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LA M A M MITE DE LA PUBERTÉ

Bien plus, Stumcke, un auteur allemand1, soutient que les jeunes gens qui se livrent à l’onanisme, ou qui usent des plaisirs sexuels, sont épargnés par la maladie. Il va même jusqu’à se demander s’il ne serait pas possible, dans les cas où l’inflammation prend un caractère d intensité considérable, d’user avec mesure de la satisfaction de l’instinct sexuel pour amener la résolution.

Mon collègue, le Dr Mayer S. Diamant-Berger, ancien interne à l’hôpital Rothschild, me communique un fait inédit, qui semblerait venir corroborer cette théorie du médecin allemand.

R..., clix-sept ans, apprenti tailleur, entre à l’hôpital Rothschild au mois de novembre 1887, pour des accidents de tuberculose pulmonaire au début.

Dans le courant de janvier 1888, il ressentit des picotements douloureux dans le sein droit, qui augmentait de volume et accusait bientôt la grosseur d'une mandarine, et cela sans réaction fébrile ni modification aucune de l'état général.

Cette mammite resta stationnaire pendant cinq mois, malgré les traitements divers mis en œuvre (compression ouatée, élastique, onguent mercuriel belladoné, etc.).

R... sortit de l'hôpital, en juin 1888, sensiblement amélioré au point de vue des signes pulmonaires.

N’ayant jamais eu de rapports sexuels antérieurement, il pratiqua alors le coït, en moyenne une fois par semaine. Au bout d’un mois la mammite disparaissait progressivement, et, peu de temps après, le sein était revenu à son état normal.

R... rentre à l’hôpital au mois de décembre 1888, toujours pour des accidents de tuberculose pulmonaire. Un mois après, la mammite reparaît. 11 va sans dire que le

1. Stumcke. Ueber zwei formen von mastilis der Kinder. Journal der Kinder krankheiten. Décembre 1847.

malade avait dû cesser tout rapport sexuel. Cette seconde poussée présenta absolument les mêmes caractères que la première : même localisation à droite, même augmentation de volume, même sensation de chaleur locale et de picotements continuels.

R... quitte l'hôpital au mois de février 1889 et recommence à avoir des rapports sexuels. En moins d’un mois, sa mammite avait complètement disparu.

La corrélation entre la satisfaction des fonctions génésiques et le développement de la mammite semble bien évidente chez cet individu.

J’ai tenu à citer ce fait et surtout à le rapprocher du précédent où la masturbation aurait produit un résultat inverse. Ils prouvent qu’il faut invoquer ces deux raisons à la fois, la continence et la masturbation, ou mieux qu’il ne faut les invoquer ni l’une ni l’autre. La puberté seule doit être mise en cause, avec les modifications organiques puissantes qu’elle entraîne et qui retentissent aussi bien sur la mamelle que sur le système génital.

Comme je l’ai dit, la mamelle est, à cette époque, un organe qui va disparaître et qui jette une dernière lueur de vie. Il se produit une hyperhémie que la moindre cause pourra venir augmenter et, par conséquent, qui pourra amener la mammite : ce sera un traumatisme léger chez l’un, la masturbation chez l’autre, la continence chez un troisième.

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