SCÈNE X PAULINE, VALENTIN SALVIAT, ESCAUDAIX
PAULINE, revenant.
Il n'y a plus personne.
ESCAUDAIN. Rtrc.
lié ! hé ! Ça n'a pas été long, hein ?
VALENTIN SALVIAT, sc contenant.
Mes compliments... Et qu'est-ce que vous allez lui faire faire, à celui-là à qui vous avez promis du travail?
ESCAUDAIN
Ah ! ça, c'est un de mes bons petits trucs. C'est l'assistance par le travail... à ma manière. Je l'ai envoyé chez moi, avec une carte spéciale cjue le domestique reconnaîtra. Il y a une ])ompe dans mon jardin... On invite l'homme qui demande du travail à pomper pendant une heure...
VALENTIN SALVIAT
Qu'est-ce que vous faites de toute cette eau-là ?
ESCAUDAIN
Rien... elle s'écoule dans le ruisseau... Quand l'homme a pompé pendant une heure, on lui donne dix sous... Croiriez-vous, monsieur, qu'il y en a un qui, pour récompense... Savez-vous ce qu'il a fait ? Quand il a eu pompé pendant une heure et empoché ses dix sous, il a pris un seau qui se trouvait là, il l'a empli et l'a
loO LES JUENl•AlTELI!^
jeté à la volée dans la cuisine, sur le fourneau où se préparaient les plats pour mon déjeuner, en disant à la Itonne: « Tenez... au moins, l'eau que j'ai pompée sei"vira à quelque chose !... » Oui, monsieur, il y en a qui m'ont injurié.
VAI.ENTIN SALViAT
Ça ne mélonni' jjas !
ESCAIJDAIN
Depuis ce temps, c'est toujours mon domestique qui •est chargé de les recevoir... Mais, monsieur, si on ne les tenait pas, on ne sait pas ce qui arriverait. Tous ces gens-là sont des fainéants... Tenez, un fait entre mille. Un jour de l'hiver dernier, il y avait, dans les rues, de la neige haut comme ça, et la municipalité prétendait qu'elle manquait de bras pour l'enlever. Je suis allé dans la première église venue ; j'ai trou\é,làune dizaine de lascars qui se chauffaient sur les bouches de chaleur Je leur ai proposé d'aller enlever les neiges. Vous croyez qu'il y en a un qui a bougé ? Pas un. Tous ont préféré rester là bien tranquillement au chaud. On devrait leur interdire l'entrée des églises...
VALENTIN SALVIAT, dc loin.
Pauline...
PAULINE, allant à lui.
Qu'est-ce qu'il y a ?
VALENTIN SALVIAT
Veux-tu dire poliment à ce monsieur de s'en aller ? parce que, si je l'entends encore pendant deux minutes, je ne réponds plus de moi... ni de lui.
PALLIXE
Parfaitement. (A liscainlain.) Mon frère se trouve su-
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hilement indisposé, raonsieui' ; il vous serait reconnais-
lîSCAUDAIX
Oh ! ce pauvre monsieur! (// fait un pan vci-s lui. l'uuliue I arrête.) Je veux lui serrer la main.
PAULINE
Non... (^uand il est ainsi, il ne peut voir [xM-sonue...
ESCAUDAIN
Très bien, très bien. C'est nerveux... J'enverrai |) rendre de ses nouvelles... Allons, au revoir, madame, <l profitez de mes conseils, iflnort.)