‹ Les bijoux, anciens et modernesChapitre 184 sur 250 · I. Mycènes, D*" Schliemann · texte numérisé non relu

I. Mycènes, D*" Schliemann

les vides laissés par les grands. Les centres de tous ces cercles sont fortement relevés, ce qui augmente la richesse du décor. A l'une des extrémités de ces diadèmes, il y a une épingle, et à Tautre, un tube qui servait à les assujettir autour de la tête.

Parmi d'autres diadèmes en or qui ont été trouvés dans le même lieu, il y en a un formé d'une plaque d'or plus épaisse que les autres, et qui, n'ayant pas besoin de soutien, n'était pas bordé du fil de cuivre. Mais la plus extraordinaire trouvaille est une sorte de couronne, c'està-dire un diadème surmonté de fleurons. Cette pièce a soixante centimètres de long. Les fleurons ou feuilles sont au nombre de trente-six, couverts d'ornements repoussés, presque tous- en forme de rosaces ou de cercles. Ils sont superposés, sans cependant se cacher l'un l'autre, et comme ils sont faits d'une feuille d'or très mince, ils devaient, lorsque le diadème était sur la tête, se trouver dans un état d'agitation perpétuelle et briller comme du clinquant.

On a trouvé dans les sépultures de Mycènes beaucoup de ces ornements branlants, découpés en croix, en étoiles, en pédoncules, presque toujours superposés par deux, de façon à simuler une fleur de fantaisie. La superficie de ces bijoux est toujours couverte en entier de petits motifs repoussés dont les reliefs multipliés accrochent la lumière et en augmentent la richesse. 11 y en a de fort grands, atteignant jusqu'à dix-sept ou dix-huit centimètres. Si les plus petites de ces fleurs, qui ont de cinq à sept centimètres, ont pu être portées dans les cheveux, il est à peu près certain que les grandes servaient à orner les vêtements. Je ferai, à ce propos, une remarque : c'est qu'on ne trouve sur ces ornements aucune trace de trou pour les coudre. Cette particularité, qui est commune aux grands disques d'or décorés trouvés dans le même lieu, fait dire à M. Schliemann que sans doute ces pièces étaient collées après les vêtements. Cette explication ne me satisfait pas, je l'avoue; je la relate néanmoins; mais il me semble qu'elles pouvaient être attachées par des fils d'or qui passaient franchement par-dessus, aux endroits les moins visibles.

Les diadèmes que nous venons de voir étaient souvent augmentés d'ornements d'or qui pendaient de chaque côté sur les tempes, qui avaient quelquefois la forme de tresses et qu'on appelait kredemna *. Ces ornements, dont on n'a pas le dessin exact, sont peut-être ceux

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