ACTE I
TRILBY
Vous êtes donc bien pressé d’en finir... Je parierais qu’il s’agit de quelque amourette... A votre âge, on ne se tue que pour ces bêtises-là...
» TOBÏ.
Eh ben! quand cela serait, ne suis-je pas le maître?...
TRILBY
D’aller conter vos douleurs aux petits poissons de la rivière... si fait; mais, en cherchant bien, peutrêlre pourriezvous mieux faire...
TOBY, aecouant la (êta.
Je ne crois pas...
TRILBY
Voulez-vous que je vous donne un conseil?
TOBY
A quoi bon?
On vous repousse parce que vous êtes pauvre, sans doute...
TOBY
Eh ben?
TRILBY
Prouvez que vous ne l’êtes pas...
TOBY
Vous voulez me gouailler... comment pourrais-je prouver que je suis riche... quand je ne possède pas un écu d’argent?...
TRILBY , qui étend le bras vers lui.
De l’argent?... vous en avez plein vos poches, (on «tend le
hruil que ferait une pluie de louii d’or.)
TOBY
Moi?
TRILBY
Cherchez!
TOBY, tirant de sa poche nue poignée d'or.
Que vois-je! ça se peut-il?... et de ce côté-là... tout de même. Ah! m’sieu, que c'est ben à vous; car il n’y a que vous qu’a pu me fourrer tout ça dans les poches... De l’or !... de l’or à pleines mains!...
Air du brasseur de Preston.
Quoi ! dans mes mains, de l’or ! de l'or ! est-il possible ! Moi, le pauvre berger, riche comme un seigneur !
O prodige, ô bonheur !
Mon pouvoir est irrésistible !
Merci, mon bienfaiteur,
Vous êtes deux fois mon sauveur!
( Prenant une poignée d'or el faisant sauter les louis.) Quoi ! cet or qu’il me donne,
Cet or n’est à personne...
• Et je l’entends qui sonne,
Qui sonne dans ma main !
Tin, tin, tin, tin, tin, tin, tin, tin,
Tin, tin, tin, tin, quel bruit divin !
Rien ne m'arrête plus et je vais à la vente,
Où je puis, à présent, me présenter aussi.
A moi, trésors, bijoux, & moi femme charmante!
A vous, mon bienfaiteur, merci i cent fois merci !
• (ff sort à droite.)