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Les bâtiments de l'ancienne faculté de médecine de Paris rue de la Bûcherie

Avant que les maçons donnent leur premier coup depwchsa 1 immeuble situé au coin des rues de la BÛchene et de 1 Hotel-Colbert, et qui fut le berceau de notre Facùlté, j'ai tenu à refaire le pèlerinage que i’avais déjà fait bien des fois et à me reporter par la pensee a plus de quatre siècles en arrière. Que, mus par un sentiment bien naturel, des confrères et des amis du Vieux Paris aient poursuivi avec passion et dévouement le rachat de nos vieilles demeures, c est un sentiment que nous comprenons; mais, après examen et reflexion, nous nous demandons si cette acquisition était bien necessaire, tant au point de vue de l’art qu’à celui de la destination qu on lui reserye. A part l’amphithéâtre, dont la façade rappelle quelques souvenirs et dont le dôme surmonte l’immeuble, nous ne voyons rien, au point de vue artistique, qui mérite d’être conservé. En pénétrant dans la cour du n° i5 de la rue de la Bûcherie, on est péniblement impressionné de se trouver en présence d’une façade de plusieurs etages, dont le rez-de-chaussée est percé de quatre baies d’architecture ogivale et dont l’une fut jadis la porte d’entrée de nos Ecoles. D énormes poutres soutiennent cette façade qui menace ruine et, n était une brave concierge, on n’y rencontre âme qui vive. Les laveuses de

linge ont disparu, et c’est un silence de mort qui règne dans cet endroit, où retentissaient jadis les belles périodes cicéroniennes de Guy Patin et, dernièrement encore, les battoirs des lavandières.

L'installation primitive des Ecoles de médecine s’était faite à côté des Écoles des arts, dans une rue qui prit le nom de rue des Escholes ou des Escholiers, puis, en t3oo, celui de rue du Feurre , à cause de la paille, feurre ou fouarre, dont elle était couverte et sur laquelle s’asseyaient les écoliers pour écouter les leçons.

La première acquisition authentique remonte à la date du 24 mai 1369, qui mentionne « l’acquisition d’une maison tenant vers la rue

.des RatsL » , , „

Le 14 mars 1431, une maison, maison de la Couronne-de-Fer, située au milieu du clos Mauvoisin, fut vendue par criée à Mahiet La Brodde, marchand et bourgeois de Paris 1 2 . Le 12 février 1452 ou 1453, cette maison fut revendue à Guillaume de Ganteleu, docteur en

décrets. , . ,

Le jeudi 28 novembre 1454, les maîtres regents étant reunis, selon leur coutume, autour du bénitier de Notre-Dame, Jacques Desparts, maître régent et doyen, proposa de demander au roi le don d’une maison pour ^installation des Écoles et il donna l’exemple de la générosité en offrant 3oo écus d’or. Il mourut le 3 janvier 1458.

Guillaume de Canteleu étant mort en 1467 ou 1468, ses héritiers abandonnèrent la maison aux religieux Chartreux, à condition de fonder un obit en faveur de Guillaume de Canteleu. « Cette maison est à l’opposite de la Fleur-de-Lys ; elle tient à la maison de 1 Image- Sainte-Catherine, ayant appartenu à Olivier Donjon, et d aultre part à la maison des héritiers Thibaut de la Marre; elle est contiguë par derrière à la maison de Guillaume de Celsoy 3 . »

Le 20 mars 1469, la Faculté arrêta « qu’elle achepteroit des Chartreux une vieille maison size enlaruë de la Bûcherie..., joignant une aultre maison acquise par ladicte Faculté longtemps auparavant sçavoir l’an i36g, le 24 may, tenant vers la ruë des Rats. Ce qui fut fait pour le prix de dix livres tournois de rente annuelle, payable aux

C Ces^aux dates des samedi 24 mars 1469 et vendredi 8 avril qu’eut lieu la vente de cette maison par les Chartreux aux doyen et maîtres régents. Le contrat est aux Archives nationales (S. 6209). « Ceste

1. Du Breul, le Théâtre des Antiquités de Paris, i63g, p. 56a. — La rue des Rats est devenue la rue de l’Hôtel-Colbert.

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