‹ Les beaux-arts a l'exposition universelle de 1878Chapitre 37 sur 40 · SALLE XII · texte numérisé non relu

SALLE XII

La Suisse n’a pas besoin de peindre de tableaux. —

ât-ce qu’elle n’est pas elle-même un tableau tout ait? L’Art, sous toutes ses formes, est peu de chose pour elle. La nature lui suffit.

Elle a cependant donné le jour à un grand sculpteur, Pradier, et à un peintre fort distingué, Gleyre. Mais ils sont partis tous deux pour ce monde que nous appelons meilleur^ afin de nous consoler des tristesses de celui-ci, et il ne nous reste que les vivants — ce n’est guère ! La Suisse n’a point encore une école d’art, un centre, une direction, une véritable unité de tendances et d’idées. Chacun va de son côté, après avoir fait, comme il a pu, des études individuelles en France, en Allemagne ou en Italie. Je suis pourtant heureux de pouvoir signaler une grande toile historique, pleine de mouvement et d’un beau caractère, la Journée de Sempacli^^^iv Conkad Grob; une ronde vaporeuse de tournoyant dans l’air, au-dessus

d’une prairie en fleurs, par M. Paul Robert ; enfin une fort jolie et toute charmante mythologie de ce

poète du pinceau qui s’appelle Zuber Buhler, et qui, dans un tableau fort agréable, nous montre la Naissance de Vénus: c’est le matin, et un gai rayon de soleil vient à la rencontre de la belle Aphrodite, pour la conduire au ciel, dont elle sera désormais la reine. Puisse la blonde déesse se montrer favorable à celui qui l’a si bien peinte ! Sans quitter la mythologie où il se complait, et qui lui réussit, citons encore du même peintre habile et distingué, la Danse des Nymphes^ et les Océanides consolant Prométhée sur son rocher.

Page 1