LA FILLE COUPABLE
Et si le monde trop se'vère , Des maux que tu souffris n'alle'ge pas le poids, Console-toi toujours : du monde rebutée , Prends ton fils , ton cher fils, et dis-lui, transportée : »t Enfant , que le malheur ne nous abatte pas!
He'las ! un traître nous délaisse; Mais au-dessus de nous un père,- avec tendresse, Veille encore sur toi : repose dans mes bras !
Si jusques au sein de la tombe ,
La honte nous suit ici-bas ,
Enfant, innocente colombe , Le ciel plus indulgent ne te condamne pas. »
Rappelle dans ton cœur l'espérance bannie : Oui , le cœur d'une mère est au-dessus du sort ,
Quand elle embrasse , avec transport , L'enfant qu'elle chérit et qui lui doit la vie. Que du fond de l'abîme oii te plonge une erreur , Naisse encore pour toi des momens d'allégresse , Et qu'un jour le destin , apaisant sa rigueur ,
Dans le calice de douleur
Dont il abreuve ta jeunesse ,
Mêle une larme de bonheur !