‹ Les batailles d'autrefoisChapitre 41 sur 203 · ENSEIGNES · texte numérisé non relu

ENSEIGNES

La légion avait quatre enseignes générales : l'aigle, le loup, le minotaure et le sanglier, portées par des officiers éprouvés {aquiliferï) (Fig. 34) et gardées par des soldats d'élite [ayitesignani, postsignani), qui se pla-

Icur ennemi pouvait avoir de la supériorité sur eux, et d'abord ils y menaient ordre.... Si quelque nation tint de la nature ou de son iiislitulion quelque avantage particulier, ils en firent d'abord usage. Ils n'oublièrent rien pour avoir des chevaux numides, des archers Cretois, des frondeurs baléares, des vaisseaux rhodiens.,.. »

(.Montesquieu, Grandeur et décadence des Romains, ch. 2.)

Nous verrons les rois de France, à l'exemple des Romains, prendre successivement à leur solde les archers génois, la cavalerie albanaise, hongroise ou écossaise, l'artillerie milanaise, l'infanterie suisse, les lansquenets et les reilros allemands. Eux aussi adoptaient les institutions étrangères, quand ils hs trouvaient bonnes.

SIGNAUX

çaiont, avec elles, en avant du manipule des triaires de la 1" cohorte.

La cohorte et l'escadron ( turma ) avaient le {vexiiiian), lanion carré, de couleur éclatante, suspendu à un bâton fixé en croix au bout d'une lance (Fig-. 38).

Le manipule avait pour guidon {sigman) une pique terminée par une main ouverte; la hampe supportait les couronnes, gagnées sur le champ de bataille ou dans les assauts.

Pelisse, d'après A. Tardieu.

Fir. 34.

SIGNAUX

Les signaux, de jour ou de nuit, des manœuvres et du combat, étaient donnés par des instruments différents :

Le clairon (tuba), cône allongé, à étroite embouchure, en os d'abord, puis en airain, faisait les sonneries du service de jour; il indiquait le réveil, les distributions, les repas.

Il y avait deux repas pour les vingt-quatre heures : le déjeuner, très-léger, mangé debout {statariiim prandium) et le souper {cœnd), qui réunissait l'escouade ; les vélites venaient prendre part au souper.

Au combat, le clairon donnait le signal de l'attaque, de la poursuite ou do la retraite.

<08 ORGAMSATIOiN MILITAIRI-: DES ROMAINS.

La corne {cormi) était une corne de bœuf à embouchure de métal ; plus tard, elle fut en airain. Elle sonnait aux porte-enseigne, et indiquait le moment de planter ou d'enlever les aigles ; elle sonnait le ralliement.

La trompette (buccma) était un instrument recourbe comme un cor de chasse ; une barre transversale, de 0'",50 environ, réunissait ses deux extrémités. Elle faisait les sonneries du service de nuit, et indiquait les veilles *.

Gin. HiBAUi, d'après la colonne Trajane. Fig. 35.

Au combat, elle sonnait la charge.

Le lituiis, long tube d'airain, un peu recourbé à son extrémité supérieure, avait un son perçant : c'était la trompette de la cavalerie.

* • Et jam qitarta canit venturam burcina lurem. » Il y a, au musée de Saint-Germain, une Irompolle romaine en airain, dans un parlait Olat de conservation.

SIGNAUX. -109

Chaque cohorte avait des musiciens {tibicines, cornici7ies, etc.), qui, en route, marchaient en tête. Ceux de la légion campaient à côté du légat ou du tribun qui la commandait.

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