‹ Les beaux-arts dans l'antiquitéChapitre 20 sur 120 · I. - LA CHALDte · texte numérisé non relu

I. - LA CHALDte

L'arcbitectnrB chaldéenne : la briqne, la voûte, les matériaux. — Lea Égyptiens avaient connu la voûte, mais ne l'avaient employée qu'exceptionnellement et pour couvrir des espaces médiocres. En Chaldée, au contraire, elle joua un rôle prédominant. Aussi la Chaldée occupet-elle , si peu qu'il reste de ses anciens édifices, une place importante dans l'histoire de l'architecture. On peut dire que les Cbaldéens étaient condamnés à trouver la voûte, sous peine de n'avoir pas d'art architectural. En eETet, la

t. Leoomunl et Bsbelon. Htitoire anciauu di IVicni. — Perret et Cbipiei, HUIolrede fart, t. II. — Les OUTmgn de Mjnsnt, Opport. Botia, LofiDB, Rswlinsoa, dont on Irouvcri llndication dans les oavrngea prùc^denls, ~ HnaiBj, Ua Palaù cliatdttB. ~ Bsbclon, Maiiuet d'arcluch^i oriialaU.

S2 GHALDEE

Ghaldée manquait de bois et de pierre. Mais elle pouvait élever des constructions en petit appareil, car on trouvait partout dans son sol des gisements d'argile pour faire de la brique, et du bitume pour servir de ciment. On manquait de combustible pour cuire l'argile ; mais on avait un soleil brûlant. La brique séchée au soleil fut Télément à peu près unique des constructions chaldéennes.

Premier empire chaldéen : Ourkham, Goudéa. — Cependant au temps des premières dynasties égyptiennes, Babylone était déjà une ville puissante. Le roi Ourkham, qui avait placé sa résidence à Our, tout en laissant à Babylone son rôle de ville religieuse et savante, décrit avec orgueil, dans des inscriptions qui nous sont parvenues, les édifices considérables qu'il avait élevés dans toutes les grandes villes de son empire, surtout dans sa capitale d'Our, où il fit construire une grande pyramide, un temple où Ton entrait par des portes d'airain, etc. Dès l'origine, Tart chaldéen a un'caractère essentiellement royal. Les monuments sont faits pour rappeler les exploits et assurer la gloire du roi. L^art assyrien devait encore accentuer ce caractère et le conserver jusqu'à la fin.

Jusqu'à ces dernières années, nous avions peu d^échantil- Ions de Tart chaldéen, sinon des pierres gravées (en grand nombre il est vrai), des briques émaillées et des statuettes de petite dimension, lorsque les fouilles de M. de Sarzec à Sirtella ont mis à jour, au milieu des décombres du palais du roi Goudéa, neuf grandes statues taillées dans des pierres noires venues de fort loin ; la plupart représentent Goudéa luimême, qui régnait vers le temps de la Y^ dynastie égyptienne. Sur deux des huit statues de ce personnage que nous avons au Louvre, il a tenu à honneur de se faire représenter non pas avec les attributs de la puissance ou les insignes du commandement militaire, mais avec la règle et le compas de l'architecte. Dans Tune d^elles il porte le plan d*un temple,

1. La briquo tint lieu aussi de papier et de parchemin, et c'est de paquets de briques poinçonnées que se composaient à Ouroukh, « la ville des livres*, à Ninive et dans d'autres villes, ces grandes bibliothèques dont d'importantes parties nous sont parvenues.

LA VODTE. — LA BRIQUE. ■■ LE 1" EUPIRE t) l'on dirait l'eiquisse première d'uD coDsIructeur moderDC.

Fig. 11. — La alatua d« Goado «a anliilecM C«a itatncB sont d'une forme ramaBsée. L« atyle en est lourd,

mais il n'est pai primitif: il suffit, pours'ea rendre cnmpte, de regarder la manière dont sont rendas les mascles des bras.

Senzièine empire chaldéen: Nabachodonosor. Bab7lone; jsrdins snspendos. — Mais aucun des rois de l'ancieo empire chaldéen n'égala, dans la magnificence de ses constructions, le second roi du second empire, Nabuchodonosor.

(606-562). Les descriptions que les anciens nous ont laissées de sa capitale Bahylone déïig. n. — plu quD ports lur an gônoui u lutoe fient la vraîsemdeGoudJi. blance, et cepen-

dant les recherches archéologiques les ont vérifiées sur tous les points où la confirmation était possible. On a pu relever directement l'enceinte, et l'on a trouvé justement les chifTrea donnés par Hérodote. On a reconnu qu'Aristote avait raison de voir dans la ville de Babylone une piM^vince entourée de murs plutôt qu'une cité.

Babylone était protégée par une double eDcemte. La gremière enceinte, composée d'un mur de 50 coudées de bauteur et de 200 de large, eafermait un espace de 513 kilomètres carrés' ; on y pénétrait par cent portes d'airain. L'enceinte intérieure comprenait une superficie de 290 kilomètres carrés, Boit une superficie plus grande que Londres et trois fois égale i celte de Paris. Entre les deui enceintes était tracé un boulevard de 60 mètres de large. Tout cet espace n'était pas converl de constructions, mais comprenait des terres cultivées, des parcs, des jardins qui séparaient les divers quartiers et entouraient les monuments. La ville était partagée en deui

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