‹ Les beignets a la cour comedie en deux actes meles de chantsChapitre 24 sur 37 · LE ROI, LEBEL, LE DOC · texte numérisé non relu

LE ROI, LEBEL, LE DOC

LEDUC. Sire, je ïiciis...

LEDEL, à lai-mime. Oui, bien & propos.

LE DUC. Je yiens...

LB ROI, brusquement. El moi, j'attCDds, monsieur.

LEpuC, surpris. .Ah! pardon, .«ire... [yf part.) il a l’air de bien mauyaise bameur.

LE ROI, de mime. Eh bien ?

LB DUC, tâchant de prendre l’air riant.

J’espère que sa majesté a été satisfaite, si elle était en appétit ce matin ? d’abord ces melons verts ont un parfum... une saveur particulière.... et je l’avais choisi moiméme.

LE ROI, itonni. Comment, ce melon vert, c’est vous, monsieur le duc.

LE DUC. Vous m’avici envoyé, daignes vous souvenir, d’après les instructions de Lebel.

LE ROI, .« tournant vers Lebel qui lui approche un fauteuil. Lebel est un sot.

LEBEL, d demi-Toix. Je l’aurais envoyé en Chine, pour m’en dè.barras.ser.

LE ROI, eu duc, en s’asseyant. Il ^ a erreur, monsieur, il a confondu, ce n est pas l’ofliee d'un homme de votre sorte d’aller chercher un melon...

LB DUC. Oh! dans la primeur, sire... et pnisledésirde plaitei votre majesté; d’ailleurs il n’y a rien de désobligeantà descendre d'équipage un melon sons le bras... les curieux se demandent : Tiens , monsieur le duc de .Vlcilly ! où va-t-il donc avec son... vous daignes concevoir! Et puis les conjectures...

LB ROI, gracesnsnt. Est- ce là tout ce que vous aviei à me dire.

LB DUC, d P rl. Tout! il ne me remercie même pas... (Haut.) Tout ce qu’il m’a été donné de faire pour votre sers ice particulier, oui, sire, mais pour le sert ice de l’étal, e'c.«t autre chose,., il y a quarante ans, sept mois et .sept jours que je .sers l’état.

LE RM, àlui-mhne, en jetant tes yeux vers le buffet où est cachie Louise. Comme elle doit être mal à son ai.se.

LE DUC Oui , sire , oui , j’ai été quelque fois bien mal à mou ai«e; partieuli’ renient lejoiir... non, c’était une nuit, noirs étions ! au camp tout auprès de Viilcncieiines. ' |

LE ROI. Nous sommes é Versailles, mou- |

sieur le duc, revenei-y donc, s’il vous plaît. LE DUC. C’est juste, sire...

LE ROI. Donnez moi votre placct, monsieur.

LE DUC. Le voilà, sire, le voilà.

LEROI. Eh bien! c’e.st bon,c’estbon, M.

de Meilly, je reeaimmanderai votre affaire à monsieur le duc; il vous portera .sur la liste des lieutenaiis-géuéraux, à lapremiè.re occasion.

LE DUC , arec un respect ironique. De.s lieutenans- généraux , vraiment, sire, il n’aiira pas grand peine; car j’y suis déjà.

LE ROI. Vous y êtes.

LE DUC. Et parmi les plus vieux, puisque j’ose prétendre par ancienneté au bâton de maréchal, ou tout au moinsau collier de l’ordre, cl monseigneur le régent qui se connaissait en hommes , m’a deux fois promis ce litre en votre présence.

LE ROI. Je ne me le rappelle pas.

LB DUC. Ce n’est pas étonnant , car je dois à la vérité de dire que votre majesté était encore en jaquette.

LE ROI. Aujourd’hui, mniisieur,i’en suis fâché, mais j’ai promis au premier ministre de ne faire ni maréchaux, ni chevalier de l’ordre avant les fêles de mon mariage; d’ici là...

Il tourne le do« et tire le cordon d’nnc sonnette. LE DUC, le regardant faire. D’ici là, le roi l’âne ou moi, nous mourrons, faites-vous donc éeharper, voilà la récompense... (H prend l’inflexion du roi.) Monsieur le duc, j’en suis fâché! Monarque ingrat!

Lebel eu bruit de le sonoette s’rst approché. Le duc après une salnialiun profunde suit le valet de chambre jusqu’à la porte, et lorsqu'il ae retourne pour faire une dernière lalnlatioD à aa majesté, accroche en passant la robe de Luulae et leniralne enr le tapis.

LE ROI , d demi-roix. Ah mon Dieu !

LEIIEL, qui s' est retourné. Al. lcdui !M.

le duc!., eh bien! ch bien! arrêtes donc ..

ah bien oui. [Il relient riolemmeni la robe , l'éperon du duc qui continue sa roule entraîne et emporte après lui là guirlande de la robe déchirée.) Vieille perruque!

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