‹ Les beaux-arts dans l'antiquitéChapitre 87 sur 120 · ART ÉTRUSQUE · texte numérisé non relu

ART ÉTRUSQUE

ginal. Si le temple des Étrusques n'est en somme qu'un temple grec plus ou moins altéré*; si Tordre toscan n'est qu'un dorique dégénéré, l'architecture étrusque n'en est pas moins fort différente de l'architecture grecque, surtout en ce qu'elle emploie couramment dans plusieurs de ses constructions (portes de villes, ponts, etc.) la voûte et

Fig-. 86. — Sarcophage étrusque.

l'arcade, empruntées probablement à l'Orient. Son originalité se montre surtout dans les constructions funéraires.

Tombeaux. Peinture. Sculpture. Céramique. — Les

tombeaux tantôt étaient taillés dans le roc, tantôt formaient des monticules de terre appuyés sur un socle cylindrique en maçonnerie. Une galerie creusée dans la pierre ou formée par des murs conduisait à une ou à

i. Il comprenait deux parties : une cella triple fermée de trois côtés par un mur plein et s'ouvrant par le quatrième côté sur un porûiqtu à plusieurs rangées de colonnes.

PEINTURE. — SCULPTURE. - CERAMIQUE 15»

plusieurs chambres, souvent très richement décorées, contenant des lits funéraires taillés au fond d'espèces d'alcôves, et des ustensiles de toute sorte, soit réels, soit figurés. Pour l'importance de ses nécropoles, TEtrurie est presque comparable à l'Egypte.

Aux enTirons de Corneto (rancienne Tarquinies) on coimaît déjà pins de deux mille chambres funéraires. Plusieurs d'entre elles sont ornées de peintures murales. On en trouve aussi de très intéressantes dans les ruines de Yéies, Clusium (Chiusi), Vulsinies (Bolsena) et surtout de Vulci *. La peinture étrusque procède de la peinture grecque, et on n'en a pas d'exemple antérieur au y" siècle. Elle a pour nous le grand intérêt de nous donner quelque idée de ce qu'était justement la peinture grecque proprement dite, dont il ne nous est à peu près rien resté. Mais par l'inspiration les artistes étrusques se distinguent nettement de leurs modèles, dont ils sont loin d'ailleurs d'atteindre l'élégance et la pureté. Ils ont le soin du détail, le goût du bizarre, la recherche des gestes énergiques, des expressions violentes. Ils se plaisent à la représentation des scènes tragiques : combats, sacrifices, supplices. Cette même recherche du mouvement et de l'énergie fut un des traits dominants de la grande école florentine, qui, de longs siècles plus tard, devait se constituer sur le même sol et trouver dans Michel-Ange son plus illustre représentant.

La sculpture en pierre est moins intéressante, quoiqu'on puisse citer la statue de Florence connue sous le nom de l'Orûteur étrusque, œuvre d'une précision un peu sèche, mais correcte et bien caractérisée. Un certain nombre de bronzes témoignent de l'habileté des anciens Toscans pour le travail des métaux. Mais ils se sont distingués surtout dans un genre où ils ont eupeu de rivaux, nous voulons parler de la sculpture monumentale en terre cuite. Des artistes étrusques appelés

1. Les peintures de Vulci représentent les Aventures de Cselebs Vibenna et de son fidèle compagnon MastarnUy qui fut depuis roi de Rome sous le nom de Scrvius Tullius. On y voit aussi Achille égorgeant des Troyens sur le tombeau de Patrocle, A Corneto et ailleurs nous voyons des scènes des Enfers avec des monstres eflt'roy<iblcs et grotesques, qui font penser aux coacepiions de Dante, d'Orcngun et de Michel-Ange.

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