‹ Les bienfaiteurs; comédie en quatre actesChapitre 30 sur 135 · A.CTE PREMIER · texte numérisé non relu

A.CTE PREMIER

Mais vous, vous... ce rôle ne vous tente-t-il pas ? Vous avez une fortune considérable, dont vous ne savez que faire; cette fortune, elle vous est venue par hasard... sans que vous l'ayez méritée. [Mouvement de Sah'iat.) Ah ! vous n'allez pas me dire qu'elle représente le salaire de la peine que vous avez eue à ramasser le caillou di)nt vous ignoriez même la valeur! Eh bien, ne sentezvous pas que vous l'excuserez, cette fortune, en en consacrant une partie à l'anivre que je dis : aider ceux qui iravaillenl ? Faire que l'homme qui a peiné dix heures rapporte au moins chez lui de quoi nourrir les siens; faire que l'homme qui a peiné toute sa vie ne soit pas réduit, lors de sa vieillesse, à subir l'humiliation de la charité... Oui, l'humiliation... car ce que la société donne à cet homme qui s'est usé à son sei'vice, ce n'est pas un cadeau qu'elle lui fait, c'est une dette qu'elle lui paie, et qu'elle paie avec rapacité... lorsqu'elle la paie. Allons; monsieur Valentin Salviat, laissez-vous convaincre... essayez... Et si vous nedeviez pas réussir, il laudrait essayer cependant, parce que vous auriez tout de même fait un peu de bien... et que c'est là le seul but et la vraie joie de la vie. Mais je suis sûr du succès... sûr, sûr!

VALENTIX SALVIAT ■

Eh bien, j'essaierai, si vous voulez m'aider.

PAULIXK

Comment ?'

VALEXTIX SALVIAT

Vous avez inventé un appareil?

LAXDRECY

Un aceuumlaleur.

VALKNTIN SALVIAT

Pourquoi n'en construisez-vous pas ?

LANDIUXY

Parce que je manque de capitaux.

VALENTIN SALVIAT

Ces capitaux, je vous les offre.

LANDRKCY

Non.

VALENTIN SALVIAT

Ah! laissez-moi vous dire que je ne comprends plus. Vous me dépeignez avec chaleur les souffrances des ouvriers, vous in'indi<|uez nu remède que vous croyez Ixm...

LANDRKCV

Mais vous, vous le prenez pour une utopie,- et c'est une aumône déguisée que vous voulez me faire.

VALENTIN SAI.VIAI

Au diable les scrupuleux! Je vous offre les moyens de réaliser un rêve que vous croyez réalisable. Vous auriez bien accepté une commandite ?

LANDItlCi

Cerles.

VALENTIN SAI.VIAI

La refusez-vous donc parce (|irellc vient de moi ? Si vous ne réussissez pas, vous ne me causez aucun préjudice; si vous réussissez, vous aurez soulagé les malheureux et nous partagerons les bénéfices.

LANDRECY, à SU frniinf.

Qu'est-ce que tu en penses ?

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