‹ Les Belges et les Alsaciens-Lorrains au Canada [microforme]Chapitre 1 sur 22 · A MES COMPATRIOTES · texte numérisé non relu

A MES COMPATRIOTES

Les efforts tentés depuis quelques années par le Gouvernement catholique de la Province de Québec pour fonder une colonie agricole Belge dans ces parages, ayant attiré mon attention, principalement par la publication d’une brochure intitulée : Lu province de Québec et l'émigration européenne, qui a été répandue ici à un grand nombre d'exemplaires, je me suis mis aussitôt en relation avec M. Enw. Barnarn, Délégué de ce Gouvernement, qui était muni

/ d'instructions officielles. Cette remarquable brochure, qui

est un guide sûr pour l'émigrant Européen, est l’œuvre de M: Siméon LesacE, Assistant-ministre de l'Agriculture, à Québec. Elle contient une relation consciencieuse de la situation du pays et des nombreux avantages qui y sont accordés au colon, ce dont j'ai pu me convaincre personnellement en me rendant sur les lieux et en parcourant le pays, surtout dans le but de m'y consacrer aux Missions Etrangères. Les renseignements que j'ai recueillis de la bouche mème des autorités ecclésiastiques et civiles du pays, ainsi que par l'intermédiaire de mes compatriotes Wallons èt Flamands déjà établis dans ces contrées, m'ont complètement tranquillisé tant sous le rapport religieux que de l'avenir réservé aux personnes suffisamment entr-orenantes pour aller s'établir par delà les mers dans ce pays réellement fertile.

Afin de mettre le public à même de juger en parfaite connaissance de cause, j'ai cru utile de grouper dans un petit recuei! mes principales impressions personnelles, que fais précéder de quelques lettres émanant du digne

iscopat Canadien, qui seconde cette immigration de tous ses efforts. La situation précaire du cultivateur de la Campine et des deux Flandres, qui m'est particulièrement connu, et la certitude qu'un avenir plus prospère l'attend dans la Province de Québec, dont je m'occupe plus spécialement ici, m'ont engagé à prèler mon concours à une œuvre qui, tout en contribuant largement au bienètre d'une closse de mes com-

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patriotes bien digne d'intérêt, se rattache étroitement à la propagation de la foi, dans des contrées qui sont en voie de se peupler rapidement à l'époque présente.

Je sais, qu'un Agent français, frappé comme moi des avantages offerts aux immigrants de sa nationnalité, de la fertilité des terres, de la solidité et de la stabilité des institutions politiques du Cauada, doit y amener très-prochainement plusieures familles Alsaciennes et Lorraines ; j'ose à mon tour et sans hésiter faire un appel chaleureux à mes concitoyens catholiques, et les engager à quitter le sol natal si ingrat pour beaucoup d'entre eux. Je ne crains pas de leur dire : Allez! tentez la fortune dans un pays qui vous recevra à bras ouverts, et qui, par sa situation et les nombreux avantages qu'il vous offre, à vous cultivateurs ou artisans religieux et laborieux, m'est un gage assuré de succès. Mes convictions, sous ce rapport, sont tellement bien établies, que je me suis décidé à accompagner au printemps prochain ceux qui quitteront le port d'Anvers pour prendre la route du Canada.

Quelques extraits de journaux, cités au hasard, prouveront clairement que j'ai obtenu des avantages réels du Gouvernement local, dans deux établissements nouveaux, dont l'un, à recruter parmi la population flamande, sera appuyé sur le monastère des Trappistes, flamands d'origine, dans le comté de Dorchester, et l’autre, pour la partie Wallonne du pays, dans la vallée fertile de l'Ottawa, ou les premiers venus se trouvent déjà établis depuis le printemps dernier. D'autres avantages encore doivent être très-prochainement portés à ma connaissance et seront communiqués aux intéressés par la voie de la presse Belge et Française, — L'abbé Chartier, curé de Coaticook et Agent de colonisation pour la province de Québec, parcourt en ce moment ce pays, jour établir partout des Sociétés de colonisation et fuire es préparatifs nécessaires à la réception des colons Belges au printemps prochain. Tous, flamands, wallons, hollandais, allemands, alsaciens et lorrains, pouvent compter sur mon appui moral et sur mon dévouement absolu.

Anvers, le 28 février 1872.

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