COMBAT DR PARTISANS
Le septième jour, les trois capitaines français se mirent avec leurs gens en embuscade assez près de Romorantin, sur le chemin que les Anglais devaient suivre.
Deux cents cavaliers avaient été détachés des routes du prince de Galles et de la bataille de ses maréchaux, pour courir jusqu'à Romorantin. Les éclaireurs. dépassèrent, sans s'en douter, le point où les Français étaient en embuscade.
« Aussitôt qu'ils furent outre, les Français ouvrirent leur embûche et férirent chevaux des éperons ; or, ils
' Le sir do Craon, messirc Boucicaut et l'Ermite de Cliauniont. 2 Reconnaître cl prendre le contact.
étaient montés sur fleur de coursiers, sur ronçins roides et bien dressés. Les Anglais, qui étaient déjà bien en avant, s'arrêtèrent en entendant galoper derrière eux et se rasssemblèrent pour recevoir le choc.
« Les Français, qui venaient de grand' volonté, bien avisés de ce qu'ils devaient faire et tous serrés, se boutèrent entre eux, les lances abaissées. Adonc les Anglais s'ouvrirent et les laissèrent passer outre, sans que cette charge en eût renversé plus de cinq ou six. Puis ils se rallièrent, se mirent ensemble, et s'en vinrent sur leurs ennemis.
<r: Il y eut là, et tout à cheval, bon poingnis et forte estocade de lances; et dura le boutis moult longuement, et y furent faites maintes belles appertises d'armes. Maints chevaliers et maints écuyers furent abattus des deux côtés, et puis par force relevés et secourus, sans qu'on pût dire à qui resterait l'avantage, tant ils étaient mêlés les uns aux autres et tant ils se combattaient vaillamment. »
Mais alors survint la bataille des maréchaux anglais '. Les Français l'aperçurent, au moment où elle longeait un bois pour les prendre en flanc. Ils se virent perdus s'ils l'attendaient; aussi chacun piqua de son mieux vers Romorantin.
« Les Anglais les poursuivirent ferant et battant, sans eux épargner ni leurs chevaux. »
Le combat avait été rude, « maint homme avait été
' L'avant-oarde.