LA U III ANE
II le faut.
Eh bien... — Oh ! madame, non, par grâce 1 demandez-moi mon sang et ma vie! mais quoi! mon âme, le mystère et le secret de mon âme ! en vérité, cela n’est à personne, pas même à vous, pas même à moi peut-être! Ne me demandez, pas cela, madame!
lauriane.
Mais songez-v donc! ne pas répondre non à ma question, serait répondre oui.
JOVELIN
Hélas! pourquoi me la faites-vous cette question cruelle? Tl se peut que, dans ma triste condition, une parole de moi semble un outrage. Mais mon silence est-il aussi un crime? Dois-je rendre compte de ma souffrance cachée? Mes larmes ne m'appartiennentelles plus? et pourvu qu’enfin je me taise, n’est-ce pas mon droit de mourir ?
LAURIANE, émue.
Mourir! souffrir!... Oh! je ne veux pas que vous souffriez! Je ne vous interrogerai plus, c’est bien! — Seulement, que -faire?... ah! je vais partir.
JOVELIN
Partir!
lauriane.
Oui. Monsieur d’Alvimar vous accuse, mon père s'indigne. Il faut prévenir un éclat, peut-être un inallmur. Je vais demander à quitter ce château aujourd’hui, tout de suite. Je dirai que je désire ne faire connaître demain ma résolution que chez nous, chez mon père. On trouvera cela tout naturel.
JOVELIN
Mais monsieur d’Alvimar, mais les autres vous suivront?
LAURI ANE
Que voulez-vous? mon père ne me laissera certainement pas là où vous êtes.
JOVELIN
Mais alors, ce n’est pas à vous, c’est à moi de partir.