand elle saura bien tenir sa place dans toutes les manœuvres, en marchant lentement ou avec diligence ; quand elle obéira promptement aux sonneries, aux signaux des enseignes" et aux cris par lesquels on commande dans une bataille.
« La simple ordonnance de l'infanterie, en Piémont, consiste à former chacune des 10 bandes (de 510 hommes chacune), ordonnées pour le corps du bataillon, sur 102 rangs de S files, puis à doubler les rangs sur 10 ou
20 flles, et à les dédoubler en marchant, soit lentement soit en hâte. Pour que les hommes s'assurent mieux, on leur fem faire limassoji\ en leur recommandant de se bien tenir les uns derrière les autres.
« On dressera chaque bande à prendre sa place dans le corps de la légion. Les piquiers des flancs et les arquebusiers sortiront de l'ordonnance et se mettront sur le côté ; le reste se formera sur 20 rangs de
21 flles : les piquiers en avant et en arrière, les hallebardiers au milieu, sur quatre rangs.
1 Les légions provinciales étaient donc une garde nationale mobilisée.
2 4 On se sert des enseignes aujourd'iiui, plutôt pour faire nombre que pour servir de guide; ce n'était pas ainsi chez les anciens. Il faut que les soldats se gouvernent selon les enseignes, et les enseignes d'à près le son de la trompette du colonel. » [Discipline militaire.)
5 Changer de direction par file.
« Quant aux bandes de 1.000 hommes des légions de France, on les rangera sur 24 rangs de 25 liles chacun; les hallebardiers seront aux 9e, 12% 13^ et IG^ rangs.
« Le capitaine se tiendra à la tête de l'ordonnance, le lieutenant à la queue ; le sergent n'aura pas de place fixe, à moins que le capitaine ne lui en baille une : il devra toujours trotter çà et là dans les rangs, pour faire tenir bon ordre et pour transmettre les ordres du capitaine. Le conservateur de la discipline restera aussi hors rang, pour prendre garde à ceux qui faillent, et les punir ensuite selon les statuts du capitaine. Les tambourins se tiendront prêts à battre leur caisse selon le cri des trompettes du colonel, qui régleront toutes les sonneries.
« Si on dresse l'armée en bataille parce qu'on voit l'ennemi, ou bien parce que, sans le voir, on se doute de son approche, chaque bande devra marcher sûrement et être prête à combattre. Les chefs diront à leurs soldats ce qu'il faut faire, si l'on est pris au dépourvu d'un côté ou d'un autre.
c< On simulera des actions de guerre pour montrer aux hommes comment s'engage une bataille ; comment un bataillon aborde un bataillon ennemi; en quel lieu on doit se retirer quand on est repoussé, et par quelle troupe on doit être remplacé; à quels signes, à quelles sonneries, à quels cris on doit obéir, et ce qu'il faut faire en entendant les cris et les sonneries ou en voyant les signes.