‹ Les bibliothèques, anciennes et modernes, de LyonChapitre 16 sur 22 · DISCOURS DE LA 8AIKT-TH0MAS · texte numérisé non relu

DISCOURS DE LA 8AIKT-TH0MAS

1546. — Le Consulat fait payer 100 Jivres tournois à Geoffroy Bivière, médecin, pour l'oraison de la Saint- Thomas, parce qu'il ne se trouvait point de docteur pour faire cette oraison. (Actes consulaires.)

1556. — Antoine de Masse fait la harangue de la Saint-Thomas.

1 571 . — Claude Biche , avocat au présidial, fait la harangue de la Saint-Thomas.

1630. — Pierre Dorlin, avocat aii présidial, &it la harangue de la SaintnThomas.

1640. — N. Duguet, avocat au présidial, fait la harangue de la Saint-Thomas. Il reçoit 60 livres pour cela.

1651 . — 19 décembre. On arrête que l'oraison de la Saint-Thomas se fera au nouvel Hôtel-de-Ville, mais que la messe du Saint-Esprit se dira encore à la chapelle dé Saint- Jacques. (Actes consulaires.)

1674. — 19 avril. Le docteur de Cotton est retenu pour le discours de la Saint-Thomas.

1715. — Claude Chancel, prêtre, fiait l'oraison delà Saint-Thomas. (Mémoires de M. Michon.)

1717. — Camille Perrichon aîné, fils du secrétaire de la ville, fait l'oraison de la Saint-Thomas.

1724. — Térasson jeune, avocat, fils de feu Térasson, dernier échevin. Discours sur l'utilité des belles-lettres et des sciences.

1725. — Boche. Discours sur la justice en général. On le trouve mauvais.

4 726. — Vauversin, jeune homme, fils d'un employé

aux douanes. Fait le discours sur le texte de Plaute : Par est fortuna labari. Bien traité.

<727. — Le Discours fidt par un jeune abbé, précepteur du fils de l'intendant, sur la politesse. Médiocrement traité. Il reçoit de la ville une montre d*or de iO pistoles.

4728. — Girard jeune, avocat. Discours sur l'amour de son état et pour texte : Age quod <igis.

4729. — Bourgelat, fils de l'échevin. Discours sur l'émulation.

4 730. — Boucher, avocat à Paris, fils d'un procureur de Lyon. Discours sur Tunion et la concorde. Texte de SaUuste : Concordid res parvœ crescent ; discordiâ maximœ dilabuntur. Imprimé.

4734. — De La Chapelle, fils d'un juge, garde de la Monnaie. Discours sur l'amour de la patrie.

4734. — Discours par le fils de la veuve Basset. La princesse de Modène y assiste. C'était le fils de Charles Basset, échevin en 4740. Le sujet était de la bonne foi. On en a été très-content.

4735. — Discours par Montgiraud. Sujet : Les devoirs de la société civile. Depuis quelques années, les honoraires de l'orateur sont une bourse de jetons d'argent de la valeur de 40 écus au plus.

4736. — Burtin. Discours sur la modération. C'est peu de chose.

4737. — Barret jeune, avocat. Sujet : La bienséance ou les égards que l'on doit observer dans la société civile. Jean Barret reçu à la Cour des Monnaies à 24 ans.

4738. — M. de Valons. Discours sur la fidélité.

4 739. — La ville donne après la cérémonie de la Saint- Thomas le repas accoutumé dans la salle des Portraits. Autrefois il se donnait au cabaret, chez le traiteur de la ville, et Fauteur donnait à dîner chez le traiteur à quel-

qu6&-uns de ses amis aux frais de la ville. Â présent il dîne avec les autorités et à la place d'honneur.

Le discours est cette année fait par le fils de Simon Petitot : Sur ce que la véritable gloire consiste à remplir les devoirs de son état.

4740. — Un jeune homme de Paris fait un discours assez médiocre sur la prudence.

4741. — Discours par M Michon fils. Sur ce qu'il est plus difficile de conserver que d'acquérir. Le prévôt des marchands s'est opposé à Timpression, trouvant le discours peu flatteur pour lui.

On mène Fauteur, après le dîner, au spectacle à des loges gardées; il reçoit une montre d'or et deux flambeaux d'argent.

C'était le fils de M. Léonard Michon, ancien échevin.

4742. — Discours, par le fils aîné de Tolozan, secrétaire du roi^ fabricant, qui est originaire d'Embrun.

4743. — Le discours devait être prononcé par Marc jeune, avocat. Il en fut empêché par la mort de son père, procureur de la ville. Il fut remplacé par le fils Tolozan qui offrit de prononcer son discours de Tan passé.

4745. — Discours par M. Calze, chanoine de Fourvières, sur la nécessité des sciences pour la perfection du commerce.

4766. — Discours par M. Dervieux de Goiffieux.

4775. — Discourspar Bergasse, qui reçoit 342 francs. (4)

Mais la tempête révolutionnaire en renversant toutes nos anciennes institutions, ne respecta pas davantage notre Barreau. Il sombra aussi dans ce grand et douloureux naufrage

(1) Je crois que les oraisons de la Saint-Thomas ont été rarenmet imprimées.

La Rév(dation le aapprima implicitement par un décret des 2 et 11 septembre 4790, portant que les hommes de kif d'-devant appelés avocats ne devant former ni ordre ni corporation^ n'auront aucun costume particulier dans leurs fonctions, a Pas une seule voix ne s'éleva dans l'Assemblée constituante pour défendre TOrdre ; — dans cette Assemblée siégeaient cependant les Tronchet» les Tai^t, les Camus, les Treillard et Samson, alors le bfttonnier de

l'Ordre Ils courbèrent la tète...., comme la courbent

trop souvent les hommes les plus éminents , au brait des commotions politiques, et qui laissent faire

Les défenseurs officieux remplacent les avocats. (Loi du 45 décembre 4790.) Mais, dépourvus qu'ils étaient de notions théoriques par la fermeture des Ecoles de droit, ils ne rappelèrent en aucune manière cet éclat qu'avaient eu les anciens avocats constitués en compagnie. Ce ne furent plus que de rapaces faiseurs d^affaires, dont les honnêtes plaideurs «fusaient le concours et le ministère insuffifisants.

Le temps des défenseurs officieux fut heureusement très-court. La loi du 22 ventôse, an XII, dut rouvrir les Écoles de droit et prescrivit la formation d'un tableau des avocats près chaque tribimal. — Les avocats ne furent cependant pas satis&its de cette loi. Elle contenait, comme celle de 4840 qui la compléta, des défiances contre eux, car Napoléon P', alors omnipotent, et qui redoutait les traditions indépendantes, écrivit alors à Cambacérès : a Le décret est absurde, — il ne laisse aucune prise, aucune action contre eux. — Ce sont des factieux, des artisans de crimes et de trahisons. Tant que j'aurai l'épée au côté, jamais je ne signerai un pareil décret. — Je veux qu'on puisse couper la langue à un avocat qui s'en sert contre le gouvernement. »

L'Empire tomba. — Les avocats avoueront qu'ils contribuèrent bien un peu à sa chute, — et la Bestauration, quoique animée des intentions les plus honnêtes et les plus libérales, ne put pas se résoudre non plus à rendre aux avocats leur ancienne constitution, ni leurs préroga-^ tives des siècles passés. Elle lutta contre eux jusqu'en 1822, et céda alors — sur quelques points. Enfin, une ordonnance du 27 août 1 830 « fît aux avocats une nou«yelle concession » , mais celle de 1 822 est en réalité la vraie qui régit encore aujourd'hui l'ordre des avocats.

La Bibliothèque des avocats, avant 1789, était conservée dans les bâtiments du Petit-Collège, où elle occupait une vaste salle carrée bien éclairée au haut du grand escalier. Cette collection avait été enrichie de dons par divers particuliers, et même une dame lyonnaise, Blanche Dupuys Albanel (1), légua une somme annuelle à Claude Brossette pour que celui-ci enrichît de livres la Bibliothèque des avocats. Mais la Révolution, en détruisant aussi l'ordre des avocats, ne manqua pas non plus de faire main basse sur la Bibliothèque des avocats, laquelle fat réunie plus tard à celle du grand collège dit le Lycée.

La Bibliothèque actuelle du Barreau de Lyon ne remonte pas au-delà de la réorganisation de l'ordre des avocats, en 1810.

(t) Blanche Âlbanel, fille de Gaspard AlbaneU écheyin en 1716, et de Jeanne Gayot de La Claire, sa deuxième femme; épousa Hugaes Riyerieulx de Varax, prévost des marchands en 1750.

Sa sœur Anne Âlbanel, fille de Sybille Fayard, première femme de Gaspard Âlbanel, épousa, en 1728, Jean-Baptiste Trollier de Messimieux, conseiller à la Cour des monnoies.

Angostin-Philibert-Bemard Albanel, trésorier de France, fat condamné à mort par le tribunal révolutionnaire de Lyon, le 12 jinvier 1794. (Note de M. Morel de Voleine.)

Fondée à cette époque, elle s'est accrue successivement par des achats , par des dons faits par des avocats, et même par quelques magistrats.

La Bibliothèque des avocats compte environ 4.000 volumes, qu'on peut classer ainsi : 1 ^ Droit ancien ; 2® Droit moderne; 3^ Littérature et économie politique; i® Mélanges.

Dans la première catégorie on remarque la belle édition des Assises de Jérusalem, publiée par M. Beugnot ; les 0/tm, publiés par le môme ; l'édition in-folio, en deux volumes, des Usages de Bresse, de Revel, qui renferme la première partie de Y Histoire de Bresse, par Guichenon ; édition assez rare.

La seconde catégorie n'offre rien d'exceptionnel, elle est pourvue de tous les ouvrages utiles à consulter pour l'étude des questions de droit.

Sous le titre de Littérature, histoire et économie politique, je signalerai la collection complète du Moniteur universel, depuis 4789 jusqu'à nos jours, — la grande Biographie de Michaud, le Glossaire de Ducanges, avec le supplément de Carpentier.

Enfin, sous le titre de Mélanges, je rangerai la collection des mémoires judiciaires de M. le conseiller Menoux, — collection importante qui compte au moins trente volumes, et que l'on peut consulter utilement pour l'histoire judiciaire de Lyon, pendant la première moitié de ce siècle.

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