PLAQ^UE AVEC PLEURS ET FEUILLES ÉMAILLÉBS
dont les rubans étroits émaillés apparaissent alors comme une nouveauté. Nous en retrouverons l'esprit dans quelques-uns des bijoux qui vont suivre, tout d'abord dans cette plaque qui porte le numéro 55o, dont les fleurs et les feuilles sont d'un émail blanc rosé, teinté légèrement de jaune paille par parties et hachées de noir. Il faut citer encore
le pendant qui appartient à M. Taburet-Boin, où Témail verdâtre légèrement bleuté est habilement mis en valeur par la fleur qui fait la bélière, ainsi que par les grains et le tour qui retient le camée, qui sont en émail blanc rehaussé de touches rosées. L'aspect général en est tendre et doux.
Le musée de South -Kensington conserve un joli petit pendant
CAMÉE ATTRIBUÉ A COLDORÉ.
très délicat, du temps de la reine Elisabeth. La turquoise gravée qui en occupe le centre représente le portrait de la reine d'un côté, sur l'autre un vase est intaillé. De petits ornements délicatement repercés, ciselés et rehaussés d'émaux et de pierres de couleurs, forment la monture et tiennent en suspension trois perles pendeloques.
Il est très difficile de concilier cette belle fabrication avec d'autres ouvrages qui datent de la même époque, et dont la main-d'œuvre est bien inférieure, comme par exemple celle portant le numéro 33 1 qui
COLLIERS ET PENDANTS DE COU
aïs
est la monture d'un camée représentant Henri IV en Hercule, attribuée à Coldoré, dont on croit que le véritable nom était Julien de Fontenay.
La monture en or émaillé est de façon un peu primitive, les trophées d'armes, les attributs champêtres, les lacs d'amour, etc., sont maladroitement émaillés. La composition, quoique découpée à jour, est
MONTURE EN ^MAUX IlfCROSTés A PLAT DANS l'OR.
plate et la couleur généralement en est fade. On pourrait presque critiquer aussi vivement le morceau numéro 334, qui sert de monture au camée représentant Henri IV et Marie de Médicis. Mais il y a deux considérations qui réclament l'indulgence en faveur de cette pièce. D'abord elle a été détériorée par suite d'un accident dont il est difficile de préciser la nature. Cet accident a déterminé des gerçures dans le camée et probablement a rongé les émaux de la monture. Ensuite, c'est la plus ancienne d'une série dont elle semble avoir fourni le type, et dont la destination était de conserver les camées, ce qu'on appelait une pièce de cabinet. Les émaux rouges et noirs, posés à plat dans des ornements champlevés, sont ce qu'on peut appeler des émaux incrustés au feu. Il semble que ce genre de travail était alors nouveau,
2i6 LES BIJOUX ANCIENS ET MODERNES.
tout au moins dans son application en grand. Nous le verrons par la suite atteindre à un haut degré de perfection.
Faute de pièces en joaillerie appartenant à cette période, j'emprunte à M. de Laborde* deux extraits de l'inventaire de Gabrielle d'Estrées.
« iSgg. — Un carcan, esmeraudé de perles et rubis, contenant sept pièces, celle du milieu plus grande que les autres. Prisé 3oo écus.
PEIfD-A-COL EN ÉMAOX ET PIERRERIES.
Musée de Dresde.
« 1 599. — Une chesne de diamants, contenant trente et deux pièces, savoir : huit chiffres du Roy et de M™® la Duchesse, huit grandes pièces faites en enseigne, au milieu de chacune y a un diamant à seize nœuds, aussi garnis de diamants, et au milieu de chacun y a un diamant plus grand que les autres. Prisé 12,000 écus. »
Les diamants dont il est question dans cet inventaire ne peuvent être que des diamants taillés en tables ou en roses, seules tailles alors connues, et les huit grandes pièces faites en enseigne sont sans doute