‹ Les Béatitudes [microforme] (volume 2)Chapitre 1 sur 1 · Mathien, V. sw · texte numérisé non relu

Mathien, V. sw

Vous aves pris en conséquence vos généreuses ré solutions : plus que jamais, vous traverserez ce monde éphémère, l’âme détachée, le cœur libre, vos regards fixés sur le ciel; plus que jamais vous apparaîtrez ici-bas comme des visions d'en haut, raxyonnantes de douceur, de miséricorde, dꝰ esprit pacifique, ainsi que de reflets divins; plus que ja mais Jane aures faim et soif de perfection, allant toujours de vertu en vertu, de progrès en progrès ef tendant sans cesse, avec une nouvelle ardeur, wen ideal vivant de toute justice et de toute sonté n'est le Cœur adorable du Fils de Dieu, fait homme..C'est fait; votre élan est pris: et voici qu’une foie encore le divin Maître fait entendre sa voix! I sait du regard la route qui vous reste à par. courir; il considère les épreuves de tontes sortes aul wong aftendent, déceptions, peines de cœur, i 222! RU Se PRIE N r

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eusement récompensées ! st Comment ? — Leg réponses ont

une douceur infinie; elles sont les plus consolantes jamais entendues ; Ô Dieu alles; qu’elies volent auprès de toutes les âmes qui souffrent; qu'elles atteignent surtout, en ce temps de de eruelle

fance dans celui qui 1 Sans doute les cohsoi:

compter sur leur désinarfaits, quelle est leur

autorité pour relever dans une âme la foi et l’espérance ?

Les consolations de la terre sont cruellement in: uffisantes ; elles se bornel.t à des formules vides, à des condoléances banales, à des vœux sans portée, et souvent à de simples démonstrations de communde comme celles de la foule qui remplissait la maison de Marthe et de Marie, sœurs de Lazare, quand leur frère venait d’être emporté au tombeau.

D’autres fois, les consolations de ce monde sont dangereuses: si elles sont trop tendres, trop sensibles, elles amollissent le cœur; elles flattent l’amour-propre; elles troublent l'imagination ; elles finissent par absorber la pensée et détournent de Dieu.

Qui vous donnera dans vos peines le consolateur dont vous avez besoin, aussi saintement dévoué qu habile à vous donner lumière, forces et courage? Ah! sans doute, cette voix Consolatrice vous l'avez entendue solvent tout près de vous; c'était celle d'une mère, d’une sœur, d’une pieuse amie, d’une religieuse qui vous connaît depuis votre petite enfance et qui vous est restée fidèle, d’un prêtre enfin . qui vous dirige depuis de longues années e“ qui est vraiment le père de votre ame. Mais ces dé. vouements fidèles, éclairés, délicats, qui les a suscités pour vous? qui leur inspire la parole qui vous convient ? qui les remplit d’une charité pour vous, grandissant avec les épreuves ? N'est-ce pas le Dieu de toute bonté ?. N'est-ce pas Lui qui vous encourage à consoler vous ? 188i. les Ames que vous aimez quand la souffrance les afflige à leur tour ? Mest⸗

et ils deviendront vos Simon le

Véronique du visage divin, sur le chemin des grandes douleurs; et les anges, les saints vous consoleront suavement, tendrement, respectueusement, Comme Véronique consolait son Dieu Jesus pour VOS Lonsoler vous antoure de ses anges et de ses Wints; il fait plus, il vous donne sa sainte Mere

elle-même! du haut de sa croix, oubliant ses pro-

En

pres souffrances, ii considère le disciple bien aimé, n’en pouvant plus de douleur ; II Jui dit, il vous dit à toutes en sa personne, à vous particulièrement les âmes affligées, en vous montrant sa Mere: ecce Mater tua et il lui dit à elle, sa mère ineom en lui montrant votre âme : Dooe filius tuus / Voilà ton enfant! Notre-Dame des Sept-Douleurs est la consolatrice par excellence; elle connaît vos douleurs; elle en a été accablée avant vous; elle vous ccmpredre. En même temps, c’est une mère, la meilleure des mères, celle que Dieu a choisie pour son Fils bien aimé, et dont il fait la vôtre, Fece mater tua! Elle voudra vous consoler à tout prix; je vois les pèlerins de la vallée des larmes côurir à elle de toutes parts, remplir ses sanctuaires; Notre-Dame de Bon Secours à Montréal, Notre- Dame des Victoires à Paris, Notre-Dame du Pilier en Espagne, ah! il faudrait en citer 2 nombrables, et partout les murailles sous les ex- voto; mille lumières disent la pe mi des âmes meurtries ou la gratitude de celles qui déjà sont exaucées ; l'Eglise tout entière à genoux, baignée de larmes, salue la T. Ste Vierge du nom le plus doux qu'aucune créature ait jamais méfttee: Cünsolatris afflictorum, ora pro nobis / O Consütatrice des affligées, continuez done de prier pour nous au ciel, tandis que nous continuons de souffrir sur terre. Heureuses épreuves qui nous ont valn une telle,mère pour nous consoler !

Vol les consolations que Jesus a données à ses enfänc.: tant de cœurs bons et délicats autour de vous, les êtres chers que vous avez perdus et qui

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veillent sur vous du haut du ciel, vos saints patrons, vos saintes Patronnes, vos anges gardiens, tous les élus, tous les anges attentifs & vos invocations pour y répondre par d’ardentes prières, la Reine des anges et des élus, la Mère de Dieu dont l'immense tendresse na d’égale que son crédit sans bornes, près de la Toute Puissance de Dieu! Ah! si nous y songions toujours! quelle peine, quel malheur, quel effroyable Catastrophe pourrait nous . te'rasser ? : et

Et comme si ce n’était rien encore, je vois aceourir vers vous, quand vous êtes dans les larmes, qui donc? votre Sauveur lui-même, les bras tendus, eomme deux d'un père, Je cœw> brûlant de charité, eomme celui d'un Dieu. Place à mon amour !

c’est moi qui veux consoler mon enfant! Le voilà, comme il apparaissait à anie, après la mort de Lazare, pour consoler ses sœurs en sanglots. Magister adest et vocat te Le voilà! il vous appelle! parlez, priez, pleurez, dites vos peines, expri. mez vos espérances; que voulez-vous ? C’est ainsi qu’il vient par la sainte communion dans chacun dé vos cœurs brisés, c’est ainsi qu'il prend part à vos peines; infremuit opiritu ! il s’émeut, en voyant Marthe et Marie seconées par les larmes, il tressaille, il pleure à son tour... ah! qui dira la profondeur de sa compassion pour chacune de vos tristesses, pour chacun de vos deuils, quand vous venez les lui dire dans une visite au ‘Saint-Sacrement ou dans une communion fervente ? Non! il n’a pas été donné aux anges eux-mêmes de jouir d'une plus grande prédilection. Jésus votre Dieu

veut être votre consolateur. Quand yous pleurez, c’est Lui de sa main divine qui veut essuyer vos larmes; quand vous fléchissez sous votre lourde Croix, c'est Lu. qui veut a porter avec vous; quand Viendra le crucifiement total de la mort, c’est Lui qui soutiendra votre Ame dans les suprêmes déchirements et la recevra dans le ciel. Oui! 6 Jésus! lieureux ceux quf pleurent, depuis que vous êtes

même! Et comment ?

venu sur terre! Vous daignez les consoler vous-

5 uit

"C'était: notre seconde question; mais n’ést:elle: pas inutile ? Puisque Dieu même veut nous consoler dans nos épreuves, ne nous suffit-il pas de le savbir pour nous sentir désormais au-dessus de tous les découragements ? D'ailleurs: comme on Pa

dit; s'il m a qu'un Credo pour 14 Foi, il y en a mille pour Ia douleur; Diet a des consolations innombrables; i en a de spéciales pour toutes nos souffrances; c'est à chacun de nous de formuler’ son Credo, quand sonne l'heure de Pepreuve! Je crois, Seigneur; que vous aver fel rémède et telle conselatiom pour cette nouvelle souffrance de mon mme en détresse”

t cependänt, il faudrait ponvotr dire, A la gloire de notre bien aimé Redempteur, quelques-unes de ses misérleordfeuses interventions duns les ‘épréuves st variées de notre vallée de larines:

Deotte-Le: IT vent consoler chaque genre de

sbüffrincon. N. prébtse ses appels. Peut-être aller.

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Je vous en donnerai au eur parfait, moi votre

Venen à mol et vous serez consolés, chers petits orphelins, vous qui pleurez, parce que vous n’avez Plus hi père ni mère; ils sont morts ou ils vous ont abandonnés; et vous pleurez parce qu’à votre âge on a besoin d’un père et d’une mère pour vivre et pour grandir; vos petits camarades, vos compagnés ont toujours les leurs ; VOUS, vous n’avez plus les vôtres ; et ipsi consolabuntur! ah ! cansoléz-vous !

g vous vous reconnaître dans le plus touchant t d’entre ire ES - a La TRS 333 3

nes gens, Ames de jeunes filles, encore à vos premiers pas dans la vie et deja cruellement blessées: vous croyiez avoir trouvé Votre avenir et il vous échappe; Dieu avait beni vos fiançailles et la mort 4. tout brisé; vous désiriez ardemment vous consa-

Srer:à.secourir, à aimer votre Sauveur dans la per-

sonne.des pauvres, des malades, des vieillards abandonnés: d'inflexibles. volontés s'y opposent. ‘Venez A moi, et je vous .consolerai, moi, votre Dieu; je vous ferai voir une autre route à suivre, des moyens encore plus beaux d'utiliser vos. e e

élans; je vous ferai mettre tout votre bonheur à. réaliser, comme moi, la volonté de mon Pęre; ce. tait ma nourriture, quand Jetais sur terre, et ce sera la vôtre. Vous goûterez Vous aussi comment Tamour en fait Paliment le plus délicieux qui-soit, au monde! re. ere

Venen à moi et je vous consolerai, vous qui pleurez d'être seules dans la vie, sans famille, sans affection, et moi, votre Dieu, je vous tiendrai lieu de tout; et moi, votre Dieu, je vous enseignerai à vous créer de pures et douces affections, en vous - dévouant à de plus malheureux que vous; je vous montrerai le ciel ouvert et, là-haut, les plus saints, les plus tendres des êtres s’attachant à vous, à mesure que vous devenez Plus ferventes; peut-être vous ferai-je trouver sur cette terre quelqu’une de mes familles religieuses qui se réjouira de vous compter au nombre de ses membres; combien d’âmes, douloureusement isolées. dans le monde, Mont trouvé une paix ineffable ! 7

: Venez à moi vous qui avez une famille, un foyer, mais comme si vous n’en aviez pas; vous qui êtes incomprises, rndoyées, délaissées peut-être par celai qui devait faire votre bonheur et qui vous cause vos pires. souffrances; vous aussi je vous consolerai; je vous apprendrai à reconquérir votre mari, ou à le supporter avec une patience angélique, ou, s’il faut vous en séparer, à prendre sans amertume ni haine les pénibles décisions qu’imposeront peut-: être votre dignité, votre salut ou le: *nhéur de vos enfants. 8 5

. Venez à moi, vous au: contraire qui avies tout: pour être heureuse, la fortune, l'affection d’un mari parfait, la tendresse d'un père et d’une mère qui continuaient de vous entourer de leurs conseils et de leur. dévouement: maintenant vous n'ayez rlus rlen; votre fortune a été engloutie dans un desastre impossible à prévoir: votre mari est mort;

eee vertus, par leur aff Mon

doucirai moi-même vos douleurs ; je vous rendrai dans l'éternité ceux que vous avez perdus, Je suis la Résurrection et la vie?

Venez à moi, vous qui dites: “ hélas! ces douces espérances me sont interdites; mon mari ne pratiquait plus sa religion; mon pauvre enfant Pavait abandonnée; la mort les a surpris, sans leur laisser le temps de recevoir Pabsolution.“ Vous aussi, je

vous consolerai; ne Sa vez: vous pas qu'entre l’avantdernière minute d’un mourant et l'éternité, il y a un Océan, celui de ma miséricorde ? — vos prières Pour leur conversion ont touché mon cœur; ils se sont vus mourir; ils ont fait un acte de contrition Parfaite; ils sont sauvés! “

Venez à moi, vous qui dites, le front bas et toute confuse : “c’est moi qui suis coupable, je suis indigne de vos grâces! ma conscience est bourrelée de remords!” Venez, vous aussi, âme pécheresse, mais contrite; les plus belles larmes, après

telles de l’amour qui n’a Jamais péché, sont les larmes du repentir! — Non! je n’éteins pas la mè- Che qui fume encore ; je ne brise pas le roseau à demi rompu! 6 Marie-Madeleine, baise e Haix les pieds divins que tu arroses de tes parf, et de tes larmes: il est beaucoup pardonné à quiconque aime beaucoup son Dieu et son Sauveur.

Et Jésus-Christ. continue toujours, n’oubliant aucune souffrance. - 8 8

Venes à moi, vous les déshérités des biens de ce monde ét je vous consolerai en vous montrant ma crèche et ma croix; en ai préféré l’horrible dé-

à — li — |

nnment à toutes les richesses de la terre; ah! c’est donc bien vrai! la pauvreté vaut mièux pour le ciel que tous les trésors du monde.

Venes, vous les malades, les infirmes, les âmes meurtries et je ‘ous consolérai en vuus guérissant comme à Lourdes, ou en vous rappelant mes souf. francés qui ont surpassé toutes les vôtres; tependant je les ai accéptées, voulues, endurées avec Pätience, par amour pour vous, comme je vous demande de supporter les vôtrés par amour pour moi! :

Veneg, vous, qui vous scandalisez de vos épreu:

de tes

vons qui secouez la tête krlstement et qui dites : Non, sans dote:

a toujours; il vous répond :

Le soûfftaniée purine. “ Quänd Pautel est sowilté,

„Ia douleur est l’encens ! ” La souffrance rend meil-

leure, même l'âme déjà très bonne elle attendrit le cœur, elle émousse l’amour-propre, elle apprend ‘à consoler les autres, en faisant connaître, par lexpérience personnelle, ce qui les touchera davantage: elle multiplie les mérites de toutes sortes 3 courage, et réjouis-toi, O Ame chrétienne! parce que tu souffres, tu prieras avec plus d’élan, tu communieras avee plus d'amour, tu deviendras cha que jour plus résignée, plus humble, plus riche de foi, d'espérance, de charité, de vertus héroïques ; tu avais la sainteté d’une âme d’épouse, de mère, de religieuse; tu auras maintenant la sainteté du martyr; que dis-je? tu deviendras semblable à ton Dieu sur la croix!” Plus une âme souffre et plus elle participe aux mérites, et à la sublime beauté de l’Homme-Dieu crucifié. Marie est la plus sainte de toutes les créatures parce qu'aucune n’a souffert comme Notre-Dame des Sept-Douleurs sur le Calvaïre. Ah! quelles transportantes consolations !

Jésus-Christ en a d’autres encore. II vous dira, à vous qui vous croyez inutiles, ou à charge aux autres, à cause de vos souffrances, qu’elles vous réndént au contraïre les âmes les plus utiles qui Zalent sur terre, les Ames victimes, les Âmes co- Rédemptrices, les âmes qui sauvent le monde avée Lui! „0 mes enfants, vous crie-t-il, ne perdez pas une Seule de vos larmes! je les recueille et je les offre à Pie, mon Pere, ayet Mot sang du Calvaire, Pr Salt du monde!” : | U ons dira à vous qui avez tant-prié pour la “conversion d'un être aimé et qui le voyez toujours

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|. s’endurcir dans son indifférence ou dans son inconduite: “ Rappelle-toi Monique et on Augustin;

du flls de ses larmes, jai fait un 81 saint, un illustre Pontife, le premier des Pères de Eglise — Pleure, prie, persévèére: toi aussi tu verras d'admirables transformations dans l’âme qui t'est si Chère ! 5 rt

Ah! consolez-vous, vous surtout qui souffrez les | pérsécutions de ce monde, à cause de votre amour pour Dieu; vous, femmes chrétiennes qui supportez la froideur, les dures paroles, les scènes pénibles d’un mari qui n’accepte pas la Loi de Dieu et qui veut vous imposer la sienne ; consolez-vous, tres. saillez de joie vous qui êtes tenues à l'écart, contredites, calômniées peut-être, à cause de la fermeté de vos principes, ou de la piété de vos pratiques, ou de la générosité de vos œuvres: vous serez heureuses, dès ici-bas, verges par les Juifs d'avoir été jugés

e ad Consummatiosuis av

vivants sur l’autel on je continue pour vous l'immolation du Calvaire. Je suis avec vous, par la grâce toute puissante de mes sacrements; je suis avec vous, en personne et tout entier dans mon Eucharistie! Beati qui lugent quoniam ipsi conso: labuntur ! Bienheureux ceux qui pleurent! Dieu Ini meme s’est fait leur consolateur et avec les moyens les plus suaves, les plus extraordinaires et les plus efficaces, a ö

Pallais finir, Mesdames; mais est-ce que la parole de Jésus-Christ ne s’applique pas aux nations comme à chacune de nos âmes ?

O France, toi aussi tu souffres ! tu verses des lar-

mes de sang sur ton nouveau Calvaire; mais console-toi! jamais tu n’as paru plus grande! jamais tu n’as été plus aimée! tes souffrances te purifient ! tes souffrances font resplendir tes trésors de bravoure, d union sacrée, de patriotisme, de foi ignorée! tes souffrances Font valu de sentir battre pour toi plus ardemm̃ent que jamais les âmes de tes filles et de tes fils qui te restent fidèles dans le monde entier! puissent tes souffrances t’obtenir encore Pamour de Dieu, l'antique et vive foi, V’élan pour le Christ qui fut autrefois ta fierté, ta gloire et ton bonheur! — Sauvée par tant de sang répandu, sauvée par les larmes de Marie, reine de France, puisses-tu redevenir la fille aînée de l’Eglise, pour la gloire du Cœur de Jésus, pour la consolation de Notre-Dame des Sept-Douleurs, pour le triomphe dans le ciel de toutes les âmes françaises... là où nous trouverons enfin le toujours de la joie parfaite et le jamais de la souf-

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