‹ Les bibliothèques populaires [microforme]Chapitre 2 sur 26 · LA LECTURE EST INDISPENSABLE AU PEUPLE · texte numérisé non relu

LA LECTURE EST INDISPENSABLE AU PEUPLE

Il serait superflu de s'engager ici dans un tra; dissertation à perte de vue sur la nécessité dune la lecture, de cet aliment aussi indispensab} Pur

co n € Pa Dir que ma

fra que aim ain de ce par lia

‘da

des tab

négosentid’eux- +4 d’un timent tion et , ja for- | prineithèques

i-ci—0n le bé [1 aura à jugés des ition des

des qu'il et pour le te et diffide toute:

ontés.

ci dans UP nécessité 0 dispensabl

es D

à la vie intellectuelle que peut l’être la nourriture animale à la vie physique.

C’est ]à un de ces sujets qui ne sont plus guère susceptibles de controverse,

La lecture — on nous l’a répété mille fois — est devenue plus que jamais un besoin de notre époque.

L'esprit comme le corps doit être nourri et fortifié, et si nous ne voulons point, nous, peuple canadien-français, être écrasé par la comparaison avec les autres nationalités qui ne reculent devant aucun sacrifice pour propager et vulgariser l'instruction, il nous faut lire, il nous faut multiplier les sources auxquelles nous pourrons puiser ce qui nous manque.

‘* Je voudrais voir, a écrit un publiciste français qui s’est vivement préoccupé de la question ouvrière, je voudrais voir l’ouvrier aimer les bons livres: pour apprendre à les aimer, il faut nécessairement un certain effort de l’esprit, qui peut coûter dans le comimencement, mais dont on est bien récompensé

par le plaisir qu’on goûte lorsqu’on s’est fami- HAE ANOORRRee rrivrenieermece rervucrhnet ‘* Eclairé par de bonnes lectures, F ouvrier des champs verrait les choses sous leur véritable jour. Les plaisirs artificiels lui paraîtraient bien fades, au prix de ceux que don-

nent une vie laborieuse et une conscience

pure.

‘* [l'apprendrait à n’estimer que les vraies richesses, les richesses du cœur, lorsqu'il verrait dans de bons ouvrages d'histoire, Phocion tirant lui-même de l’eau de son puits au moment où il refuse l’or d'Alexandre, Cléanthe passant la nuit à travailler pour une boulangère, Philopæmen fendant du bois dans une cuisine, Curius sarclant son jardin, Cincinnatus quittant sa charrue pour aller à la tête des armées sauver sa patrie, et disant à sa femme: * Ah! machère Racilie, je crains bien que nos champs ne soient mal cultivés cette année.”

** Répandre ainsi dans les esprits un baume consolateur, calmer la fièvre inquiète qui les dévore, et donner aux loisirs un emploi aussi agréable que fructueux, tel sera le bienfait des bonnes lectures. Ce bienfait est-il si peu de chose ? ”

Qu'on ne dise pas, écrit M. Barrau, dans son excellent ouvrage, Conseils aux ouvriers, qu’on ne dise pas que la masse du peuple n’est pas susceptible ou digne d’être éclairée.

‘* Je plains les détracteurs de ce peuple de ne pas comprendre que, plus la vie de ces hommes est matériellement pénible, plus il est juste de l’adoucir à l’aide des jouissances intellectuelles, et d’imiter en quelque sorte la nature, qui prodigue les fleurs brillantes du genêt et de l’ajonc sur les landes infertiles, afin que les plus pauvres campagnes aient, comme les plus riches, leur éclat et leurs parfums. Oui, je voudrais populariser le goût de l'étude, je voudrais que dans cha-

ré ie Lie) qu il toire, » g80oh ndre, rune | bois ardin, aller à disant crains ultivés

baume qui les oi aussi bienfait 1 si peu

au, dans ouvriers, u peuple éclairée.

peuple de ie de ces le, plus il Juissances ue sorte la llantes du infertil es;

ulariser 1e dans cha-

de à r4

jan

PAU, Jeu

que chaumière, dans chaque mansarde, il y eut une tablette chargée de bons livres.

‘* Depuis quelque temps, on se préoccupe sans cesse d'augmenter le bien-être matériel des classes laborieuses : certes, dit M. Barrau, j'applaudis de toute mon äiñe à une telle pensée; aux tentatives de tant de généreux amis de l'humanité, j’unis aussi mes faibles efforts ; mais le progrès du bien-être matériel a ses dangers, que peut seul neutraliser un progrès analogue dans l’ordre intellectuel. T1 serait hors de propos de m'étendre sur ce sujet; il me suflira de dire que c’est en donnant l’aliment à Ja pensée, en s’accoutumant à aimer autre chose que ce qui est niatériel, que la société humaine peut impunément s'avancer dans les vo'rs du bicu-être nhysique.”

J'ajouterai que le temps est passé où prévalait ce préjugé trop général que les jouissances de la pensée étaient réservées à un petit nombre de personnes. On reconnaîtau contraire aujourd’hui que l'intelligence de ce qui est bon et de ce qui est beau est rarement refusée à ceux en qui la volonté de sentir et de comprendre est la seconde nature. Ilest donc possible, il est même facile aux ouvriers de se mettre en état de lire avec plaisir et avec

fruit, et, du moment où ils auront contracté

l'habitude d'employer ainsi leurs loisirs, ils

auront, pour arriver au perfectionnement

moral et même au bien-être matériel une belle chance de plus.

C’est à peu près la même pensée qu’exprimait tout récemment à la conférence internationale de Berlin l’un des plus grands esprits de ce temps, M. Jules Simon, délégué de la France. Si l’on veut améliorer le sort des classes ouvrières, disait-il, l'important, l'essentiel, c’est de former, de développer, d'éclairer l'esprit et le cœur de l’ouvrier et de fortifier en lui le sentiment du devoir.

IIT

Page 1