CORPS D'ÉLITE
Les Grecs ont des troupes d'élite. Chez les Thébains, c'est le bataillon sacré des 300 jeunes gens, les plus agiles et les plus braves de la cité, qui doivent combattre au premier rang de la phalange. Placés à l'aile droite de l'armée grecque confédérée, ils périssent tous à Chéronée, sous les coups des Macédoniens (338 avant J.-C).
Les vétérans de Philippe sont la réserve de son armée. Au moment décisif, ils se forment en colonne serrée, en joignant les boucliers. Plus d'une fois, ils ont ressaisi la victoire compromise.
Alexandre est gardé par 8 escadrons dihétères richement armés ; ce sont les fils des plus grandes familles de la Grèce, dressés, dès leur enfance, aux exercices du corps et au maniement des armes {maison du Roi; chevaliers-gardes) .
Vingt-cinq hétères sont tués au passage du Granique ; Alexandre fait élever à cliacun d'eux une colonne de bronze.
MACniNES DE GUERRE.
L'armée d'Agathocle, celle qui brûla ses vaisseaux en abordant en Afrique, a, sous les murs de Carthage
IVt ORGANISATION MlMTAlRp: DES GRECS.
(311 avant J.-C), des balistes, dont elle dirige les traits contre les chars ennemis.
La baliste est un grand arc, monté sur un pivot. Une ouverture pour le passage du trait est pratiquée entre deux montants verticaux, assemblés par une double traverse horizontale. Deux écheveaux de nerfs tordus, fixés verticalement aux traverses, donnent la force d'impulsion. Dans chaque écheveau, s'engage le bout d'un levier, que la torsion des nerfs maintient écarté de l'axe. Les deux leviers sont réunis, à leur extrémité extérieure, par une corde résistante.
Racune. d'après Ambroise Tardieu.
Cette corde est bandée au moyen d'un moulinet, le long de la rigole, en bois ou en fer, qui contient le trait.
Elle est pincée, au maximum de sa tension, par un crochet de fer. En relevant le crochet, la corde se dé tend, et le trait part avec une force irrésistible.
C'est le canon des anciens.
MACHINES DE GUERRE. o3
A Mantinée, des catapultes sont disposées dans les intervalles de la phalange.
Cette machine, employée pour la première fois par Denys de Syracuse (403 avant J.-C), lance des boules de pierre ou de métal.
Sur un large plateau quadrangulaire, supportant un sommier oblique, est disposé un gros écheveau de nerfs tordus. Un fort levier (style), engagé horizontalement dans l'écheveau, est terminé par un récipient qui reçoit le projectile; ou bien il supporte, à son extrémité, une longue fronde en corde nui, au repos, tombe verticalement.
lUuLLNB, d'après Ambroise Tardieu.
Fig 10.
On bande le style, on lui fait prendre une position horizontale, puis on l'arrête au moyen d'un encliquetage.
Si l'on fait jouer le ressort, le style reprend violem-
meut la verticale et lance, en bombe, jusqu'à 530 mètres, des boulets de 80 kilogrammes.
C'est le mortier.
On avait soin de matelasser le sommier oblique, pour qu'à chaque coup le style ne lut pas rompu pai le choc (Fig. 57).
Balistes et catapultes étaient portées sur des chariots attelés et pouvaient facilement être conduites d'un point à un autre de la ligne de bataille '.
L'attaque et la défense des places n'entrant pas dans notre progamme, nous donnerons seulement la nomenclature des machines de guerre, inventées par les Grecs et conservées par les Romains.
C'étaient : les mantelets portatifs ou roulants, qui permettaient aux assiégeants de s'approcher du rempart à portée de trait;
Pelisse, d'après Ambroise Tardieu, Fig. H.
La cheloné, galerie roulante, qui abritait les mineurs,
ï Le savant directeur du musée de Saint-Germain, M. Alexandre Bertrand, a reconstruit, d'après les textes anciens, ces curieuses machines. Il les a essayées et elles lui ont donné des résultats extraordi-
MACHINES DE GUERRE
et qui contenait les matières incendiaires, destinées à ouvrir la brèche;
Le bélier roulant ou tarière ;
Les hélépoles, tours en charpente à plusieurs étages, avec meurtrières, pont-levis au sommet, bélier à la base ;
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Pelisse, il après Ambroise lardieu.
Fis. 12.
Le corbeau démolisseur et le tollénon, inventés par Diades, mécanicien d'Alexandre le Grand (Fig. 13). La prise d'une ville était le plus beau fait d'armes
naires. Les servants arrivent très-vite à la justesse. La portée et la pénélralion des projectiles sont considérables.
C'est une des nombreuses attractions de ces précieuses archives de l'histoire ancienne, où les armes offensives et défensives, trouvées dans les sépultures, dans les lumuli de la France, de l'Italie et de l'Autriche, nous révèlent, mieux que les historiens, la tactique des Romains et celle des Gaulois.
d'an général grec, et le siège de Tyr, attaquée à la fois
Pelisse, d'après Ambroise Tardieu.
Fig. 13.
par terre et ^^ar mer, mit le comble à la gloire de l'armée macédonienne (333 avant J.-C.)