‹ Les bibelots du diable feerievaudeville en trois actes et seize tableauxChapitre 72 sur 102 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

JEAN LEBLANC

Est-ce que je te tous fais frayeur?

RISETTE

Oui et non.

JEAN LEBLANC

Ne suis-je plus ton petit Blanc-Blanc?...

RISETTE

C'est que tu peux tout, toi, avec ton talisman!...

Mon talisman !... je ne l'ai point sur moi. 11 est avec les diamants de la couronne.

RISETTE

Bien vrai?

JEAN LEBLANC. c

Mais-z-oui, mais-z-oui... et que tu n’as rien à redouter dans cette gronne.

RISETTE

Comment que tu dis ça?

JEAN LEBLANC

Je t'affirme que t'as rien à redouter dans cette gronne . ..

RISETTE

Je croyais qu'on disait grotte...

JEAN LEBLANC

C’est bien possible...

RISETTE, riant.

C'est encore un petit restant d’âne... C’est égal, j’aimerais mieux me promener aut’ part...

JEAN LEBLANC, avec pauion.

Pourquoi z-aut’ part ? l’ombre du mystère convient à ceux

3 ui palpitent... Ne palpitons-nous pas. Risette? C'est si bon 'être seuls à deusse un moment sur le globe!

RISETTE

Seuls? c'est tout au plus... il y a là-bas une foule d’estatues...

JEAN LEBLANC

Eh mon Dieu! ces estatues, enfant, ce sont des filles de marbre, voilà tout. - . .

Air :

Ah ! puisque dans cette grotte Nous n’somm’a que nous deux.

88 LES BIBELOTS DO DIABLE

Passe ta jolie menotte Dans mes blonds cheveux, - , v ■

C'est en vain qu’tu t’habitues A r’pousser mes feux.

Des faveurs que j'n’ai point eues Je suis envieux.

RISETTE

Parlez bas : (Bis.)

Prenons garde à ces statues.

JEAN LEBLANC

Bah I (ter) les statu’s n’entend’nt pas.

DEUXIÈME COUPLET

D’ailleurs un baiser plein d'flammes Peut s’donner tout bas.

Nous embrasser d’vant ces dames ,

Vous n’y pensez pas !

JEAN LEBLANC

Va, d’un baiser ces statues No sabraient s’ vexer,

Elles sont trop peu vêtues,

Pour s’en offenser.

RISETTE

Je n’veux pas (bis)

Effaroucher des statues...

JEAN LEBLANC

Bahl (ter) les statues n’y voi’nt pas.

TUSETTE.

Elles n’entendent pas... elles ne voient pas... c’est possible... mais elles me font peur... Allons-nous-en!... (Fausse «unie.)

JEAN LEBLANC, la retenant.

Mais c’est de la démence... mais regarde-les donc... elles ne bougent non plus que des souches... (a ce moment on voit les statues changer lentement de position., Même que Ça doit les gêner foncièrement, de rester comme ça dans la même position pendant des foules d’années... que... Mais non... mais si...

RISETTE

Qu’est-ce que t’as?

JEAN LEBLANC

C’est-y l’effet du vin empaillé que j avons bu. .. ou bien c’est-y vrai?... y m’ semble...

Page 1