‹ Les bijoux, anciens et modernesChapitre 203 sur 250 · CEINTURE TROUVÉE A ITHAQ^UB · texte numérisé non relu

CEINTURE TROUVÉE A ITHAQ^UB

est formée du nœud herculien décoré de fleurons et de grenats. De chaque côté est suspendu un petit masque à barbe supportant, au bout de chaînettes, trois petits grelots. L'analogie de cette disposition avec celle de la marotte, qui n'en est que l'expression décolorée, est frappante. La signification de ces trois grelots breloquant et chantant creux au bout des chaînes qui, sous le masque barbu, les secouent sans raison, semble assez claire. Peut-être avons-nous, sous les yeux, une ceinture ayant appartenu à quelque courtisane célèbre. Il n'est pas inopportun de faire la remarque que, dans les bijoux rhodiens, le même motif d'ornementation se rencontre quelquelois; seulement le petit masque est imberbe et coifl'é du klaft. Ce bijou aurait donc emprunté aux Égyptiens le nœud herculien que ceux-ci paraissent avoir inventé, et aux Rhodiens, les pendants.

CEINTURES, BRELOQUIERS, CHATELAINES. 4JI

Les Assyriens fixaient leurs robes étroites autour de leurs reins à Taide d'une longue écharpe tournée trois fois, et dont une des extrémités tombantes flottait par devant, plus bas que le genou. C'est tout au moins ce qu'on voit sur plusieurs bas-reliefs, entre autres, sur un qui provient du palais du roi Sardanapale V, à Ninive, et datant du vu" siècle avant notre ère. Il ne paraît pas qu'ils aient fait usage de la boucle de métal.

Sur le médaillon d'or de Valens, on voit cet empereur avec Valentinien associé à l'Empire, tous deux assis sur le même trône, et tous deux portant une large ceinture enrichie de pierreries, à laquelle est suspendu sur le devant un ornement en forme de bulle. Le disque votif, connu sous le nom de bouclier de Théodore, nous offre aussi, avec l'image de l'empereur, celle de ses deux fils assis à ses côtes, revêtus du costume impérial et portant une ceinture qui semble brodée de perles et ornées de pierres précieuses. Pline, à son tour, dit, en parlant des Romaines, qu'elles se chargeaient d'or, leurs bras, leurs doigts, leur cou, leurs oreilles et que les chaînes d'or serpentaient autour de leurs flancs.

Tous ces intéressants détails, que j'emprunte à l'excellent et savant ouvrage de MM. Daremberg et Saglio*, ne nous renseignent qu'au point de vue de l'usage. A part la ceinture d'or trouvée à Ithaque, il ne nous reste donc sur cet objet que peu ou point de renseignements concernant sa nature et sa façon d'être dans les temps antiques. On peut cependant supposer que les ceintures faites entièrement en or étaient rares, et que la plupart se composaient d'une bande de cuir ou d'étoffe sur laquelle étaient fixées soit des plaques de métal, soit des pierreries et qu'on attachait par une boucle métallique ornée de même.

Sont-ce des ceintures, ces larges rubans de bronze composés d'anneaux rattachés entre eux par des tresses serrées de fils métalliques qui offrent une si grande ressemblance avec les travaux du vannier ou du cordier? Comme dans les bijoux à spirales en bronze que nous avons étudiés aux chapitres précédents, ces rubans sont fabriqués sans aucune soudure, et leur solidité est à toute épreuve. Cette particularité donne à croire qu'ils sont de la même époque, ou sinon fort anciens.

I. Daremberg et Saglio, Dictionnaire des antiquités grecques et romaines, au mot cingulum et au mot aurum.

Il est remarquable combien ces travaux barbares et primitifs, exécutés seulement au point de vue de leur utilité, sont empreints d'une grande tournure inconsciemment décorative, qualité qu'ils ne semblent devoir qu'à leur extrême simplicité. La galerie des Bronzes, au musée

CEINTURE un BRONZE.

du Louvre, en conserve un certain nombre; le Cabinet des Antiques n'en a qu'un seul.

Le Musée des Antiquités nationales, à Saint-Germain, possède une collection très intéressante de fermoirs de ceintures gauloises en bronze. La plus jolie me semble être celle qui a été trouvée à Épernay.

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