‹ Les bijoux, anciens et modernesChapitre 222 sur 250 · PLAQ^UE ORNÉE DR ROSES · texte numérisé non relu

PLAQ^UE ORNÉE DR ROSES

fournis par le dessin. Ce travail, lorsqu'il est refroidi, est réparé et poli à la meule, afin d'en faire disparaître les petites imperfections. Dans la pièce que nous étudions, l'or a été ensuite champlevé pour recevoir les émaux de différentes couleurs, et le tout a été reporté au feu pour obtenir la vitrification de l'émail, opération qui s'accomplit sans inconvénient pour le verre, qui ne fond qu'à un degré de chaleur bien supérieur à celui de l'émail.

Ce beau morceau est l'envers d'un des élégants miroirs que les dames portaient suspendus à leur cou au xvii*^ siècle.

C'est à partir du commencement de ce siècle qu'on voit poindre les tentatives du travail qui, plus tard, prendra nom Joaillerie. Les diamants sont encore rares, aussi ne sont-ils employés qu'avec parcimonie. Ce sont des roses à quatre ou six facettes qu'on monte à fond, une au milieu de chacun des détails qui forment un ensemble. A défaut de richesse, les ouvriers apportent à ce genre de travail un goût des

CEINTURES, BRELOQUIERS, CHATELAINES. +57

plus remarquables; ils montrent qu'ils sont les dignes fils des artistes de la Renaissance. Chaque feuille, chaque pétale de fleurs est ramolayé, modelé avec une sûreté de main et une entente de l'ornementation tout à fait extraordinaires. Ce n'est pas, à vrai dire, du serti, mais bien de la ciselure. Les extrémités des feuilles, prises sur pièce et roulées ensuite avec art, semblent être presqu'un problème de fabrication. Les rares pièces qui nous sont restées de cette belle époque font les délices des connaisseurs.

Vers la fin du xvn* siècle, les dames portent la montre suspendue à leur ceinture, tantôt à droite, tantôt à gauche. Des gravures du temps nous permettent de juger que fréquemment, à la ville, la montre était enfermée dans une enveloppe noire cloutée d'or, et que la clef en est faite de deux canons d'acier singulièrement disposés, l'un pour la remonter, et l'autre pour faire manœuvrer les aiguilles. Beaucoup de ces montres aussi étaient décorées de guirlandes ou de jonchées de fleurs en émaux peints, qui se détachaient sur des fonds transparents de couleur grise ou mordorée.

Lorsqu'au xvin® siècle, la châtelaine fit sa triomphante apparition, les ciselures, les travaux en repercé et en repoussé furent assemblés avec un rare bonheur et produisirent un bijou aussi simple qu'original, aussi commode qu'élégant. Voici deux châtelaines, provenant du Musée national bavarois, qui donnent une idée de la simplicité de cette fabrication, et deux cachets qui la complètent. Il n'est rien de plus charmant que ces bijoux tout en or, quand ils sont conçus et dessinés avec cet art exquis; ceux-ci et ceux du même genre constituent bien une invention originale dont les éléments ne sont empruntés à nul autre, aussi caractérisent-ils nettement l'époque à laquelle ils appartiennent. Un étui en or repoussé, muni d'une bélière, montre que ce bijou était suspendu à la ceinture. On en faisait alors de bien singuliers, témoin cette jambe conservée au musée du South-Kensington, qui est un travail français. La jambe est taillée dans un quartz, la jarretière et le bas de la trousse sont en or, la trousse est en améthyste, ainsi que le soulier qui est orné d'une boucle en rubis sertis dans l'or.

Nous sommes à l'époque où les éléments de toutes sortes entrent

Page 1