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LA CAMPAGNE DE FLANDRE DE

Après Charles le Sage, Charles le Fou.

Les premières impressions de ce roi de douze ans lurent des rêves de gloire et de conquête ', et son règne commença par une victoire.

Les Flamands s'étaient encore une fois révoltés contre leur comte, Louis de Maie.

' = Le petit roi de douze ans, déjà fol de chasse et de guerre, courait un jour le cerf dans la forôt de Senlis, lorsqu'il fit une merveilleuse rencontre : il vit un cerf, qui portait, non la croix, comme le cerf de saint Hubert, mais un beau collier de cuivre doré, où on lisait ces mots latins : César hoc mihi donavit (César me l'a donné).

« La faible imagination de l'enfant royal, déjà gâtée par les romans de chevalerie, fut frappée de cette aventure : il vit encore le cerf en songe avant sa victoire de Roosebeke. ■> (Michelet, Histoire de France. Paris. A. Lacroix, 1157Q)

430 CHARLES Yl.

Les oncles du roi, les sires des Fleurs de lys \ réunirent sous l'oriflamme 10.000 lances, avec grant foison d'arbalétriers, de varlets et de routiers à pied ou à clieval, et ils rejoignirent à Arras, au milieu d'octobre, les 20.000 hommes du comte de Flandre.

L'objectif de cette armée était la délivrance d'Oudedenarde, assiégée par le régent populaire Philippe d'Arteveld ' et par les contingents de toutes les villes et de tous les villages de la Flandre insurgée.

Depuis Aire jusqu'à Courtray, les ponts de la Lys

* Nous en connaissons trois, depuis Poitiers :

L'ainé, le duc d'Anjou, nommé régent du royaume, avait fait main basse sur le trésor péniblement amassé par Charles Y;

Le duc de Berry avait ajouté le gouvernement du Languedoc et de l'Aquitaine à ses apanages d'Auvergne, de Poitou et de Berry;

Pliilippe le Hardi, duc de Bourgogne, s'était attribué la Normandie et la Picardie.

Le quatrième était le duc Louis II de Bourbon, oncle maternel de Charles V ; après être resté huit ans en Angleterre comme otage, il était devenu l'ami et le compagnon d'armes de du Guesclin.

- C'était le fils de ce célèbre Jacques d'Arteveld, capitaine de la corporation des brasseurs de Gand, qui s'était substitué au comte Louis de Nevers, pour engager, en 1340, la Flandre dans l'alliance anglaise. Jacques, après avoir été l'idole du peuple flamand, en était devenu la victime; il fut assassiné dans une émeute, en 1343. Le fils « n'avait point été nourri de jeunesse à faire guerre ni siège, mais à pêcher à la ligne dans les rivières de Lys et d'Escaut ». Il n'en commandait pas moins les Gantois, et il formait, avec Pierre du Bois et Pierre de Vintrc, un redoutable triumvirat militaire, « à qui toute la Flandre était obéissante, excepté Tenremonde et Oudenarde ».

Philippe d'Arteveld tenait état de prince et battait monnaie à Gand. On a conservé des écus de cette époque, portant le lion de Flandre avec cette devise: ' Libéra Gandavorum respuhlicn. Régente Artevelde ».

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