STRUCTURE ANATOMIQUE DE LA MAMELLE CHEZ LE GYNÉCOMASTE
La mamelle de l’homme, selon Luschka, comprend, à l’état normal, un parenchyme très peu abondant composé d'un stroma fibreux formé de tissu cellulaire, de fibres élastiques et de fibres musculaires. Le tissu glandulaire ne se reconnaît qu’à quelques vésicules glandulaires ; Luschka n’a trouvé que quelques acini, unis par leurs prolongements tubuleux en un conduit plus long, qui se perd dans le mamelon; les vésicules sont recouvertes par une fine membrane, un épithélium polygonal pourvu de noyaux granuleux.
Lesquels de ces éléments s’hypertrophient dans la gynécomastie?
Selon Villeneuve, les mamelles du gynécomaste « sont absolument privées de l’organe sécréteur du lait, et ne sont composées que de tissu cellulaire abreuvé de sucs geais-
seux et lymphatiques qui y ont afflué dans des proportions extraordinaires ».
Le professeur Mayer, de Bonn, fit lautopsie de l’individu qui s’appela d’abord Marie-Dorothée Durgé et ensuite Charles Durgé, ce castrat de la cathédrale de Cadix dont parle Bédor. « On ne peut distinguer dans ses seins, dit-il, de granulations glanduleuses; à leur place on trouve une quantité de petits globules d’une graisse rouge jaunâtre. »
J. Cloque t a pratiqué l’autopsie d’un infirmier de Saint- Louis, âgé de soixante ans, qui avait des mamelles aussi développées que celles d’une femme. On n’y trouva qu’un amas de graisse, sans nul rudiment de glande mammaire.
Lereboullet pense au contraire que souvent il ne s’agit pas d'une accumulation de graisse, mais d’une véritable hypertrophie glandulaire. Il appuie son opinion sur deux faits de Gaillet, de Reims, dont j’ai déjà parlé.
Voici ce qu’a donné l’examen cadavérique dans le premier cas : « La substance qui forme la mamelle offre la même densité que chez la femme grosse; couleur blanc rosé à la circonférence, blanc opaque, un peu laiteux au centre et vers le mamelon. A la coupe, on voit de petites saillies de la grosseur d’une tête d’épingle, présentant une couleur rosée qui paraît due à l’injection sanguine. En pressant, on fait sortir de ces petites saillies ouvertes un liquide blanc jaunâtre, opaque, épais, un peu visqueux; si on perce celles de ces petites saillies qui ne sont pas ouvertes, on peut faire suinter le même liquide.
« Le microscope fait reconnaître du colostrum avec ses corps granuleux, ses globules laiteux d’un volume varié, et