‹ Les BéatitudesChapitre 8 sur 59 · TûBIE, IV · texte numérisé non relu

TûBIE, IV

2. Divitias qui non habcnt et haberc desiderant, inter reprobandos divitcs computantur. (IV, iGb-j.)

l() PREMIERE BEATITUDE

diant en haillons qui me demande l'aumône avec un cœur ulcéré par l'envie, et qui me jette l'injure si je la lui refuse, ce n'est pas un pauvre, c'est un riche ; ce n'est pas un pauvre de Dieu, c'est un mauvais riche, c'est un riche de l'enfer.

Y en a-t-il beaucoup parmi nous, de ces pauvres qui déshonorent la pauvreté? Y en a-t-il un grand nombre qui semblent destinés, avec le saint exilé de Babylone, à nous faire comprendre, comme par un commentaire vivant, la parole évangélique :

Beati pauperes? C'est là, mes Frères, une question que je ne toucherai pas et que Dieu seul, qui voit le fond des cœurs, peut infailliblement résoudre. Je dois me borner à la question toute pratique que je vous ai annoncée. Quels sont les dangers de la richesse ? Et pourquoi Notre-Seigneur Jésus- Christ, pourquoi l'Église assurent-ils de si grands, de si constants privilèges aux pauvres et à la pauvreté ?

Ah! mes Frères, la réponse est facile : c'est que, pour quiconque possède en abondance les biens de ce monde, jusqu'à pouvoir se passer, pour vivre, du travail de ses mains ou de sa tête; pour ceux-là, le pas est glissant, de cette richesse qui est selon Dieu et qui suppose le détachement du cœur, à cette richesse qui emprisonne le cœur loin de Dieu et le retient, captif volontaire, loin des voies qui mènent à la béatitude. Ecoutez l'Esprit-Saint : « Etesvous riches? Cela suffit, vous êtes en danger. Multos enim pe?\iîdtt auriim et argentitm. Beaucoup ont été perdus par l'or et par l'argent. ' )> Aimez-vous vos richesses ? Il n'en faut pas davantage, vous êtes déjà coupable,: « Qui auriim diligit îiou justi/icLî-

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