BRACELET SERMENTS A COULANTS
joli bijou moderne. Le ton d'or patiné par Tusage est remarquable.il y a la paire.
Il faut rapprocher de cette pièce un très beau bracelet grec, con-
serve au British Muséum. Comme ceux du Louvre, le tour du bras en est fait d'une torsade à double révolution; mais le mouvement et le décor des serpents sont, dans celui-ci, d'une finesse et d'une élégance achevées.
Une autre combinaison est celle du bracelet conservé aux Offices à Florence, dans la galerie dite des Inscriptions.il fait également deux tours et se termine à chaque extrémité par une tête de serpent ciselée. Le double anneau, fait d'un fil légèrement aplati en ruban, est maintenu par deux coulants faits en cordelettes d'or, dans lesquels il glisse, de façon à pouvoir être agrandi ou diminué à volonté.
On sait quelle variété de thèmes les enroulements du serpent ont inspirée aux anciens. Quelquefois les dames se plaisaient à imprimer au fil d'or tel contour qui leur était agréable. La malléabilité du précieux métal leur permettait cette fantaisie. On peut voir au Louvre un fil simple et massif, terminé comme ceux que nous venons d'étudier par une tête de serpent à chaque extrémité, qui se roulait au bras, selon le caprice de celle qui en faisait usage, la grosseur du fil d'or ayant été calculée pour cet usage. Mais cela ne pouvait avoir lieu lorsque le bijou était creux au lieu d'être massif. Le Musée de Naples possède trois paires de bracelets serpents en or creux. Les écailles y sont indiquées seulement sur la tête, le cou et l'extrémité de la queue. Ils font deux tours complets et rappellent le serpent dit de Cléopâtre, qui est au bras de la fameuse Ariane du Vatican. Il en conserve également d'autres faits d'un ruban massif en or, qui font trois tours complets et doivent peser au moins i25 grammes chaque. Ce sont des spinther destinés à être portés sur le gros des bras, où ils se maintiennent par la pression, et dont il a été parlé plus haut.
Le Louvre possède deux anneaux tournés en fragments de spirale, faits pour les bras d'un tout petit enfant, ils "^""^ »« ^«"^ "'*'<-• sont enrichis d'un travail de cordelé très délicat et très particulièrement soigné.
Je ne parlerai que pour mémoire d'un bracelet étrusque (n"* 383), formé de trois plaques cintrées réunies par des charnières. Celle qui occupe le centre me semble seule être authentique. Elle est faite de quatre bandes espacées et décorées de petites saillies en forme d*olives.
a8o LES BIJOUX ANCIENS ET MODERNES.
dans l'intervalle desquelles sont placés deux grenouilles et deux oiseaux vus de dos. La fabrication en est médiocre.
Quelques bracelets en bronze, la plupart militaires, forment le complément de la collection du Louvre. Le plus façonné (n** 371) est formé d'une spirale à trois tours et terminé à chaque extrémité par un renflement en forme d'olive assez élégant. On en pourra voir encore, à la salle des bronzes antiques, dont les formes variées ne manquent pas d'intérêt. L'un d'eux, le plus simple, a été trouvé, en 1874, à Privas (Ardèche).
Quand les mœurs se relâchèrent, pendant l'empire, on vit des hommes porter des bracelets d'or. Suétone dit que lorsque Agrippine commença à ambitionner le trône pour son fils, elle ne négligea rien pour attirer sur lui les regards et les espérances des Romains. Elle répandit secrètement le bruit que Messaline et Claude avaient voulu le faire assassiner, mais que les dieux l'avaient protégé. Au moment où les meurtriers s'avançaient pour le frapper, un dragon sorti de son lit les avait effrayés et mis en fuite. En souvenir de cet incident miraculeux, Agrippine fit porter à Néron, dans un bracelet d'or, une peau de serpent trouvée près de son lit. Néron resta paré de ce bracelet jusqu'au jour où il fit assassiner sa mère.
Le Cabinet des Antiques, à la Bibliothèque, est encore moins riche que le Louvre en bracelets d'or. Il n'en possède pas un seul de provenance italo-grecque.
J'en vois une paire (n~ 5 11, 5 12, collect. de Luynes). Au centre de chacun court une bande de chatons sertissant ou ayant servi des émeraudes cabochons, alternant avec des perles qui manquent. Les deux bords en sont formés par un repercé grossier, obtenu au pointeau et repris sommairement au burin, sur l'or mince. Le catalogue dit qu'ils proviennent de Syrie. Ils datent à coup sûr d'une mauvaise époque, ainsi qu'un autre de la même collection (n° 5 10) aussi peu intéressant.
Un autre bracelet fait de deux pièces rigides côtelées, creuses et soudées sur fond, puis réunies par deux anneaux emmaillés en guise de charnières et terminés par deux mufles de lion qui servaient à le fermer à l'aide d'un crochet qui n'existe plus, offre un aspect de construction assez inusité : les têtes de lion sont reliées aux tours de bras par des astragales en cordelé.
Si l'on rapproche de ce bijou les deux bracelets merveilleux qui
BRACELETS
ont été trouvés à Kertch, on peut mesurer toute l'étendue qui sépare Tancienne et belle fabrication grecque de celle qui Ta suivie. La richesse, Fampleur et Télégance qui les caractérisent deviennent encore plus frappantes à côté de celui-ci.
Je m'abstiendrai de rien dire des bandes votives funéraires en or pelliculaire qui vont du numéro 2985 au 2991, ainsi que de certains
BRACELET ROMAIN, EN OR, DU II* SlàCLB.
bracelets qui se composaient de dates enfilées les unes dans les autres et recouverts de mince papier doré. Ces derniers étaient fabriqués par les clients pauvres, qui les envoyaient à leurs riches patrons, comme cadeaux, à la fête des Saturnales.
Le musée Saint-Pierre, dans le palais des beaux-arts à Lyon, conserve un fort beau bracelet romain du 11® siècle. Il est en or repoussé, et quoique fait dans la grosse manière qui caractérise les bijoux de la décadence, il conserve encore un beau caractère traditionnel. Il est orné au centre sur le dessus d'une médaille de Lucius Verus; le dessous s'ouvrait, ainsi qu'on le voit dans le dessin, pour livrer passage au bras. A côté de cette belle pièce, il y a deux grands bracelets en or
faits de gros joncs tournés en ovale, avec une entrée dessous faite de la même manière.
M. Auguste Castellani, de Rome, possède un bracelet qui offre de l'intérêt. Il est composé de cinq mailles carrées et de six entre-deux. Au centre de la maille, il y a une perle fine; les quatre autres manquent. Les quatre coins sont faits alternativement à l'une des mailles en saphirs cabochons, à l'autre en émeraudes cabochons. Ces pierres sont serties rabattu. Les chatons carrés qui forment entre-deux sertissent des pierres variées, saphirs, émeraudes, aigues-marines, et sont encadrés d'un fil taraudé jouant le granulé. Cette pièce est du iv*» siècle. Elle a été trouvée à Vitcrbe.
Il y a au Musée national de Saint-Germain des bracelets en verre
BRACELBT DU IV® SIÈCLE. (Appartenant à M. Âug. Castellanî.)
de différentes couleurs de provenance gauloise et mérovingienne. Ils sont travaillés avec un certain art. On conçoit difficilement comment des objets si fragiles pouvaient être portés au bras sans inconvénient, mais nous avons vu qu'on faisait alors des bagues de même matière, ce qui semble encore plus extraordinaire. Les Gaulois portaient aussi des anneaux en verre suspendus à leurs torques. Bien qu'il y en eût de la grandeur des bracelets dont nous venons de parler, ils étaient généralement d'une dimension moindre. M. Frédéric Moreau n'a, dans ses fouilles nombreuses, rencontré que de ceux-là; il n'en a jamais trouvé au bras.
On se rappelle le bracelet de verre mentionné plus haut, qui a été trouvé dans la partie orientale du gouvernement de Tiflis, en Géorgie. Le musée Kircher, à Rome, en possède une collection nombreuse en verres de couleur et même en verres diaprés, qui ont été trouvés à Hébron ou Kariath-Arbé, dans la Judée. Une note qui les accompagne fait connaître que ce genre d'ouvrages était uniquement fabriqué dans le pays.
Le British Muséum conserve deux bracelets faits d'une baguette de verre bleu transparent. Cette baguette, qui épouse la rondeur du bras, est terminée à chaque extrémité par un avant-corps de lion en
BRACELETS
or estampé très mince. On les fait remonter à Tépoque grecque. Au même musée, il en existe deux autres de Tépoque celtique. Le verre en
BRACBLBT GAULOIS EN BRONZE. (Colleciion de M. F. MoresQ.)
est de couleur cristal fumé. Cette couleur est obtenue par une couche de verre blanc transparent posée sur une bande jaune opaque.
BRACELET GAULOit EN BRONZE. (Colleciion de M. F. MoreRU.)
Le lignite a aussi servi de parure à nos ancêtres, mais la mode semble en avoir été plus grande en Angleterre. Il a été trouvé, dans le comté de Suffolk, dans celui de Lincoln et même à Londres, une quan-
tité de ces objets qui sont conservés au British Muséum. Il en est de rigides; il en est d'autres, bracelets ou colliers, qui sont faits de morceaux percés et enfilés. La Grande-Bretagne, on le voit, reste fidèle à ses vieilles coutumes, car, de nos jours encore, les dames anglaises se parent volontiers de bijoux en jaïet.
Les Gaulois portaient les bracelets de bronze par paires. Ils étaient rigides et quelquefois laissaient une ouverture pour y passer le poignet.