ACTE DEUXIÈME
dente. Je n'aurai qu'un regret, c'est de ne pas pouvoir lui dire, comme il conviendrait, toute ma reconnaissance.
MADAME GUERLOT, bas à Pauline.
Et il s'expinme avec une correction !
PAULINE, de même.
Il est admirable. [Haut.) Monsieur Valentin Salviat vous questionnera peut-être sur votre passé... Je m'en excuse pour lui... Vous ne vous troublerez pas?...
FÉCHAIX
Non, madame.
PAULINE
Qu'est-ce que vous lui direz ?
FÉCHAIN
J'y ai déjà pensé, madame la présidente... Je lui dirai toutes mes fautes, et comment...
PAULINE
Oui... mais, voulez-vous... voulez-vous parler... comme si j'étais monsieur Valentin Salviat?
FÉCHAIN
Parfaitement, madame la présidente. [Un temps.) Père de cinq enfants, j'eus le malheur de me laisser tenter par le bien d'autrui, j'eus un instant d'oubli et je fus condamné par la justice de mon pays, pour abus de confiance et vol avec effraction. [Coups d'œil admiratif's entre madame Guerlot et Pauline.) Après avoir subi le châtiment mérité de ma faute, je serais retombé fatalement dans le vice, si Dieu... (.Se reprenant.) si ma bonne étoile...
MADAME GUERLOT
Vous pouvez dii'e : Dieu. [Bas à Pauline.) N'est-ce pas ? Y voyez-vous un inconvénien* "*
PAULINE
Du tout.
FÉCHAIN
... Si Dieu n'avait mis sur ma route deux admirables dames...
PAULINE, doucement.
Oh ! oh !
FÉCHAIX
Est-ce qu'il ne faut pas... ?
MADAME GUERLOT
Mais si, mais si.
FÉCHAIN
... Deux admirables dames qui me ramenèrent dans le bon chemin. Depuis, je suis rentré dans ma famille et j'y vivrais au milieu d'un bonheur modeste, mais complet, si la santé de ma pauvre femme ne laissait à désirer.
PAULINE
C'est parfait... Elle est encore malade, votre femme ?
MADAME GUERLOT
Vous ne me l'aviez pas dit.
FÉCHAIN
C'est que je suis honteux d'avoir aussi souvent recours à l'inépuisable bonté... Ah! si mes battements de cœur ne m'interdisaient pas tout travail... [Il essuie une larme. Pauline, se détournant, prend une pièce dans son porte-monnaie.)
PAULINE, bas à Diadanic Gun-lot.
Dix francs ?
MADAMl:; (Ul'.IU.OT
Oui.