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i- A MARINE
Écusson
du pont Alexandre 1 1 1.
Depuis la démolition de l'ancien portail du Palais de 1 Industrie, on a pu juger de l'etlet de la trouée entre les Champs-hlysées et l'Esplanade des Invalides. On a tout d abord été surpris de trouver l'Esplanade encombrée par des bâtiments qui semblent se toucher à ce
point que 1 objet principal de la perspective, le dôme des Invalides, disparaît presque dans une orgie de flèches, de dômes et de vases.
MM. Cassien-Bernard et Cousin, chargés de la décoiation du pont Alexandre III, ont eu la bonne pensée de nous montrer sur une jolie vue perspective le pont aboutissant à 1 Esplanade telle qu elle sera en 1901, lorsqu elle aura été débarrassée des constructions pron isoires. Mais que restera-t-il alors des pauvres arbres actuellement empiisonnés dans des baraques d'où ils émergent péniblement r Que n’a-t-on, comme à
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Robinson, étagé les baraques dans les arbres! L'eliet eût au moins été pittoresque.
Le pont métallique, œuvre de MM. Résal et Alby, semble devoir être loué sans réserve. Les arcs qui franchissent la Seine dune seule volée sont élégants et hardis’. La forme de résistance, parfaitement accusée par l'augmentation de volume des claveaux et le tracé très simple des remplissages compris entre l'arc et le tablier, semble réaliser, sans qu’il soit besoin de décoration accessoire, cet accord entre la structure et la forme qui est une condition essentielle de l’art. Les pvlones de MM. Cassien-Bernard et Cousin, qui marquent les detix entrées du pont, sont assez fins pour ne pas masquer la vue des quais de la Seine, et l’on a pu dire assez justement qu'ils jalonnaient la grande avenue réunissant les deux rives.
La décoration de ces pylônes, constituée par quatre colonnes placées aux angles d'une pile centrale et soutenant sur un robuste entablement des Renommées et des Pégases de bronze doré, n'est pas sans analogie avec celle des piliers qui. à Versailles, accusent le départ des grands
escaliers de l’Orangerie, faisant lace à la pièce d eau des Suisses. Il semble même que les formes décoratives en usage au temps de Louis XI \ aient inspiré les artistes chargés de décorer le nouveau pont. A une époque où le style moderne demeure encore indécis, on s explique aisément ce retour de faveur vers un art pompeux et très favorable aux silhouettes majestueuses.
La trace apparente de l'art du xvib siècle se retrouve dans la décoration du Petit Palais de M. Girault et dans les bas-reliefs de la
x. Le tablier métallique repose sur quinze arcs parallèles, dont la corde est de iop"5o et la flèche de 6,n28.
I. A ru 4 NC B C*> N TU M PUR AIN K, l'Ail M. MIUIKL. i l’ont Alexandre III.
EXPOSITION UNIVERSELLE DE irjoo
façade du Grand Palais édiliée par M. Thomas sur l’avenue d'Antin, qui sont évidemment inspirés des admirables bas-iclicls de la chapelle de
Versailles.
Les figures symboliques de la France aux différentes époques, qui enrichissent les soubassements des pylônes, sont en général plus librement traitées, quoique, par l’attitude et la simplicité du geste, elles s'ac-
L I O N ET GENIE, PAR M . fl \ R I) E x
(Pont Alexandre III.)
cordent avec les grandes lignes de l’architecture du pont Alexandre III.
De part et d autre des pylônes, sur des piédestaux isolés, sont des groupes de M. Dalou et de i\I. Gardet symbolisant la Paix : des enfants nus enchaînent dans des guirlandes de fleurs des lions qui foulent es attributs, de la guerre. Quatre pyramides destinées à soutenir des lampadaires terminent le raccordement du pont avec les quais.
on. In" 'F'1'’ le® COndltions d'équilibre, si elles sont bien exprimées,
l'oserVm- ^ ^ Ja"S ''efi'et déc0ratif pont métallique.
J osera, meme dire que le pont Mirabeau', par sa forme caracéris-
*’ P°nt Mirabeau est ^œuvre des mêmes ingénieurs.
A RCHlTECTi: R E
tique d'arcs équilibrés sur les piles et n'exigeant pas de culées, semble suffire à la solution artistique, et les balustrades ornées du tablier n'ajoutent que peu de chose à son elfet.
Les architectes chargés de la décoration du pont Alexandre III ont craint sans doute la rigidité des lignes de métal, et ils ont cherché à les assouplir en faisant disparaître l'ossature sous des fleurs, en ornant les