‹ Les bibliothèques canadiennes [microforme]Chapitre 8 sur 8 · HE APS HA · texte numérisé non relu

HE APS HA

9. — Que les remerciements de l'assemblée soient votés à la Société d'Histoire Naturelle de cette ville, à l'association de la Bibliothèque de Montréal et au Mechanic's Institute Pour l'abandon £énéreux que ces institutions ont fait à la ville de leurs collections précieuses,

Et l'assemblée reconduisit M. Vattemare en triomphe à sa demeure, tout Comme si Ç’eut été la divine Sarah elle-même! La messe Promise fut en effet chantée, Mais, dans Je Compte rendu qu’il en donne le 28 janvier, le Canadien annonce avec regret que M. de Charbonnel, malade, n’a Pas pu monter en chaire. C'est à la suite de cette enthousiaste réunion, que fut adoptée par le Conseil spécial l'ordonnance que je rappelais tout à l’heure,

Légitimement fier de son succès à Montréal, M. Vatte. mare Court à Québec Prêcher le même évangile d'instruction. I1 n’y reçoit Pas un moins chaleureux accueil. Les soirées de ventriloquisme alternent avec les conférences et l’enthousiasme ne se dément pas. A l’exemple de Mgr Bourget Myr Signay et Mgr Turgeon, son Coadjuteur, donnent leur adhésion publi. Que à l'oeuvre de M. Vattemare. M. René-Edouard Caron, mai-

une part active, en même temps que l’hon. John Neilson, G.-B. Faribault, le Dr Bardy et Etienne Parent. Québec, dans cette affaire, r’entendait Pas rester en arrière de Montréal. De toutes les associations de Québec, il n'y avait que la

quelques réserves, mais elle avait dû céder devant les protestations des journaux et lindignation universelle, lorsque M. Vattemare nous quitta enfin, au milieu de mars 1841,

sible de Lire, dans le Canadien du 17 mars 1841, son dernier message, intitulé Aux Canadiens, sans songer à Lycurgue faisant jurer à ses concitoyens de ne rien changer à ses institu: tions jusqu’à son retour.

Malheureusement, M. Vattemare ne revint pas et toute l'affaire tomba. De tout ce bruit, il ne resta rien, rien, pas même le souvenir. Jamaik l'on n'aura vu feu de paille s’éteindre avec plus de promptitude et d’aussi complète façon. On vient de voir que l'intervention de M. Vattemare fut bien près d’occasionner la dissolntion de la Société Littéraire et Historique de Québec, et cependant M. F.-C. Wurtele ne la mentionne même pas dans son histoire de cette société.

A partir de cette époque, toutefois, l’on croit apercevoir une recrudescence d'activité dans les associations littéraires ou scientifiques de Québec et de Montréal A Québec, en 1840, il se fonde sous le nom de Quebec Library Association une nouveile bibliothèque publique, qui, après avoir absorbé, quelques années plus tard, l’ancienne Büibliothèque de Québec — celle d’'Haldimand —, fut finalement absorbée elle-même, en 1869, par la Société Littéraire et Historique de la même ville.

A Montréal, nous voyons se fonder en 1840 la Mercantile Library Association. En 1852, l’Institut des Artisans ou le Mechanic’s Institute, qui existait depuis 1828, se construit un vaste édifice où il installe sa bibliothèque de 4,500 volumes. La Mercantile Library englobe en 1844 la Montreal Library, mais ce n’est que pour être plus tard, en 1885, englobée ellemême, en même temps que lnstitut Canadien, par le nouvel Institut Fraser.

Nous possédons des catalogues de quelques-unes de ces

Ts

dix jours Pour un i et huit jours seulement Pour un in-8o. L'amende était de cinq pence ou dix sous pour chaque jour de retard. Le Mechanic’s Institute avait la même bizarre habitude

Puis de 8 heures à 6 heures heures à 10 heures dans Ja soirée,

Parence mais beaucoup jusqu’en ces derniers thèques publiques ca Canadien,

e assez modeste Carrière, subitement le développement que }’ Bibliothèque Saint-Sulpice. Mais il

même que, pendant ge, les moines aCCumulaient dans leurs monastères les trésors oubliés de l'antiquité Classique et les con-

servaient providentiellement pour la grande Renaissance, notre clergé enseignant a patiemment amassé des livres depuis cent ans dans le secret de ses institutions en vue d’une autre renaissance, celle-là canadienne, En 1836, M. l'abbé Jenn Holmes était envoyé en mission en Europe, relativement aux, écoles normales. Il faut lire, dans la belle notice que lui a consacrée M. Gosselin, avec quel empressement toutes les maisons d'éducation d'alors chargèrent le savant voyageur de leur acheter des livres pour leurs bibliothèques. Le pauvre M. Holmes en dut être débordé. Sait-on aussi que la seule maison-mère de la Congrégation de Notre-Dame renfermait plus de 9,000 volumes en 1853, d’après le rapport du surintendant de l’Instruction publique, le Dr Meilleur? N’oublions pas que, si nous avons pu, malgré tout, faire aussi bonne figure dans les statistiques officielles du Canada au point de vue des bibliothèques, que si l’on a pu constater que, même aujourd’hui, la proportion de livres par tête d’habitant est plus élevée dans le Québec que dans l’Ontario, cela est dû aux riches bibliothèques de nos maisons canadiennes-françaises d'enseignement.

Nous pouvons clore ici l’histoire de nus bibliothèques canadiennes. Il est inutile de parler de nos bibliothèques actuelles. C’est de l’histoire contemporaiie parfaitement connue des lecteurs de la Revue Canadienn:. Mon but a été seulement de montrer par quelle lente et laborieuse évolution nos bibliothèques sont parvenues au bel épanouissement d’aujourd’hui. Nous aurons bientôt à Montréal trois bibliothèques publiques de réelle importance.

Il appartient maintenant au public d’en bien profiter et d’en tirer tout le profit possible. A ce propos, je me suis laissé

Conter ces jours dernier:

la permission de redire le comporte,

8 une petite histoire, que je demande en terminant, à canse de la leçon qu’el-

est pas bien loin de Mont.

réal et qui passe à bon droit Pour posséder une Popu-

vue avaient naturellement été invités à

la fête, Or, il arriva que l’un d'eux, pressé d’occupations,

viction certaine que son prix ” ciés. Le jeu s'achève et la distribution des D'un coin de la salle, le donateur du livre suivait la cérémonie avec le plus vif intérêt. À sa grande surprise, cinq, huit, dix t.. et pas une n’accorde même un re-

prix commence.

proche, retire son livre et y substitue une Pièce d’or de 82.50 qu’il vient de tirer

de sa poche, Eh bien! il Paraît que ce ne fut pas long. Dès le tour suivant, la pièce d’or était enlevée.

Ce serait vraiment trop malheureux si le public de Montréal, semblable aux jeunes filles du village de X.. +» Persis-

tait à Préférer, à la beauté immatérielle du livre, la pièce d’or du mercantilisme pur.

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