‹ Les bibelots du diable feerievaudeville en trois actes et seize tableauxChapitre 21 sur 102 · ACTE I · texte numérisé non relu

ACTE I

Que chacun vienne et s'explique

Dans un congrès diabolique.

TOCS.

Parle donc... nous sommes là.

CHOEUR

Nous voici, nous accourons, etc,, etc.

PHOSPHORIEL.

Nous diras-tu pourquoi tu nous rassembles dans ce misérable village?

AZOLIN.

Nous qui depuis si longtemps nous reposions en liberté...

ÉTHER

Et qui dormions d’un si bon sommeil.

TRILBY

Parce que votre repos, votre bonheur, votre liberté sont menacés.

tous.

Menacés!

ÉTHER

Et par qui?

Écoutez; autrefois, vous le savez, nous étions forcés d’obéir aux talismans que possédaient les fées. Les fées distribuaient ces talismans aux humains, et nous, les esclaves de ces instruments magiques, nous devenions les très-humbles serviteurs de ceux qui les avaient en leur pouvoir.

PHOSPHORIEL.

Et ces humains étaient d’une exigence!...

TRILBY

Oui, ils en ont tant fait, que le destin a supprimé les fées, qu’il a repris les talismans, et qu’il les a tous enfermés dans un vieux château sous la garde de l’enchanteur Frfustus, qui devait vivre trois cent soixante-neuf ans, à la condition de toujours veiller sur ce précieux dépôt.

PHOSPHORIEL.

Eh bien?

AZOLIN.

Nous savions tous cela...

TRILBY

Oui, mais ce que vous ignorez, c'est que Faustus le sorcier a vécu ses trois cent soixante-neuf ans, et qu’il est mort.

Mort!

LES BIBELOTS DD DIABLE

TOCS.

TRILBY

Et qu’aujourd'hui tous ces talismans, auxquels nous devons obéir, vont être vendus à la criée...

TOUS

A la criée !

ETHER

Mais c’est un coup terrible ! Nous allons retomber au pouvoir des mortels...

PHOSPHORIEL.

Nous serons encore obligés d’être les valets de leurs fantaisies.

TRILBY

Peut-être.

TOUS

Comment ?

TRILBY

D’abord, il n’est pas bien certain qu’on les achète , ces talismans, dont on ignore la valeur; et puis, les achèterait-on, qu'il serait bien difficile de deviner leur pouvoir.

AZOL1N.

En effet... Ajoutez que depuis si longtemps, ils doivent être en bien mauvais état...

PHOSPHORIEL.

C’est ce dont il faudrait nous assurer...

Rien de plus facile, (il donne un son de cor, el tout aussitôt le théâtre change et représente un cabinet d’alchimiste; serpents et crocodiles pendus au plafond; rayons de gros livres poudreux; cornues et alambics; fioles et bocaux contenant diverses substances. Une grande table sort do dessous; sur cette table sont tous les talismans de la Féerie, posés sur de petits coussins. Sur les coussins sont un panier d’oeufs dorés, un mirliton, une queue, une paire de bottes, une escarcelle pleine de poudre, une boite remplie de piiules, un rameau d’or et un pied de mooton.

ÉTHER

Les voilà!... oui, oui, ce sont bien eux!...

PHOSPHORIEL.

Hélas! je les reconnais!

TRILBY

Dire que nous les tenons là, sous la main, et que le roi des génies nous défend de nous en emparer!

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