ACTE DEUXIÈME
Merci !
MARIO
LAURIANE
L’élrange enfant I
MARIO, s’arrêtant devant d’Alvimar.
Et vous, monsieur, vous plaît-il aussi prêter quelque gage?
d’alvimar.
Je n’en ai point sur moi.
MARIO
Oh! la première chose venue... par exemple, votre poignard.
I)’ ALVIM A R.
Mon poignard ne me quitte pas.
LAURIANE
Vous renoncez donc à tenter le sort?
Avec vous et comme vous, madame, non pas. — Voici mon gant.
( Il le jette à ses pieds.)
LAURIANE
Oh! je vous en prie, ne jouez pas ainsi avec ce stylet, monsieur! ce sont méchantes habitudes du tmips des Raffinés, que monsieur Concini veut, dit-on, remettre à la mode, mais que je n’aime pas, je l’avoue.
JOYELIN, bas à Mario, qui n les yeux Axés sur d’Alvimor.
Mario! t> quoi penses-tu? on t’attend! 1
MARIO, traçant un cercle avec une baguette.
M’v voici. — J'indique d’abord le cercle magique, (n dispose eux quatre coins sur le tapis des étoile» coloriées.) Pour quatre consultants, il y aura quatre couleurs : verte, blanche, bleue et rouge. Je dispose entre les compartiments les cartes et les chiffres cabalistiques : 3 et 7 sont les nombres heureux, le nombre fatal est 13.
LAURIANE
On dirait, en vérité, qu’il croit à ce qu’il fait!
J’y crois aussi, madame! je ne peux pas m’empêcher d'y croire.
La Moresque qui m’a élevé y croyait. Je ne serai pour rien dans ce qui va sortir de là. Je déchiffrerai les nombres comme les Lettres d’un livre, voilà tout. C’est le hasard seul qui composera ies mots.
LA U RI AN E
II est tout ému et tout animé!
Par ma foi ! ceci prend certaine odeur de fagot!...
MA IUO.
Ah! maintenant on m'a laissé commencer, il faut que j'achève. — Veuillez tirer au apct VOS couleurs, iu présente » chacun une corbeille couverte. ) — Madame Lauriane a l’étoile blanche, monsieur de Bois- Doré l’étoile bleue, monsieur d’Ars l’étoile \erte, monsieur d’Alvimar l’étoile rouge. — Je place dans les compartiments les gages de chacun.
n’ALVIM AB.
Qu’on me rende le mien, allons! j’ep ai assez déjà de ces momeries!
Monsieur d’Alvimar se défie de son avenir?
Je mo défie de ina colère quand on m'offense. — Mon gage ?
MARIO
Monsieur, vous ne pouvez plus empêcher la destinée; elle est audessus de vous comme de moi.
• LAURIANE
Assurément, comte! le devin est maître dans son cercle magique, et en dérangeant vptre chance, vous déraugerioz les nôtres.
MARIO, jetant des cartes sur le tapis.
Le premier gage est à monsieur d’Ars. — Rien do mauvais, messire. Pour le présent, il y a un gros mécompte, mais qui ne gâte pas l’avenir; car jp vois toute votre vie très-heureuse.
Allons! je ne suis pas trop mal partagé.
MARIO, à Bois-Doré.
A V.pUS, mon cher seigneur. (U jeue de nouvelle* .caftes.)
AjÇTE jpEUXIÈy.E.
ROJS-DOfip.
Ah! ah! que vois-tu, mon petit pmi?
MARIO
Grande joie! et epcore grande joie!
Vraiment! deux du même coup!
MARIO
Oui, mais non pas de même sorte : voici là une joie douce, et là une joie... une joie terrible.
B 0IS-D0RÉ
Qu’est-ce que tu appelles une joie terrible, garçon?
MARIO
Comme qui dirait une vengeance.
A moi, vengeance ! ceci ne répond guère à mon humeur. Et la joie douce, au moins, quelle est-elle?
MARIO
Famille !
AD AM A S
Famille, monsieur!
BQIStDORÉ.
Oui, voilà qqi egt miqax. Je gérai donc marié?
Vous serez père !
Père!
MARIO