Math. V
Mesdames, .… S'il restait encore quelques âmes nobles dans le
monde, au moment où cette parole fut prononcée pour la première fois, aucune espérance ne put les
faire tressaillir plus profondément. De toutes parts régnait l'injustice; la plus criante de toutes les,
iniquités, l’idolâtrie, était maîtresse des nations; toutes, sauf Israël, délaissaient le vrai Dieu pour se prosterner devant le bois, la pierre ou les plus vils animaux; les trois quarts de l’humanité, les femmes, les enfants, les vaincus, étaient honteusement asservis: malheur à Pame affamée d’idéal! chaque jour, c’était pour elle la déception, Le. cœurement, la faim grandissante, Tout à coup une voix s'élève, voix divine, voix transportante : “ Réjouissez-vous, tressaillez de joie, vous qui avez faim et soif de justice! vous allez être rassasiés ! ” Déjà sur terre, ce sera un premier apaisement, un avapt-goût du festin des éternelles justices; puis ce sera le rassasiement total, délicieux, sans cesse renouvelé pendant les siècles des siècles, dans la contemplation du triomphe des Droits de Dieu et de tous les mérites, reconnus, proclamés, à la face des anges et des hommes. Quelle espérance! que triomphe !
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Tel est le premier sens de la quatrième béati. tude; elle en a un second qui sera l’objet de cette conférence: ( Fienheureux les âmes affamées de perfection! elles vont être rassasiées ! ”
La perfection est l’accomplissement de to
; quelle que fût leur envergure native, elles étaient condamnées
se trainer, sans essor, dans les bas fonds d'une ſuele terre; si jamais elles ea-
elle consiste; je vais vous apprendre à l'aimer de plus en plus; et, quand vous vous écrierez ravies: “Ah! qui me donnera des alles pour trouver sur les sommets le nid et la pa-
ture dés algles 2 Ces alles, je vous les donmerai;
moi, votre Dieu ;. VOUS aussi vous pourres vous éle-
ver, si vous le voule, jusqu’à la sainteté, II ne
tiendra qu’à vous d'arriver à la perfection. Heureux les saints 8; Ils vont être rassasiés! “
reux les saints désirs;
Il la ‘ait connaître. C'est déjà un insigne bienfait, en particulier Pour l’âme de la femme et de la jeune fille si ardente à Poursuivre l'idéal mais si xposée à le chercher où il n’est pas. Combien de vatures délicates ont souffert dans les cités antiques ou dans les forêts du Vieux Monde de ne trouver pour répondre à leur besoin d’idéal que les vulgaires satisfactions, on les rites vides d’une religion sans âme! Combien souffrent encore Harmi les réveuses et les désenchantées des bords du Gange, du Nil ou du Bosphore ?
Pour vous, Mesdames, vous avez eu le bonheur d’entendre Jésns-Christ vous dire dès vos plus jeunes années ce
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vente religieuse, on bientôt, dans vos années de catéchisme, d’un prêtre vénéré; la perfection vous est alors apparue avec jes contours nets et les splendeurs d'un sommet de lumière ; chacun de vos devoirs vous a été enseigné, précisé, détaillé; vous avez appris comment il faut rendre à Dieu d’abord
de vos fautes, obtenir ses grâces par la prière humble, conflante, saintement obstinée; comment encore aux devoirs
On vous a fait connaître avec la même netteté
voa devoirs envers le prochain, non séülement envers votre père, votre mère, votre mari, vos enfants, mais encore à l’égard du prochain à peine connu ou même étranger. On vous a dit comment il faut accomplir les devoirs qu'impose Ia justice, avant ceux de la charité; on vous a inculqué profondément qu’il faut ne demander aucun service sans le reconnaître, ni contracter une seule dette sans l’acquitter, ni faire aucun tort, sans réparer, ni recevoir aucune injure sans la pardonner, ni rencontrer aucune détresse d’Âme ou de Corps sans chercher à lui venir en aide; vous avez su qu’il ne suffit pas de donner au prochain le morceau de pain ou le verre d’eau dont il a besoin, mais qu’il faut l’avertir des dangers qu’il court, le consoler, Ie soutenir, l’édifier, prier. pour lui; vous avez trouvé enfin dans notre sainte religion l'idéal de tous vos devoirs envers le prochain.
Comme elle vous initie encore merveilleusement à tous les devoirs envers vous-mêmes! vous devez prendre soin de votre santé: pas d' imprudence, pas de surmenage, pas de veillées inutilement prolongées, pas de nourriture préparée négligemment ou prise, par votre faute, irrégulièrement ! Vous devez encore plus veiller sur les besoins de votre âme: pas d’ignorance volontaire sur vos obligations; pas de troubles ni de découragement; pas de péchés graves surtout, ou, si ce malheur arrive, le repentir, la confession le plus tôt possible; et toujours une orientation ferme, des progrès courageux vers le bonheur éternel!
Vous n’aviez pas douze aus, Mesdames, et déjà
vous aviez devant les yeux cet ensemble admirable :
de vos devoirs envers Dieu, envers le prochain, envers vous-mêmes, ,
Pulis votre vie a pris sa forme particulière ; quelques-unes de vos compagnes, ‘telle ou telle de vos sœurs ont franchi le seuil du couvent ; pendant que le cloître se refermait sur elles vous êtes entrées, vous, dans le saint état du mariage; la perfection s’est encore précisée pour vous; ce n’était plus le devoir en général, c’était le devoir d'état, votre devoir d’épouses, de mères, peut-être, hélas! de veuves, de femmes d’œuvres. Qui vous le fit connaître ? l’auteur ignoré de quelque bon livre, fait Pour vous, il vous semblait; ou bien votre excellente mère, heureuse de vous initier à vos nouveaux devoirs, comme autrefois à ceux de votre enfance ; peut-être votre mari, pieux, intelligent, admirablement dévoué, d’une délicatesse infinie; peut-être enfin le père de votre Ame, ayant, pour vous diriger, les lumières et l’autorité même de Dieu.
Quel que fut votre bon ange éducateur, vous saviez tout de votre devoir d'état! Vous saviez même la manière de l’accomplir: avec promptitude, sans restriction, joyeusement, pour l’amour de Dieu, et vous alliez dans la vie, de devoir en devoir, de vertu en vertu, le regard dans la lumière d'en haut, l’âme paisible et rayonnante. le cœur uni au Cœur adorable de votre Sauveur. Chose étonnante ! vos aspirations grardissaient à mesure que vous montiez vers les cimes plus élevées. Comme le jeune homme de V’Evangilè, vous disiez : „0
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bon Maître, que puis-je faire davantage pour . être parfaite ? alors, de nouveaux horizons se sobt ouverts ; Dieu vous parlait par de pieuses inspirations ou par des conseils autorisés, ou par l'indication de circonstances providentielles, “ Mon enfant, tu es une femme de devoir, une épouse attentive, une mère excellente, mais je vois encore dans ton cœur des désirs sans réponse, dans ta vie des grâces sans emploi, dans tes journées des hcures de loisir: oeeupe: toi de cette œuvre de zèle ‘où de charité, ou bien consacre toi davantage, à <ette dévotion envers mon Cœur divin, envers ma sainte Mère, on à la Conversion des pécheurs ou bien au soulagement des âmes du l'urgatoire : t’est ainsi que votre âme’ montait toujours dans la ferveur et dans la charité envers le prochain. — Alors la même voix divine vous a dit : “En- Lore un degré à franchir ! Entre dans cette famille religieuse ; pénètre-toi de son esprit; imite ses vertus ; participe à ses mérites” — Mais je ne le puis pas 3 Vous le savez, Seigneur ; mille liens sacrés me retiennent dans le monde.
Tu le peux, mon enfant ; tu peux être fille. de St- François, ou de St-Dominique, ou de St-François de Sales, ou de Ste-Thérèse, tout en restant dans le monde,” et le divin Maître vous montrait tel ou tel Tiers- Ordre où nombre de chrétiens se sont sanctifiés jusqu’à l’héroïsme dans tous les états et dans toutes les conditions, Tertiaires ou non, C’est. jusque là qu’Il vous invite à monter, jusqu’à la sainteté! Qu'est-ce done que la sainteté ? pas autre chose que lé devoir mais accompli héroïqnement ; Pas autre chose qu’une ascension vers le plus par-
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fait, mais continuée . malgré tous les obstacles, toutes les luttes, toutes les lassitudes ; pas autre chose que l'assaut du l, mais voursuivi quand même, malgré les blessures, malgré les chutes, malgré:le scandale des tièdes, des lâches qui reculent, qui tombent, qui se rendent; malgré la fureur de Satan, pareille à la rage des balles qui sifflent ou de la mitraille qui éclate; on avance, encore, sans cesse, en tombant quelquefois, en se relevant toujours; on avance, à force de prières, de pénitences,
de communions ferventes; on arrive enfin; le som-
met de la perfection pour l’âme chrétienne, c’est une bonne mort; ah! elle sera précédée peut-être de longues souffrances et accompagnée d’une agonie terrible; elle n’en est. que plus désirable; alors, % mon Dieu! nous serons comme vos martyrs! nous accepterons nos souffrances, notre agonie; nous les unirons aux vôtres, quand vous expiriez sur le Calvaire; nous dirons comme vous: cest pour le salut des âmes, c’est pour la gloire de notre Père.” Voilà le sommet de la perfection! ce n’est point la cime radieuse du Thahor, c’est le rocher sanglant du Calvaire... et alors, comment l’aimer ?
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C’est le second bienfait de notre sainte religion envers les cœurs généreux : non seulement, elle leur fait connaître la perfection, mais elle la fait toujours aimer.
II faut tout dire, Mesdames: si le devoir, si la perfection ont des côtés splendides, ils en ont aussi
tout enchante et attire! Ainsi de nos obligations,
meme les plus pénibles pour la nature ; elles de-
viennent toute belles, toute chères, toute sacrées, quand elles nous apparaissent dans la lumière de la volonté de Dieu et dans l’aurore de son éternel amour!
Le Catholicisme donne au devoir un second genre de beauté très attachant; il nous le présente sous une forme concrète et vivante, dans les exemples des saints, des saintes qui ont-eu à mener avant nous notre genre de vie et à remplir ses obligations. Les âmes sans foi ne trouvent pas ce grand attrait dans le devoir; pour elles, le ciel est vide; il n'y à ni saints, ni saintes; nos frères égarés du Protestantisme subissent le même malheur ; ils Sagenouillent, pour leurs prières quotidiennes, devant une muraille nue; beaucoup se réunissent le Dimanche dans des temples où nul pieux vitrail, aueun tableau religieux, nulle statue de saint ne parlent à leur âme; pour nous, catholiques, combien le culte des saints et de leurs images donne de vie, et de beauté aux devoirs quotidiens !: : en Le petit enfant en comprend déjà la sublimité quand il contemple la: douce figure auréolée d’une sainte. Agnès, d’une sainte Rose de Lima, d'un saint Tharsicius, frères, sœurs aînés qui semblent Jui dire: “Et toi aussi tu peux être un petit saint ; à ton âge, nous l’étions CV
‘Est-ce que le devoir, même le plus difficile, n’a Pas une séduction irrésistible pour le cœur du jeune homme ou de lu jeune fllle quand il s'offre à leur regard, non pas dans l’abstraction vague d’un
enseignement théorique, mais dans la vie d'un St- Louis de Gonzague, d'une sainte Thérèse, d'un saint François-Xavier, de tant de-héros Morts pour Dieu ou pour leur pays ? LT ft rise Et vous-mêmes, Mesdames, vous; vos chers maris, vos familles tout entières, n'aven - vous pas plus de courage pour pratiquer chacun de vos devoirs, sans exception, quand vous les retrouvez 8i aimables, si entrainants dans les vertus de la Ste-Famillé dont ‘Monsieur Olier et ses admirables fils n’ont-cessé de répandre le eulte au Canada? Oui, le travail est beau, la prière est sublime, la résignation est divine, la douceur; l'humilité, l'amour de la dépendance et du sacrifice sont héroïques; mais combien nous vous aimons davantage, avec quel autre élan nous voulons vous Pratiquer, 0 travail chrétien, Ô prières, 6 vertus de toutes sortes, quand nous vous contemplons, dans l'intérieur de Nazareth, à travers le sourire, la bonté, l'amour: de PEnfant-Dieu, de sa sainte mère et de son père adoptif, — 0 Jésus, Marie, Joseph, heureux ceux qui vous aiment et qui opt faim et soif de perfection! il leur suffira de vous contempler et de vous invoquer, pour trouver bientôt, dans limitation de vos vertus, le plus délectable des rassasiements! Enfin, Mesdames, Notre-Seigneur a voulu vous donner ‘un troisième encouragement, à vous toutes qui multipliez vos efforts vers la perfection: il les compte, et il les récompensera tous d’un poids énorme de gloire, suivant l'expression: de St-Paul. Ah! quelle pensée! quelle espérance! combien elle ranimerait chaque jour vos forces, si vous l'aviez tou-
sion; la même voix, ter, et, l’Ange de Dieu lui apparut en lui disant qu'il comptait tous ses Pas depuis qu’il gravissait Vapre colline, chacun d’eux devant recevoir une réfompens” éternelle; simple légende peut-être, mais Ia vérité est encore plus belle! La vérité c’est que Dieu lui-même Compte, mesure chacun de vos pas “ans votre ascension vers Lui; un seul vous vaudra un degré de plus dans le bonheur sans fin, l’un de £es: degrés dont Ste-Thérèse disait qu'il valait de rester sur terre jusqu’à la fin du monde pour en Supporter tontes les souffrances, O pensée entraînante! Dieu récompensera même les simples désirs de perfection; plus vos âmes seront dirigées avec force, comme des flèches ardentes, vers Dieu, leur but suprême, et plus profondément elles s’enfonceront dans son éternelle félicité; la mesure de
votre élan vers la perfection sur terre, sera celle de votre gloire dans le ciel! Duo in altum / Au large donc et toujours plus haut: Limmensité s’ouvre devant vous!
Après la grâce de connaître la perfection et cellb de l’aîmer, Jésus-Christ en accorde une troisième à ses enfants: il leur enseigne les riayens de la pratiquer. | “
Ils sont de deux sortes: les uns dependent sur: tout de nous; les autres surtout de Dieu. a
Si vous voulez tendre à la perfection, Mesdames, il faut d’abord organiser votre temps, comme Partiste Pétrit l'argile ou taille le marbre pour en tirer un chef- “, pe. Le temps est la matière la plus précieuse qui soit au monde; elle Pemporte infiniment sur le marbre, P'or, l'argent et les diamants les plus rares; il s’agit d'en tirer un chef dee pour léternité! Faites-vous donc avant tout un règlement de vie. Trois lignes sufflront: une ligne Pour marquer l’heure régulière et la plus matinale possible, où commencera votre journée ; une ligne pour indiquer les prières, les lectures sanctifiantes et les pieux exercicés qui la jalonneront de distance en distane..; une ligne enfin pour déterminer vos jours de confession, chaque semaine, chaque quinzaine où chaque mois, et ceux de vos communions qui seront toujours aussi nombreuses et aussi ferventes que possible.
Après le règlement de vie, le second moyen pour tendre à la perfection, c'est examen particulier. Qu’ést-ce à dire? D’accord avec votre confesseur, vous précisez un point à perfectionner dans votre âme, comme l’habile stratège choisit dans le champ de batsille la position maîtresse qui lui donnera la
victoire; pour vous, c’est la vertu dont vous avez. le plus besoin ou dont vous manquez le plus souvent, l’hunilité peut-être , ou la douceur, ou l’amabilité envers telle personne qui vous est peu sympathique, ou encore la ferverr dans la prière, dans vos communions; vous formulez nettement votre résolution; vpus précisez aussi les moyens de la tenir; vous en parlez au représentant de Dieu dans Chacune de vos confessions : “Mon Père, voici quelle était ma dernière résolution ; je devais prendre tels moyens pour la réaliser ; Jai tout oublié, ou Dieu aidant, j'ai fait tel léger progrès.” Oh! que c’est simple et merveilleusement efficace! II ya mieux encore : c’est de préparer chaque soir sa confession sacramentelle, en se confessant à Dieu même. Vous êtes à genoux devant votre. crucifix; vous dites “ Je confesse à Dieu, à la Bienheureuse Vierge Marie, à St-Michel Archange, à St-Pierre, à St-Paul, à tous les saints.” — Vous confessez et quoi done ? “que je n’ai pas encore tenu ma réso-
lution, que je n’ai pas encore pris les moyens néces-
saires pour l’accomplir! mais je ne me décourage Pas; au contraire! à raison même de mes faiblesses et de ma misère, je supplie la T. S. Vierge, St-Michel, St-Pierre, St-Paul, tous les saints de prier pour moi le Seigneur notre Dieu,” et que leur demandez-vous ? “qu’ils m'obtiennent la grâce de tenir ma résolution ! ”
St-Ignace, St-Vincent de Paul, StFrançois de Sales, Monsieur Olier, tous les Maîtres de la vie
spirituelle, attachent une importance de premier .
ordre à l’examen particulier; ils en font le moyen par excellence pour arriver à la perfection.
Enfin, Mesdames, si les moyens ordinaires ne suffisent pas, il faut savoir récourir aux grands moyens, pour devenir meilleures, à tout prix: ce geront des prières, l'assistance au St-Sacrifice de la Messe, des communions exceptionnellement ferventes; ce sera, s’il est possible, une retraite fer.
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contre une pierre du lui coûta plus pour devenir parfait! St-François-Xavier ne pouvait soigner certaines plaies; il se met à genoux devant un Pauvre cancéreux ; coûte que coûte il applique ses lèvres sur les plaies Purulentes et les baise longuement; désormais, dit-il lui-même, tous les sacrifices lui devinrent aisés. Un officier melait le saint nom de Dien à toutes ses impatiences; il n’arrivait pas à s’en déshabituer: il promit une forte aumône Pour les pauvres à chaque jurement; bientôt plus un seul ne lui échappait, il était Corrigé! Que de ferventes chrétienges sont devenues parfaitement humbles en s’obligeant à baiser la terre, dans le secret, pour chacun de leurs actes d’orgueil! que d'autres sont arrivées à une charité de paroles exemplaires, ou à une douceur idéale en se condamnant à une réparation Pour chacune de leurs médisances, ou à des excuses après leur colères !
Dieu aime et bénit les Ames courageuses ; mals, souvenes- vous en, Mesdames, il aime encore plus les âmes humbles et confiantes qui comptent avant tout sur Lui Pour se vaincre, et devenir parfaites,
Oui, il y a des moyens qui dépendent de nous; 11 faut les employer; Dieu le veut; et, au contraire, il ne Yeut pas nous sanctifier tout seul; mais quand nous avons fait tout notre possible pour arriver à la perfection, comme si elle ne dépendait que de 0 ferveur, commie si elle ne dépendait que de Dieu. Le principal moyen pour devenir meilleur, c’est sa grâce; or, il ne la doit à Personne ; il la donne ou non, comme 11 lui plaît ; il l’augmente ou la diminue à son gré. Vous aurez beau multiplier les efforts, vous retirer
Y jeûner, y
es, si vous ne le faites pas bumblement, si vous êtes présomptueuses, si vous comptez sur vous et non sur Dieu pour devenir des saintes, vous n’y arrivérez jamais; le flot vous maänduera comme au navire, arreté soudain dans Pécluse, au milieu du cours de la pétite rivière bretonne, — II y lieues à parcourir, avant d'Arriver à l’Océan ; et du haut du navire vous apercevez le lit de la rivière toujoürs profond, élargi, mais à sec; la petite ri- Pour vous porter jusqu’à plus pour vous conduire juscoup vous apercevez au loin, à la dernière ligne de Thorizon, un pen d’écume blanche; vous ne pouviez aller jusqu’à la mer; best elle qui vient jusqu’à vous; le flot se préci-