BOUCLE TROUVÉE A BRE89Y
grande solidité. On remarquera que celle qui a été trouvée à Brcssy est ornée d'une ancre gravée sur Tardillon.
Les Francs portaient aussi des plaques de ceinture en fer incrusté d'étain*. Mais ces dernières, rongées profondément par suite de leur séjour dans la terre, sont la plupart du temps très défigurées. Le musée de Saint-Germain en conserve une collection qui ne suffirait certainement pas pour se représenter quelle pouvait être la richesse de ce bijou. M. Frédéric Moreau, parmi plusieurs autres, en possède une encore belle, bien que très rouillée. L'esprit du dessin est le même que celui des boucles en bronze, mais il est tout exécuté sur le fer en incrustations de linéaments d'étain. C'est véritablement un fort beau travail, fait pour donner une haute idée des ouvriers de ce temps. 11 en est d'autres où, dans le travail d'incrustation, l'or se mêle à l'étain. De nos jours, un artiste industriel espagnol, Zuloaga, a remis à la mode ce genre de décor, et le procédé employé par lui n'est probablement pas le même que celui des Francs. Il consiste à strier dans deux ou
I. Certains savants ont cru, à la vue d'un métal d^un blanc brillant répandu sur des objets antiques, que c^était de Targent. Ce seul fait du brillant aurait dû écarter de suite toute espèce d^idée d*argenture, par la raison que si Ton avait pu voir de Pnrgent, ce xlernier métal aurait apparu absolument noir de couleur. {Etude sur rétain ^ Germain Bapst, p. 70.)
plusieurs sens la surface du fer, de façon à la rendre râpeuse, puis d'y faire adhérer ensuite par la frappe les linéaments d'or et d'argent qui produisent le dessin ; tandis que les Francs pouvaient, à cause de leur
BOUCLE EN FER INCRUSTÉ d'ÉTAIN.
(Collection F. Moreau.)
grande malléabilité, faire entrer dans les traits de la gravure les fils d'étain qu'ils employaient; peut-être même y coulaient-ils simplement le métal en fusion. Cette ceinture qui, on Ta remarqué, est de proportions énormes, a appartenu à une femme. Du reste, disons, en passant, qu'à rencontre de ce que l'on a longtemps cru, toutes les plus grandes plaques sont trouvées dans des sépultures féminines. Elle est ornée de cinq clous ronds, certificats à peu près certains de son origine mérovingienne et ces clous sont en bronze, ainsi que tous ceux qui ornent les plaques de fer. Ces ouvrages en fer incrustés d'étain et ornés de clous de bronze devaient être aussi élégants que riches.