PROVINCE DE QUÉBEC
Québec, le 25 Janvier 4872.
à Monsieur l'Abbé VERBIST, Anvers (Belgique).
Monsieur l'Abbé,
J'ai l'honneur de vous informer que, sur la recommandation de l’Honorable Commissaire de ce Département, vous avez été, par ordre en conseil, en date du 17 de Janvier courant, nommé Agent d’Immigration de cette Province, pour la Belgique, l'Allemagne et la France.
Le but du Gouvernement en vous confiant cette importante mission est d'attirer dans cette Province une immigration agricole. — Les différentes industries ui se rallachent à l'Agriculture, telles que la préparation du lin, la fabrication des toiles, l'exploitation de la betterave à sucre, la fabrication du fromage, etc, peuvent fournir aussi d'excellents sujets pour l'immigration. Vous devrez rechercher surtout ceux qui pourraient disposer d’un certain capital à leur arrivée au Canada, À moins de n'avoir pas de famille à supporter, et de pouvoir gagner sa subsistance en arrivant ici, il ne faut
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pas songer à émigrer sans un certain capital. Vous connaissez assez les obstacles qu'auraient à rencontrer ici les émigrants dépourvus de moyens, pour ne pas les encourager à venir se fixer cn cette province. Ce qu'il nous faut, ce sont des familles en état d'acheter des terres en partie défrichées ou capables de faire les frais d'un premier établissement dans la forêt et ayant les moyens de vivre jusqu’à leur première récolte, ou bien des jeunes gens entendus dans la cuiture, qui pourraient immédiatement trouver de l'emploi chez nos cultivateurs et s'établir plus tara pour leur propre compte.
Des fermiers bien qualifiés et bien recommandés trouveraient aussi à se placer très-avantageusement, soit en prenant des terres à ferme, soit en s’engageant comme directeurs de ferme.
Les campagnes de la Belgique et du Nord de la France, sont probablement celles où vous trouverez les émigrants qui conviennent le mieux à cette Province : c’est là surtout que vous devrez concentrer vos efforts. Les provinces de l'Est de la France, dévastées par la dernière guerre, doivent contenir aussi un grand nombre de familles désireuses de se soustraire à la pénible situation que la conclusion de la paix ne peut manquer de leur imposer. Vous devrez aussi tenter un effort de ce côté.
La Province de Québec compte en France et en Belgique beaucoup d'amis influents qui pourront vous être d’un grand secours dans l’accomplissement de votre mission, Faites-vous un devoir de les visiter, prenez leurs avis et intéressez-les par là au succès de vos démarches.
Je ne puis vous prescrire ici en détail aucun mode d'opération particulier : je m'en rapporte là dessus à votre discernement, à votre zèle pour la cause agricole et à votre dévouement aux intérêts de la Province qui vous envaie.
Vous distribuerez avec soin la brochure publiée par le Gouvernement sur l’'Emigration Européenne, vous la commenterez chaque fois que l'occasion s’en présentera.
En vous inspirant des renseignements qui y sont contenus,
je ne doute pas que vous parveniez à faire comprendre aux :
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populations de langue française, les avantages particuliers que peut leur offrir la Province de Québec, et à déterminer parmi elles bon nombre d'émigrants à venir s'y fixer. Cependant je désire que personne n'arrive séduit par des espérances qu'il ne pourrait réaliser plus tard.
La brochure pourra vous servir de guide sur ce point, el ceux qui s’en pénètreront bien, n'auront point, quoiqu'il leur advienne, de reproches sérieux à nous adresser.
Choisissez avant tout une Population morale et amie de l'ordre et envoyez-nous le plus possible de cette classe de gens, leur assurant d'avance un fraternel accueil parmi nous, et puis rappelez-vous constamment, que mieux vaut avoir peu d'immigrants et les avoir de la bonne trempe, que de courir
le risque de jeter parmi notre population un élément nuisible ct perturbateur.
J'ai l'honneur d'êt.e, Monsieur l'Agé, Votre obéissant Serviteur Signé : S. LESAGE Ass! Comm. d'Agriculture, ete.
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Lettre de S. G. Mgr TASCHEREAU, Archevéque de Québec.
Québec, 3 Janvier 1872.
ARCHEVÉCHÉ E DE , QUÉBEC. Dis Monsieur l'Abbé VERMBIST, Je Au moment où vous allez quitter le palais où j'ai eté notre heureux de vous donner lhospitalité depuis votre arrivée voyag au Canada, permettez-moi de vous souhaiter un bon voyage que v et un plein suceès dans la mission que le Gouvernement Nou de Québec vous à confiée. les co:
Nous espérons vous voir revenir au printemps avec bon appel, nambre de familles industrieuses, honnêtes et chrétiennes, livrero comme Nous savons que la Beigique en contient beaucoup. obtienc Je donnerai volontiers de l'emploi à quelques prêtres de Nous bonne volonté et de bonne santé, mais surtout bien i'ecom- nos M mandables, qui viendraient avee ces colons. etc... Il y a dans ce diocèse beaucoup d'établissements nouveaux dans l auxquels il faut donner en aumône des ornements, des Nous vases sacrés et toutes les choses qui servent au eulte divin. et en Vous rendrez un grand service au diocèse en sollicitant, en anpréci faveur de ces pauvres Missions, la charité des âmes pieuses œuvres. de la Belgitue, qui aimeront probablement donner au Canada à leur
des marques de sympathie, dans le moment où ce pays ouvre ses portes à leurs compatriotes.
Agréez de nouveau, Monsieur l’ABRé, mes souhaits de bon voyage et de succès...
Signé : E. A. Arch. de Québec.
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