‹ Les beaux-arts dans l'antiquitéChapitre 27 sur 120 · ASIE ANTÉRIEURE · texte numérisé non relu

ASIE ANTÉRIEURE

ciens n'ont jamais été de véritables artistes. Ils n*ont jamais produit des œuvres grandioses et vraiment originales. Mais les Phéniciens n'en ont pas moins joué un grand rôle dans l'histoire des arts, parce qu'ils ont répandu dans tout fe bassin de la Méditerranée la civilisation de l'Egypte et de l'Assyrie. Ils furent de grands vulgarisateurs, et ce n'est pas'un mérite à dédaigner. S'ils manquent d'invention^, ils s'emparent heureusement des modèles que leur donnent les grands empires voisins, les perfectionnant quelquefois, et ils exportent dans tout le monde connu leurs propres produits en même temps que ceux de l'Egypte et de l'empire assyrien.

Les peuples très commerçants ont en général une industrie active ; il en fut ainsi des Phéniciens, qui avaient d'autant plus besoin d'objets manufacturés pour leurs échanges, que la monnaie était alors inconnue. Aussi leurs villes contenaient-elles de grandes et nombreuses fabriques. On recherchait dans tous les pays de la Méditerranée les poteries, les ivoires sculptés, les meubles en bois précieux, les étoffes de pourpre sortis des ateliers de la Phénicie ; mais l'habileté de ses artisans se montrait surtout dans la verrerie et diverses branches de l'industrie des métaux.

Le verre était déjà connu des Egyptiens de l'ancien empire ; mais on a souvent attribué son invention aux Phéniciens, tant cette industrie était florissante dans leur pays, surtout à Sidon. Dans l'industrie métallurgique, les Phéniciens n'eurent point de rivaux, du moins pour l'activité de la production et l'habileté professionnelle. La Bible nous a conservé le détail des grands ouvrages de bronze que le Tyrien Hiram exécuta pour le temple de Jérusalem; les orfèvres de Sidon étaient non moins célèbres que ses verriers, et c'est aux ouvriers phéniciens que les héros d'Homère demandent leurs plus belles

1. Dans le grand plat d'argent do Gurium, on retrouve à la fois l'imitation «égyptienne, assyrienne et persane.

PHENICIENS. -^ JUIFS 45

armures. Un certain nombre d'objets phéniciens sont parvenus jusqu'à nous. Les plus intéressants sont ceux qui composent les trésors découverts en 1876 à Palestrina (l'ancienne Préneste), dans l'Italie centrale, et plus récemment à Curium (île de Chypre) : on y remarque des plats d'argent doré, ciselé ou repoussé , sur lesquels on a représenté des sujets exécutés avec beaucoup d'art, qui par leur variété et leur disposition rappellent la description du bouclier d'Achille dans V Iliade.

Les Phéniciens montrèrent aussi de l'habileté dans l'architecture. Ce qu'ils cherchaient surtout, c'était l'utile ; c'est ainsi qu'ils montrèrent du talent dans la fortification et dans les travaux maritimes S 6t que dès l'origine ils pavèrent les rues de Garthage et de Tyr. Des ingénieurs phéniciens dirigèrent les grands travaux accomplis pendant l'expédition de Xerxès contre la Grèce : le pont de bateaux sur l'Hellespont, le percement de l'isthme du mont Athos. Les Phéniciens ont apporté leur art partout où ils se sont longuement établis, dans la Sicile occidentale, en Sardaigne , à Malte, à Ghypre surtout. Là, au contact des arts de l'Asie Mineure et de la Grèce primitive , il a pris un caractère plus intéressant, que nous ne pouvons que signaler.

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