‹ Les Belges dans l'Afrique centrale; voyages, aventures et découvertes d'après les documents et journaux des explorateursChapitre 36 sur 46 · INE FACTORERIE DU BAS CONGO · texte numérisé non relu

INE FACTORERIE DU BAS CONGO

importants du monde, peut être facilement relié a celui de Banana par des services réguliers de steamers, et disputer à Livei-pool le monopole de l'importation et de l'exportation sur le littoral occidental de l'Afrique.

Les négociants anversois, par leur concours actif et intelligent, vont faire entrer l'œuvre africaine dans une phase d'activité pratique. Ils savent que le territoire du haut Congo est très favorable à la culture des végétaux et des arbrisseaux dont les produits sont si recherchés en Europe : caféier, indigotier, cacaoyer, gommiers, arachides, palmiers à fruits et à graines oléagineuses, etc. Ils ne reculeront .certainement pas devant des entreprises

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de plantations destinées à étendre leur commerce maritime et à contrebalancer l'influence commerciale que les armateurs hollandais leur opposent depuis que les Indes néerlandaises sont devenues, sous l'impulsion progressive de nos voisins les Pays-Bas, des colonies riches et productives.

N'est-ce pas d'ailleurs un syndicat d'industriels et de commerçants anversois, qui, en conviant récemment les nations à une exposition universelle, a permis à l'État libre du Congo, d'entrer dans la vie active des peuples, de montrer, à côté des riches produits industriels mis en ligne par les deux mondes, descollections d'ethnographie et d'histoire naturelle, et d'offrir exhibition complète, de tous les articles d'exportation et d'importation en usage dans l'Afrique centrale.-

Grâce à cette exposition universelle si bien organisée à Anvers en 1S85, la nation belge a pu constater qu'il lui importe de prendre part au mouvement commercial qui entraîne toutes les nations vers le continent africain.

L.es nombreux visiteurs de cette grande exhibition, ont pu voir a leur aise, et sans fatigue, quelques notables indigènes de l'État libre du Congo, parmi lesquels se trouvait une Majesté-noire, le roi Massala, cette ancienne connaissance de Stanley et de nos compatriotes.

Ces nègres du Congo n'étaient pas la moindre des attractions qu'offrait le palais d'Anvers, et chacun était avide d'écouter les descriptions enthousiastes de Massala, de contempler longuement les jeunes enfants de ce monarque africain, de suivre des yeux tous leurs mouvements, surtout lorsqu'ils se livraient aux exercices chorégraphiques de leur pays. Les cadeaux pleuvaient littéralement autour d'eux après chacun de ces exercices.

Aussi, en quittant la Belgique, pour retourner dans leur lointaine patrie, Massala et ses compagnons emportèrent-ils outre une véritable cargaison des présents offerts par leurs amis d'Europe un souvenir ineffaçable de l'hospitalité cordiale et généreuse des mundelés de la ville d'Anvers, de la ville de Bruxelles et du palais de Laeken.

A leur retour, les compagnons de Massala montreront ces présents, tout le long du chemin, de Banana aux Stanley-Falls; ils diront, dans leur langage imagé, la charité, la courtoisie, l'affabilité des bons blancs de la Belgique, les éblouissemenls qu'ils ont éprouvés en traversant les grandes villes, -les villages et les campagnes du pays merveilleux où prospèrent les sujets blancs de leur nouveau o Grand Roi ».

Le nom et la munificence de S. M. Léopold II, la grandeur et les richesses

de la patrie belge, les bienfaits de la civilisation et du travail ne seront plus pour les populations du centre africain des mots insignifiants, des contes faits à plaisir.

Le Roi Léopold II, souverain du Congo, la nation belge, la civilisation, ont dès à présent sur la terre d'Afrique, parmi les noirs, des amis, des avocats, des apôtres, des conteurs a la parole ardente, à l'imagination féconde, qui, transmettant leurs récits d'une génération à l'autre, contribueront, eux aussi, d'une manière efficace, à l'achèvement d'une œuvre qui se place au premier rang des entreprises humaines.

Vers le milieu du siècle prochain, l'État neutre et indépendant du Congo aura sa place au banquet de la civilisation. Sur les emplacements des stations ouvertes par nos compatriotes, des villes somptueuses auront sur les bords du Congo leurs débarcadères, leurs docks, leurs hôpita'ux, leurs écoles, leurs hôtels, leurs églises et leurs temples: les zones marécageuses

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