CHAPITRE IX
Nous disions précédemment que la stabilité et la visibilité étaient les deux coefticients les plus importants de la navigation sous-marine. En réalité, ces deux facteurs — et nous pouvons dire môme, toutes les conditions multiples de la navigation sous-marine — sont subordonnés à un troisième facteur non moins important, la force motrice.
Il semblerait, à première vue, que le choix d'un moteur convenable pour un sous-marin soit assez facile, car ils sont nombreux ceux qui, dans l'espace qui pourrait leur être attribué, développeraient une puissance bien plus que suffisante à produire le mouvement du navire. Mais considérons un peu ce navire dans sa position spéciale d'utilisation, c'està-dire quand il est entièrement submergé. Il est clair que bien des machines — et nous pouvons dire tout de suite que toutes les machines thermiques que nous connaissons et appliquons de manière courante — seront hors d'état de fonctionner normalement dans une telle position.
La question semble alors présenter deux solutions peut-être possibles : ou bien déterminer et adopter un dispositif spécial permettant au moteur thermique de fonctionner dans des conditions anormales pour lui; — ou bien choisir un autre moteur tout différent dans son principe et son ordre de marche.
L'étude du premier cas avait conduit à Tessai de moteurs à feu munis d'une cheminée que terminait un appareil spécial
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par où les gaz do la combustion pouvaient s'échapper à travers Teau, à la condition que Ton maintint dans le moteur une pression supérieure à la pression de Teau augmentée de la pression de Tatmosphère. Sans insister sur les difficultés de construction et d'emploi que nécessiterait une semblable machine, venons tout de suite au point capital.
Tout moteur thermique dépense un combustible quelconque
— charbon, pétrole, gaz..., — il absorbe donc, pour la rejeter au dehors sous forme de gaz, un certain poids de matière préalablement embarquée et, par suite, par son fonctionnement même, modifie continuellement le poids du navire dont il assure le mouvement. La flottabilité — toujours assez faible
— de ce navire est donc, d'instants en instants, modifiée dans de notables proportions, et il est pratiquement impossible de compenser au fur et a mesure les pertes de poids par des adductions d'eau dans hîs réservoirs; il en résulte que la stabilité disparait, que la trajectoire se déforme et que la conduite du bateau devient impossible.
Si nous ajoutons à cela que la combustion absorbe en grande ({uantité Tair si précieux dans un navire immergé et, de plus, laisse échapper dans Ic^s parties habitées de ce navire des gaz délétères susceptibles de compromettre la santé et la vigueur de l'équipage, nous en avons dit plus qu'il n'en faut pour démontrer l'impossibilité d'employer en immersion un moteur thermique. Quelques chiffres, du reste, vont nous permettre de le démontrer.
Prenons, par exemple, un sous-marin dont la durée d'immersion sera d'environ une heure, et employons, pour marcher ainsi en vase clos, une bonne machine à vapeur ordinaire de 500 chevaux dépensant en moyenne 1 kilogramme de charbon par cheval-heure. Nous aurons, en estimant à 20 kilogrammes en chiffre rond l'air nécessaire pour assurer la combustion de 1 kilogramme de charbon, i.UOO kilogrammes d'air, soit S.OiJO mètres cubes d'air comprimé à 100 kilogrammes dans un réservoir de 80 mètres cubes de capacité.
(Juant aux variations de poids que subira le navire immergé,
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